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En Irlande, le pape François demande pardon aux victimes d'abus

Le pape célèbre la messe à Dublin, en Irlande, le 26 août 2018.

Le pape François a égrené dimanche lors d'une messe géante à Dublin une longue liste de "pardons" aux victimes d'abus commis par le clergé ou des institutions religieuses en Irlande, mais s'est vu lui-même durement accuser d'avoir couvert un prélat soupçonné d'abus.

Au terme de deux journées de visite très focalisées sur les abus commis au sein de l'Eglise, le pape est arrivé en papamobile sous un ciel pluvieux dans l'immense parc Phoenix de Dublin. L'occasion pour ce pays, qui reste l'un des plus catholiques d'Europe, d'exprimer une ferveur populaire.

Dès sa première prise de parole devant les fidèles, François a créé la surprise en égrenant dans sa langue natale espagnole une litanie de pardons destinés aux "survivants d'abus de pouvoir, d'abus de conscience et d'abus sexuels" en Irlande.

Dressant une liste de tous "les crimes", en particulier ceux commis dans des "institutions dirigées par des religieux et des religieuses", le pape a notamment demandé pardon pour "les enfants qui furent éloignés de leur mères", parce qu'elles étaient tombées enceintes hors mariage.

Le souverain pontife, qui avait rencontré en fin de journée samedi huit victimes irlandaises d'abus, a aussi pointé du doigt "des membres de la hiérarchie de l'Eglise" qui ont "gardé le silence".

Le pape demande "pardon" à Dieu pour les abus en Irlande (vidéo)
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Contre-manifestation

Un demi-million de fidèles étaient attendus au parc Phoenix mais le nombre de participants semblait inférieur, peut-être à cause de la pluie. En 1979, lorsque le divorce, l'avortement et le mariage homosexuel étaient impensables dans le pays, Jean Paul II avait parlé devant 1,5 million de personnes.

Dans le centre-ville de Dublin, environ 5.000 victimes d'abus de l'Eglise et leurs sympathisants ont eux participé à une manifestation intitulée, "Debout pour la vérité".

Parmi les participants figuraient une femme déguisée en nonne, avec du faux sang sur les mains, et un homme distribuant des pancartes "L'église protège les pédérastes".

La visite papale "provoque beaucoup de souffrances", a déclaré à l'AFP William Gorry, une victime des abus du clergé.

Depuis 2002, plus de 14.500 personnes se sont déclarées victimes d'abus sexuels commis par des prêtres en Irlande, et la hiérarchie de l'Église irlandaise est accusée d'avoir couvert des centaines de prêtres.

L'ampleur de ces scandales explique en partie la perte d'influence de l'Eglise sur la société irlandaise ces dernières années.

Dimanche matin, François a "imploré le pardon" de Dieu "pour le scandale et la trahison ressentis par tant de personnes", lors d'une prise de parole au sanctuaire de Knock, site de piété mariale distant de 180 km de Dublin, où il a été acclamé par 45.000 personnes.

"Cette plaie ouverte nous défie d'être fermes et décidés dans la recherche de la vérité et de la justice", a dit le pape, qui, samedi à Dublin, avait évoqué sa "honte" et sa "souffrance" face à "l'échec des autorités ecclésiastiques" pour affronter de manière adéquate ces "crimes ignobles".

Avant François, Benoît XVI avait écrit en 2010 une lettre aux catholiques irlandais, reconnaissant la responsabilité de l'Eglise dans les abus.

Le pape en accusation

Officiellement consacrée à la Rencontre mondiale des familles, la visite du pape, qui s'achèvait dimanche, n'a de fait cessé d'être parasitée par le dossier explosif des abus du clergé.

Le pape François a lui-même été mis en cause dimanche par un ex-ambassadeur auprès du Vatican à Washington, l'archevêque Carlo Maria Vigano, qui l'accuse d'avoir annulé des sanctions contre le cardinal américain Theodore McCarrick, en faisant fi de signalements de son "comportement gravement immoral avec des séminaristes et des prêtres".

"La corruption a atteint le sommet de la hiérarchie de l'Eglise", affirme dans une lettre Mgr Vigano, en allant jusqu'à demander la démission du pape.

Cette lettre, confirmée par son auteur, a été publiée samedi dans plusieurs publications catholiques américaines de tendance traditionaliste ou ultra-conservatrice ainsi que dans un quotidien italien de droite.

L'ancien nonce apostolique aujourd'hui à la retraite y met aussi en cause nommément nombre de hauts prélats de la Curie romaine.

Le cardinal McCarrick, 88 ans, a été accusé fin juillet d'abus sexuels et interdit d'exercer son ministère, un scandale qui a ébranlé la hiérarchie de l'église catholique américaine. Le pape a aussi accepté sa démission de son poste de cardinal, un fait quasi-inédit dans l'histoire de l'Eglise.

L'homme a été accusé d'abus par un adolescent, des faits remontant à des décennies, mais qui n'étaient pas publiques.

"Le Vatican n'a aucun commentaire immédiat", a réagi une porte-parole du Saint-Siège à propos des accusations formulées contre le pape.

Avec AFP

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L'industrie aérienne envisage des réductions d'effectifs dans les 12 mois

Le logo de l'Association du transport aérien international (IATA), au salon international du tourisme ITB à Berlin, Allemagne, le 7 mars 2018. REUTERS / Fabrizio Bensch - UP1EE370TU52S

La plupart des compagnies aériennes envisage des réductions d'effectifs dans les douze mois à venir en raison d'une reprise du trafic aérien freinée par les incertitudes liées au Covid-19, selon un sondage publié mercredi par l'Association internationale du transport aérien (Iata).

"La majorité (55%) des responsables des compagnies aériennes interrogés s'attendent à devoir réduire leurs effectifs au cours des 12 mois à venir" en raison d'un trafic qui va rester faible à court terme, a indiqué l'Iata dans un communiqué.

Cette déclaration est le résultat d'un questionnaire sur la confiance des dirigeants de compagnies que l'organisation a envoyé à plus de 300 compagnies aériennes partout dans le monde.

45% des dirigeants ont indiqué avoir déjà réduit leurs effectifs en raison de l'impact de la crise du Covid-19 sur le secteur du transport aérien.

57% d'entre eux s'attendent à un recul de leur rentabilité au cours des 12 prochains mois et pensent que les prix des billets pourraient baisser en raison de la faible reprise de la demande. 19% misent sur une augmentation progressive des tarifs une fois que l'équilibre entre l'offre et la demande sera retrouvé.

L'Iata, qui regroupe 290 compagnies aériennes, table sur un retour du trafic aérien d'avant-crise en 2024 et estime à 63% la chute du trafic en 2020 par rapport à 2019 avec un manque à gagner de 419 milliards de dollars pour le secteur, en raison de la crise du coronavirus.

L'Asie Pacifique et l'Europe devraient être les premières à retrouver un trafic au niveau de celui de 2019 alors que l'Amérique du Nord et l'Amérique latine devraient connaître un retour à la normale plus lent qu'ailleurs, selon l'Iata.

Le secteur du transport aérien a été frappé de plein fouet par la crise du coronavirus avec la quasi-totalité des flottes d'avions clouée au sol et la suppression de dizaines de milliers d'emplois.

L'américaine United a annoncé qu'elle pourrait congédier jusqu'à 36.000 salariés. American Airlines a évoqué le chiffre de 25.000 suppressions.

L'allemande Lufthansa veut supprimer 22.000 emplois, Air Canada 20.000, British Airways 12.000, Air France-KLM jusqu'à 12.500, l'australienne Qantas 6.000, le scandinave SAS 5.000, le britannique EasyJet 4.500.

LATAM, la compagnie la plus importante d'Amérique latine, a annoncé la suppression de 2.700 emplois et est placée, comme la colombienne Avianca, sous la protection de la loi américaine sur les faillites.

En dépôt de bilan, le géant australien Virgin Australia est en passe d'être racheté par une société américaine et a annoncé mercredi qu'il allait fermer l'une de ses filiales et supprimer 3.000 postes.

La britannique Virgin Atlantic a déposé le bilan aux Etats-Unis et a déjà annoncé la suppression de 3.000 emplois.

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Les points de contrôle à New York pour faire appliquer la quarantaine covid-19

Des gens sont assis devant le Metropolitan Museum of Art le samedi 2 mai 2020 à New York, en respectant la distanciation sociale afin de prévenir la propagation du coronavirus. (Photo AP / Ron Blum)

New York va mettre en place des postes de contrôle aux accès clés de la ville afin de s'assurer que les voyageurs en provenance d'Etats américains très affectés par le coronavirus respectent bien la quarantaine qui leur est imposée, a annoncé le maire de la ville mercredi.

Les visiteurs venus de 35 Etats connaissant une forte recrudescence de l'épidémie, comme les très peuplés Etats de Floride et du Texas, sont actuellement soumis à une quarantaine de deux semaines à leur arrivée à New York.

Afin de tenter de mieux faire respecter cette mesure, le maire Bill de Blasio a annoncé que les forces de l'ordre allaient installer "des points d'enregistrement des voyageurs" au niveau des principaux ponts et tunnels menant à la métropole à partir de jeudi.

Les voyageurs en provenance des Etats problématiques devront alors remplir un formulaire de santé. Celui-ci doit aussi aider les autorités à faire un suivi des contacts en cas d'infection.

Les personnes arrivant dans les aéroports de New York doivent déjà remplir ce formulaire. Quiconque refuse de le faire risque une amende de 2.000 dollars.

"La ville de New York tient bon contre le Covid-19, et les New-Yorkais ont montré une discipline exemplaire", a déclaré M. de Blasio. "Nous n'allons pas laisser cet effort nous filer entre les doigts et nous allons continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la santé et la sécurité des New-Yorkais."

Les individus ne respectant pas la quarantaine imposée risquent une amende de 10.000 dollars.

Plus de 32.000 personnes sont mortes du Covid-19 dans l'Etat de New York, selon l'université Johns Hopkins.

La ville a été l'épicentre de l'épidémie américaine au printemps, mais a ensuite réussi à la maintenir sous contrôle, même lorsque les cas sont repartis à la hausse dans d'autres parties du pays à partir de la fin juin.

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