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Espoir mesuré de changement après le scandale des prêtres pédophiles de Pennsylvanie

Le pape François lors de sa visite à la basilique Sainte Sophie, à Rome, le 28 janvier 2018.

La révélation mardi de centaines de cas de prêtres pédophiles en Pennsylvanie a renforcé les appels à un durcissement de la loi, dans l'attente d'éventuelles mesures en profondeur de la hiérarchie catholique.

Après deux jours de silence, le pape François a réagi jeudi à ces mises en cause, se disant du "côté" des victimes et assurant vouloir "les écouter pour éradiquer cette horreur qui détruit la vie des innocents".

"Les victimes doivent savoir que le pape est de leur côté. Ceux qui ont souffert sont sa priorité et l'Eglise veut les écouter pour éradiquer cette horreur tragique qui détruit la vie des innocents", a déclaré le Saint-Siège dans un communiqué.

"Deux mots peuvent exprimer ce que l'on ressent face à ces crimes horribles: la honte et la douleur", a souligné le Vatican.

"La question, maintenant, est de savoir si le pape va répondre à cette vague d'accusations en plaçant les évêques devant leurs responsabilités", estime Michael Moreland, professeur de droit et religion à l'université Villanova en Pennsylvanie, au sujet de ce dossier qui concerne plus de mille enfants victimes.

Le souverain pontife avait déjà été critiqué pour n'avoir agi que très tard dans l'affaire des prêtres pédophiles au Chili, après avoir notamment défendu un évêque chilien soupçonné de dissimulation d'agressions sexuelles.

Après la publication des documents, le président de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis (USCCB), l'évêque Timothy Doherty, a affirmé que le clergé catholique américain était "déterminé à travailler de façon résolue pour que des tels abus ne puissent plus arriver".

L'évêque Doherty a rappelé que depuis 2002, l'Eglise catholique américaine s'était dotée d'une charte, parfois appelée Dallas Charter, qui prévoit le signalement à la justice, l'abandon des accords de confidentialité et des sanctions pour prêtres et diacres convaincus d'agression sexuelle.

Pour Leon Podles, auteur du livre "Sacrilege" (2008) sur les abus sexuels au sein de l'Eglise catholique américaine, cette charte, actualisée plusieurs fois, dont la dernière en 2018, a apporté du changement "dans une certaine mesure".

Le nombre de cas a sensiblement diminué depuis la publication de ce document, reconnaît Lisa Fullam, professeure de théologie morale à l'université de Santa Clara, en Californie.

Cette diminution est aussi "partiellement due au fait que les parents sont maintenant avertis" et se méfient davantage, estime Leon Podles.

- "Des conséquences juridiques" nécessaires -

Mais "la charte ne concerne que les prêtres et les diacres, pas les évêques", qui ne sont passibles d'aucune sanction, souligne-t-il.

L'enquête menée par le procureur de Pennsylvanie a bien mis au jour le rôle actif de la hiérarchie pour dissimuler des cas de pédophilie.

Certains, au sein du clergé catholique américain, comme l'évêque d'Harrisburg, Ronald Gainer, dont le diocèse, situé en Pennsylvanie, a connu des affaires de pédophilie, ont décidé d'aller plus loin.

Mardi, il a rappelé avoir notamment pris l'engagement de signaler à la justice toute accusation d'agression sexuelle concernant un membre du diocèse, dans lequel ont été mises en place des formations obligatoires sur le sujet.

Pour Lisa Fullam, de l'université de Santa Clara, pour "s'assurer que cela ne se reproduise pas, il faut faire en sorte qu'il y ait des conséquences juridiques".

De nombreux prêtres ont été poursuivis, jugés et condamnés aux Etats-Unis dans des affaires de pédophilie, mais leur hiérarchie, elle, a toujours échappé aux poursuites pénales jusqu'ici.

D'autres pays, comme l'Australie, ont déjà osé briser ce tabou.

En mai, l'ancien archevêque australien Philip Wilson a ainsi été condamné à un an de détention pour avoir couvert des abus pédophiles.

- Demande d'abolition de la prescription -

Pour le parlementaire local de Pennsylvanie Mark Rozzi, qui a été abusé par un prêtre lorsqu'il avait 13 ans, le changement passera aussi par un durcissement des lois.

Il réclame notamment l'abolition de la prescription pour les crimes sexuels sur mineurs, incluse dans une proposition de loi en souffrance depuis plus d'un an à la Chambre des représentants de Pennsylvanie.

Seuls deux cas, sur plus de 300 présentés mardi par le procureur de Pennsylvanie, étaient ainsi encore passibles de poursuites pénales, les autres faits étant prescrits.

"Je pense qu'il y aura un nouvel élan dans plusieurs Etats, y compris en Pennsylvanie, pour modifier les dispositions relatives à la prescription", estime Michael Moreland, professeur de droit et religion à l'université Villanova.

La portée de toute modification législative sera néanmoins limitée par le principe de la non rétroactivité.

Restent les paroissiens. Jusqu'ici, aux Etats-Unis, ils n'ont pas poussé l'Eglise catholique à se réformer.

Après les scandales, "certains l'ont quittée, mais la plupart ne veulent pas y penser", considère Leon Podles. "Parce que s'ils prenaient ça au sérieux, cela les obligerait à faire des choses douloureuses, gênantes. Et ils ne le souhaitent pas. Donc ils n'y pensent pas."

Avec AFP

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Aux Etats-Unis, des jeunes sans-papiers marchent sur "leur" sol

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Jimmy Carter hospitalisé après de récentes chutes

L'ancien président américain Jimmy Carter, lors d'un événement, le 3 novembre 2019.

L'ancien président américain Jimmy Carter a été hospitalisé lundi pour subir une intervention médicale à la tête après de récentes chutes, a annoncé la fondation qui porte son nom.

Jimmy Carter a été "admis au Emory University Hospital cet après-midi pour une intervention visant à relâcher la pression sur son cerveau, causée par un saignement survenu après ses récentes chutes", a ajouté la même source, précisant que l'opération était prévue mardi matin.

"Le président Carter se repose confortablement et son épouse Rosalynn est avec lui", a précisé la même source.

Jimmy Carter avait été hospitalisé fin octobre pour une fracture du bassin causée par une chute à son domicile. Sa fondation avait qualifié la fracture de "légère".

Premier président américain de l'histoire à atteindre l'âge de 95 ans, Jimmy Carter s'était également blessé à la tête le 6 octobre, toujours en tombant à son domicile.

L'ex-président démocrate (1977-1981) était pourtant debout et actif sur un chantier humanitaire dès le lendemain, le visage tuméfié et barré d'un pansement cachant 14 points de suture.

Le sort de 700.000 jeunes migrants aux mains de la justice américaine

Les immigrants et les sympathisants manifestent lors d'un rassemblement en soutien aux "dreamers" devant la Maison Blanche, à Washington DC, le 5 septembre 2017.

Entrée clandestinement aux Etats-Unis dans son enfance, Angelica Villalobos a "vécu dans l'ombre" jusqu'à l'adoption en 2012 d'un programme qui l'a protégée de l'expulsion, comme près de 700.000 autres jeunes migrants dont le sort est en débat mardi à la Cour suprême.

Le temple du droit américain consacre une audience à ces jeunes surnommés les "Dreamers" (rêveurs), à qui l'administration du président démocrate Barack Obama avait "donné des ailes", selon Mme Villalobos, en leur délivrant notamment des permis de travail.

Son successeur républicain Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale l'un de ses chevaux de bataille, a décidé en 2017 de mettre un terme à ce programme, baptisé DACA, le décrétant "illégal".

Saisis en urgence, des tribunaux ont suspendu sa décision pour des raisons de procédure, offrant un répit aux jeunes migrants.

A force de recours, leur sort est désormais aux mains de la plus haute juridiction des Etats-Unis, dont la décision ne sera pas rendue avant 2020, en pleine campagne présidentielle.

Si la Cour donne raison à Donald Trump, les "Dreamers" ne seront pas forcément expulsés, mais ils redeviendront sans-papiers, avec les complications que ce statut implique.

En attendant, "on est comme sur des montagnes russes", confie à l'AFP Angelica Villalobos, une Mexicaine de 34 ans, mère de cinq enfants américains, qui travaille dans un garage de l'Oklahoma.

Avec son mari, arrivé lui aussi avant ses 16 ans aux Etats-Unis par des voies illégales, elle a parlé à leurs enfants "des conséquences possibles" de la décision de la Cour suprême. "Peut-être ne pourrons-nous plus travailler ou conduire, toute ces choses qui font de nous une famille normale", regrette-t-elle.

- "Monnaie d'échange" -

Comme eux, près de 700.000 jeunes migrants "ont passé les douze dernières années au minimum dans notre pays, font partie de nos communautés, de nos institutions", remarque Omar Jadwat, de la puissante association de défense des droits civiques ACLU.

Pour lui, l'administration Trump a "mis un terme à la hâte au programme DACA (...) en décidant qu'il était illégal" parce qu'il voulait utiliser ces "Dreamers" comme "monnaie d'échange" avec son opposition démocrate.

De fait, Donald Trump a essayé --en vain-- d'obtenir des fonds pour construire un mur à la frontière sud des Etats-Unis en échange de nouvelles protections pour ces jeunes, qui n'ont souvent pas ou peu de souvenirs de leur pays d'origine.

C'est le flou autour des motivations du président qui explique l'intervention de la justice dans ce dossier.

Le droit administratif américain impose au gouvernement de justifier ses décisions avec des arguments raisonnables. Or, les tribunaux ont jugé jusqu'ici que l'arrêt du programme DACA avait été décidé de manière "arbitraire et capricieuse".

"Nous pensons avoir expliqué notre décision de manière adéquate", a rétorqué Noel Francisco, qui représente le gouvernement devant la Cour suprême. "Nous avons agi de manière légale et rationnelle", a-t-il ajouté lors d'une conférence en septembre.

- "Gagner sur tous les fronts" -

Pour Tom Goldstein, un juriste spécialiste de la Cour suprême, "si le président avait dit +je n'aime pas le programme, je l'arrête+, on n'en serait pas là aujourd'hui".

Mais selon l'avocat, "il a essayé de gagner sur tous les fronts, en disant que les +Dreamers+ lui étaient sympathiques, mais aussi ne pas avoir d'autre choix que de retirer le programme DACA parce qu'il était illégal", ce qu'il lui faut prouver aujourd'hui.

Au-delà des enjeux pour ces migrants, le dossier a donc aussi "une grande importance pour les pouvoirs du président", relève Steven Schwinn, professeur de droit à l'université de Chicago. Dans son arrêt, la Cour pourrait en effet étendre les pouvoirs discrétionnaires du locataire de la Maison Blanche en l'autorisant à faire ou à défaire une politique sans explication.

Cela n'a pas échappé au principal intéressé. Assurant sur Twitter que Barack Obama n'avait pas le droit de signer le programme DACA, Donald Trump a estimé en octobre que, "si la Cour suprême autorisait le programme à rester en place, elle donnerait des pouvoirs extraordinaires au président".

Dans le cas contraire, a-t-il ajouté, fidèle à sa tactique de marchandage, "les républicains et les démocrates passeront un ACCORD très rapidement pour autoriser les +Dreamers+ à rester dans notre pays".

Avec AFP

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