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Un vieux projet controversé exhumé pour empêcher la disparition du lac Tchad

Vue aérienne du Lac Tchad, Bol, Tchad, le 26 avril 2017. (VOA/Nicolas Pinault)

Eviter la disparition du Lac Tchad : l'urgence est bien réelle, et pour y faire face, des experts réunis à son chevet ont exhumé Transaqua, un mégaprojet imaginé dans les années 1980 et controversé, qui consiste à remplir l'immense oasis asséchée.

L'idée, particulièrement ambitieuse, est de creuser un canal de 2.600 km depuis la République démocratique du Congo (RDC), puis à travers la Centrafrique, jusqu'au lac d'eau douce.

Transaqua a été ces trois derniers jours au coeur d'une conférence organisée par le gouvernement nigérian et l'Unesco, qui a réuni des dizaines d'experts et diplomates à Abuja.

Le lac Tchad - à cheval sur le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad - est depuis quelques années synonyme de Boko Haram, dont l'insurrection jihadiste a ravagé la région.

Mais les changements climatiques et la très mauvaise gestion des ressources hydrauliques ont provoqué un déclin considérable. Le lac a perdu 90% de sa superficie en 40 ans.

>> Lire aussi : Une conférence sur le lac Tchad au Nigeria pour tirer la sonnette d'alarme

Les quelques 40 millions de personnes vivant autour et sur le lac sont parmi les plus pauvres au monde, l'ONU estimant qu'un quart d'entre elles ont besoin d'aide alimentaire pour survivre.

Le groupe jihadiste a profité de cette vulnérabilité pour recruter des milliers d'agriculteurs et de pêcheurs coupés de leurs moyens de subsistance et établir des bases arrière sur les îles du lac.

'Inacceptable'

Le projet Transaqua, imaginé dès 1982 par le cabinet d'ingénierie et de conseil italien Bonifica, implique d'immense défis techniques et financiers, et n'a jamais vu le jour.

Mais l'arrivée d'un partenaire chinois, la Power Construction Corporation of China (PowerChina), qui a signé un accord en 2017 avec la société à l'origine du projet, a récemment relancé les espoirs et les critiques autour du projet.

Pour ses partisans, Transaqua est le seul moyen de faire face à l'actuelle crise humanitaire et environnementale.

"Le transfert d'eau entre les différents bassins (hydrographiques) n'est pas une option mais une nécessité", a déclaré Sanusi Abdullahi, secrétaire exécutif de la Commission du bassin du lac Tchad, qui supervise l'utilisation de l'eau et des ressources naturelles.

"Nous sommes confrontés à la possibilité que le lac Tchad disparaisse et ce serait catastrophique pour l'ensemble du continent africain".

Peu d'informations ont filtré sur l'accord qui lie aujourd'hui le cabinet italien au géant PowerChina, hormis que ce dernier a été chargé de conduire une étude de faisabilité.

"Nous travaillons sur des projets ici et nous voulons endosser une responsabilité sociale", a déclaré Ziping Huang, ingénieur chez PowerChina.

Devoir de coopération

Mais le projet, qui selon une estimation pourrait coûter jusqu'à 14 milliards de dollars (11,5 milliards d'euros), suscite de fortes résistances à Kinshasa.

La transfert des eaux congolaises vers le lac Tchad est "inacceptable", a réagi au téléphone le sénateur d'un parti d'opposition, Modeste Mutinga, auteur du livre "La guerre de l'eau à la porte de la RDC".

Cela reviendrait à "perturber le débit du fleuve Congo avec des conséquences sur les écosystèmes en RDC", a-t-il expliqué à l'AFP. "On ne doit pas chercher à résoudre un problème dans un coin et en créer ici en RD Congo".

Même réaction chez le député de la majorité Bavon N'Sa Mputu Elima, ex-ministre de l'Environnement, pour qui "il faut résoudre les problèmes au niveau du bassin du lac Tchad: l'usage abusif de l'eau par des éleveurs tchadiens, accroitre l'hydraulicité des rivières qui alimentent ce lac en eau par l'entretien des berges".

Les défis techniques et sécuritaires qu'implique un projet comme Transaqua sont également décourageants. Le gigantesque canal devrait traverser plusieurs pays à la géographie changeante et empêtrés dans une instabilité chronique.

Outre les combattants de Boko Haram établis autour du lac Tchad, la Centrafrique, notamment, est dévastée par des années de guerre et les exactions des groupes armés qui contrôlent de vastes régions.

Et même si le temps presse à l'allure où les eaux du lac disparaissent, Ziping Huang, de PowerChina, reconnait que lancer un tel projet avec la situation sécuritaire qui prévaut aujourd'hui dans la région est "au-delà de l'imagination de notre compagnie".

Reste une autre difficulté: faire coopérer les quatre pays riverains du lac. "Ces pays doivent coopérer s'ils veulent faire face à ces risques transnationaux, il n'y a tout simplement pas d'autre moyen de le faire", souligne Florian Krampe, du programme sur le changement climatique et les risques de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

"La question est, les institutions sont-elles prêtes?"

Avec AFP

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Mali: démission du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga

Soumeylou Boubeye Maïga à Bamako, au Mali, le 12 août 2018.

Le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga a présenté jeudi sa démission au chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta, qui l'a acceptée, selon un communiqué de la présidence.

La démission de M. Maïga, en poste depuis près de 16 mois, intervient à quelques heures de l'examen par l'Assemblée nationale d'une motion de censure du gouvernement déposée mercredi par des députés de l'opposition mais aussi de la majorité.

Il a présenté sa démission ainsi que celle de ses ministres, selon le texte. M. Keïta "a accepté la démission du Premier ministre et celle du gouvernement, et l'a remercié pour sa loyauté et son sens élevé du devoir", a précisé la présidence.

"Un Premier ministre sera nommé très prochainement et un nouveau gouvernement sera mis en place, après consultation de toutes les forces politiques de la majorité et de l'opposition", selon le communiqué.

La personnalité du Premier ministre cristallisait les critiques depuis plusieurs semaines, d'influents dirigeants religieux musulmans réclamant notamment son départ.

M. Keïta a reçu tout au long de la semaine dernière dignitaires religieux, dirigeants politiques et représentants de la société civile, pour discuter de la situation du pays et leur remettre l'avant-projet de loi de révision constitutionnelle qui lui a été présenté le 1er avril par un comité d'experts.

Ces rencontres faisaient suite à une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Bamako le 5 avril contre "la mauvaise gestion du pays", notamment les violences intercommunautaires dans le centre, selon les organisateurs, parmi lesquels d'influents chefs religieux musulmans.

Lors d'une allocution radiotélévisée mardi soir, le chef de l'Etat a assuré avoir "entendu toutes les colères, décodé tous les signaux, compris tous les messages remontant" du pays, sans évoquer directement le Premier ministre ni son gouvernement.

Il a annoncé l'ouverture d'une "concertation nationale" du 23 au 28 avril avec "les forces politiques et sociales" sur le projet de révision constitutionnelle qui doit être soumis à référendum.

M. Keïta est longuement revenu sur la "tragédie d'Ogossagou", en référence à la tuerie le 23 mars de quelque 160 habitants de ce village peul près de la frontière avec le Burkina Faso par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons affirmant lutter contre les jihadistes.

Au lendemain de cette tuerie, le gouvernement a prononcé le 24 mars la dissolution de l'association de chasseurs "Dan Nan Ambassagou", lui reprochant de s'être "écartée de ses objectifs initiaux" et a remplacé les principaux chefs d'état-major.

Ces limogeages au sommet de la hiérarchie militaire interviennent également après une attaque jihadiste le 17 mars contre un camp de l'armée à Dioura (centre), au cours de laquelle 26 soldats ont péri.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs "groupes d'autodéfense"

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, malgré l'accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l'application accumule les retards.

Avec AFP

Les Algériens attendus pour un 9e vendredi de suite dans la rue

Un manifestant arbore une pancarte faisant référence aux trois B, Abdelkader Bensalah, Tayeb Belaiz et Noureddine Bedoui, des membres de l’équipe dirigeante de la transition, dont les algériens ne veulent plus, lors d'un rassemblement à Alger, le vendredi 5 avril 2019.

Les Algériens sont attendus en masse dans la rue pour un 9e vendredi consécutif, galvanisés par les concessions obtenues depuis le début de leur contestation du pouvoir et bien décidés à en arracher davantage.

Les manifestants défilent désormais par millions à travers l'Algérie. Depuis le 22 février, ils ont obtenu d'Abdelaziz Bouteflika, qui gouvernait le pays sans partage depuis vingt ans, qu'il renonce à briguer un nouveau mandat, puis qu'il annule la présidentielle prévue le 18 avril, et enfin qu'il quitte le pouvoir.

Outre le symbole --si tout s'était déroulé comme prévu, vendredi aurait dû être le lendemain du jour de la réélection de M. Bouteflika--, les manifestants devraient cette semaine se sentir encore ragaillardis par la chute d'un nouveau cacique du régime. Tayeb Belaiz, président du Conseil constitutionnel, un proche de l'ex-président, a démissionné.

Avec Abdelkader Bensalah, chef de l'Etat par intérim, et le Premier ministre Noureddine Bedoui, Tayeb Belaiz était l'un des "3B", membres du premier cercle autour d'Abdelaziz Bouteflika.

En 2013, alors que M. Bouteflika était hospitalisé durant 80 jours à Paris en raison d'un AVC, puis à nouveau en mars dernier, il était resté sourd aux demandes d'enclencher la procédure déclarant le président "empêché" de gouverner. En tant que président du Conseil constitutionnel, il était le seul à pouvoir le faire.

- "Mesures d'apaisement" -

La démission de M. Belaiz devrait être loin de suffire à apaiser les manifestants qui ont peu ou prou obtenu une concession, un recul ou une tête après chaque vendredi d'imposante mobilisation.

Sans compter le fait que son remplaçant, Kamel Feniche, haut magistrat membre depuis 2016 du Conseil constitutionnel et inconnu du grand public a, pour les contestataires, toutes les caractéristiques du fidèle serviteur du "système" dont ils entendent se débarrasser.

Et que d'anciens militants berbéristes l'accusent depuis sa nomination d'avoir, alors qu'il était procureur, requis et obtenu des années de prison contre des lycéens et étudiants ayant pris part en mai 1981 à Béjaia (Kabylie) à des manifestations.

Au-delà de la personne de M. Belaiz, la contestation refuse toujours que les institutions et personnalités de l'appareil mis en place par M. Bouteflika gèrent la transition née de sa démission. Et notamment qu'une présidentielle soit organisée sous 90 jours comme le dispose le processus prévu par la Constitution.

Un processus soutenu par l'armée, replacée au centre du jeu politique par la démission de M. Bouteflika, face à une classe politique --camp présidentiel mais aussi opposition-- inaudible face à la contestation.

Le départ de M. Belaiz ressemble plus à une énième concession à la rue qu'à un début de sortie de crise.

L'armée "est convaincue que la gestion de la crise passe par une série de mesures d'apaisement", estime Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) de Genève. Elle procède de façon "graduelle pour minimiser l'étendue des concessions et s'assurer de leur pertinence" auprès de la contestation.

- "Meilleurs délais" -

Jusqu'à quand l'armée pourra-t-elle maintenir sa défense du "processus constitutionnel", s'interrogent les observateurs? "On entre désormais dans le dur" tant les positions semblent irréconciliables, a expliqué à l'AFP l'un d'eux, sous le couvert de l'anonymat.

"Toutes les options restent ouvertes pour (...) trouver une solution à la crise dans les meilleurs délais", a néanmoins souligné cette semaine le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et de facto homme fort de l'Algérie, laissant penser que l'institution militaire pourrait assouplir sa position.

Il a aussi affirmé que l'armée ne tournerait pas ses armes contre le peuple et veillerait "à ce qu'aucune goutte de sang algérien ne soit versée".

M. Bensalah a lui entamé jeudi une série de rencontres "dans le cadre de la volonté de concertation", selon la présidence.

Les premières rencontres avec des "personnalités nationales" semblent loin de la volonté de changement affichée par la contestation: Abdelaziz Ziari, successivement ministre, conseiller présidentiel, président de l'Assemblée nationale sous le règne de M. Bouteflika, Abdelaziz Belaid, patron d'un micro-parti proche du pouvoir, et Me Miloud Brahimi, ténor des prétoires depuis des décennies.

Le Mouvement de la société pour la paix, parti islamiste ayant rompu avec la coalition pro-Bouteflika, a indiqué avoir décliné une invitation à une "rencontre collective de concertation".

Avec AFP

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