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Les États-Unis ne sont pas sûrs si ce qui s’est passé au Mali est un coup d’État

Le colonel-major Ismael Wague, au centre, porte-parole du Comité national pour le salut du peuple, s'exprime lors d'une conférence de presse au Camp Soundiata à Kati, Mali, mercredi 19 août 2020. (AP)

"Par rapport à ce qui s’est passé au Mali, nous sommes en train d’analyser les normes juridiques pour déterminer si oui ou non on peut qualifier cela de coup d’État", a déclaré vendredi J. Peter Pham, l’envoyé spécial des États-Unis au Sahel.

Ses propos font suite à la révélation par le quotidien Washington Post que certains des officiers qui ont renversé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, 75 ans, avaient été formés aux États-Unis.

Un porte-parole du Pentagone, le ministère américain de la défense, a confirmé que bon nombre de ces officiers avaient suivi des formations dispensées par l'armée américaine.

On compte parmi ces officiers le colonel Assimi Goita, 37 ans, président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Il faisait partie du groupe des officiers vus aux premières heures de mercredi sur l'ORTM, la télévision publique malienne, annonçant qu'ils avaient pris le contrôle du pays.

"Le colonel Goita a participé aux précédentes manœuvres Flintlock du Commandement américain pour l'Afrique et il a également assisté à un séminaire bilatéral de la Joint Special Operations University à la base aérienne de MacDill, en Floride", a déclaré le lieutenant-colonel Anton T. Semelroth, porte-parole du Pentagone.

En outre, le colonel Goita a participé à un programme d'études sur le terrorisme et la sécurité au Centre européen George C. Marshall en Allemagne, a-t-il ajouté.

"La mutinerie est un acte fortement condamné et incompatible avec la formation dispensée par les militaires américains", a tenu à préciser le porte-parole.

Même son de cloche du côté des affaires étrangères : "Dans la mesure où ces individus ont été impliqués dans une mutinerie, et en plus une mutinerie qui conduit à la détention et au renversement d'un président légitimement élu, cela va à l'encontre de la formation que nous dispensons", a déclaré le Dr Pham.

Le ministère américain de la défense est en train d'examiner la situation sur le terrain au Mali et, en attendant, toutes les formations sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, a expliqué le colonel Semelroth.

La veille, la junte avait assuré aux partenaires du Mali que les Casques bleus des Nations unies et les soldats français de Barkhane resteraient dans le pays.

Ibrahim Boubacar Keita a été transféré de Kati à Bamako en résidence surveillée
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Arrestation de l'ex-directeur de cabinet de l'ancien président malien IBK

Des policiers maliens posent sur leur véhicule à Anderamboukane, dans la région de Ménaka, le 22 mars 2019.

L'ancien directeur de cabinet du président malien déchu Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Camara, a été placé jeudi sous mandat de dépôt dans l'enquête sur l'achat en 2014 de l'avion du chef de l'Etat, a-t-on appris de sources judiciaires.

L'ex-Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, ministre de la Défense au moment des faits, ainsi que l'ex-ministre de l'Economie et des Finances Bouaré Fily Sissoko, ont déjà été placés sous mandat de dépôt dans cette affaire le 26 août. Tous deux sont poursuivis pour atteinte aux biens publics et soupçonnés d'escroquerie, faux et favoritisme.

M. Camara, qui fut directeur de cabinet puis ministre du président Keïta, faisait l'objet depuis lundi, ainsi que deux autres personnes, d'un mandat d'amener de la Cour suprême, aucun des trois hommes ne s'étant présenté à une convocation du juge, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Après sa comparution devant le juge qui l'a placé sous mandat de dépôt jeudi matin, il est arrivé à la maison centrale d'arrêt de Bamako, selon une source pénitentiaire.

L'achat d'un avion présidentiel pour près de 40 millions de dollars, ainsi que de matériel militaire, à une société malienne, tous deux sans appel d'offres, avaient valu en 2014 au Mali des sanctions des institutions financières, notamment le gel pendant six mois des décaissements du Fonds monétaire international (FMI).

La justice malienne a poursuivi son enquête sur l'achat de l'avion, épinglé par le Bureau du vérificateur général (BVG), autorité indépendante, pour des pratiques de surfacturation, de détournement de fonds publics, de fraude, de trafic d'influence et de favoritisme.

Les partisans de M. Maïga, poids lourd de la politique malienne et auquel beaucoup prêtent des ambitions présidentielles, ont vu dans son arrestation une tentative de l'écarter de la prochaine élection.

Les colonels qui ont renversé le 18 août 2020 M. Keïta se sont engagés à organiser des élections pour rendre le pouvoir aux civils en février 2022.

Ces poursuites ont également provoqué une polémique au sein de la Cour suprême, dont le premier avocat général, Cheick Mohamed Chérif Koné, a publiquement accusé le 7 septembre le président et le procureur général de la Cour, Wafi Ougadeye Cissé et Mamadou Timbo, de "forfaiture".

Dans une lettre adressée au procureur de la République, M. Koné leur reprochait de se plier aux "pressions exercées par les réseaux sociaux et (aux) préoccupations des organes de la transition" en se saisissant d'une affaire relevant de la Haute Cour de Justice, qui ne pourra selon lui être constituée qu'après les élections.

Il a aussitôt été relevé de ses fonctions par un décret du président de transition, le colonel Assimi Goïta, en raison de "graves fautes professionnelles qui sèment la confusion dans l'opinion".

Mahamadou Camara placé sous mandat de dépôt

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