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Coup de pouce financier de l'UE pour la force antiterroriste du G5 Sahel

Roch Marc Christian Kaboré, Idriss Déby Itno, le roi Philippe de Belgique et Ibrahim Boubacar Keita posent lors d'une reunion sur le G5 Sahel à Bruxelles, le 23 fevrier 2018

Les Européens ont donné vendredi un coup de pouce financier à la force militaire constituée par cinq pays africains pour lutter contre les groupes jihadistes actifs dans la région du Sahel, mais l'argent tarde à être débloqué, ont regretté les dirigeants africains lors d'une conférence des donateurs du G5 Sahel à Bruxelles.

"Il faut éviter que le Sahel devienne un sanctuaire pour les groupes jihadistes, car le Sahel c'est la porte à côté de l'Europe", a mis en garde le secrétaire général de l'Union africaine (UA) Moussa Faki Mahamat.

"Le combat que nous menons contre le terrorisme au Sahel, nous le menons aussi pour le reste du monde. Pour cette raison, l'Union européenne et la communauté internationale doivent être solidaires avec le Sahel", a pour sa part insisté le Nigérien Mahamadou Issoufou, président en exercice du G5 Sahel.

>> Lire aussi : L'armée française a récemment tué "plus d'une trentaine" de jihadistes au Mali, indique Macron

L'UE a répondu à l'appel avec le doublement de sa contribution financière à la force militaire conjointe du G5 Sahel, portée de 50 à 100 millions d'euros.

Les Européens ont tout intérêt à aider à stabiliser le Sahel "devenu une terre où se sont développés les trafics d'êtres humains, de drogue, d'armes, qui nourrissent ce terrorisme", a plaidé le président français Emmanuel Macron à l'issue de la réunion organisée au siège de la Commission européenne.

Trente-deux chefs d'Etat et de gouvernement ont participé à cette conférence et apporté leur soutien politique et financier aux dirigeants du Mali, de la Mauritanie, du Tchad, du Niger et du Burkina Faso engagés dans la constitution de cette force commune.

"Au total, avec les contributions des autres donateurs, 414 millions d'euros ont été mobilisés vendredi pour la force (du G5 Sahel). Cela va bien au-delà des attentes", a annoncé la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, qui coprésidait cette conférence.

"Mais à ce jour, seulement 50 millions d'euros, ceux engagés par l'UE en juillet, ont été débloqués", a-t-elle déploré. "Nous souhaitons que les ressources promises soient débloquées le plus rapidement possible", a renchéri le président du Niger.

"L'effort financier doit être rendu pérenne", a insisté le président du G5 Sahel. "480 millions d'euros sont nécessaires pour la première année, mais 75 millions d'euros devront ensuite être mobilisés chaque année, en sachant que nous ne savons pas combien de temps va durer ce combat", a expliqué M. Issoufou.

-Chaudron libyen-

Le président du G5 Sahel a ensuite appelé à mettre un terme au chaos en Libye. "Tant que nous n'arriverons pas à éteindre le chaudron en Libye, il sera difficile de créer les conditions de la sécurité au Sahel", a-t-il souligné.

"Il faut une victoire militaire, mais sur le long terme, il faut aussi le développement", a-t-il enfin rappelé.

>> Lire aussi : Conférence à Bruxelles pour muscler le soutien au G5 Sahel

La France et l'Allemagne ont annoncé vendredi des contributions bilatérales importantes en aide au développement: 1,2 milliard d'euros sur cinq ans pour la France, 1,7 milliard pour l'Allemagne. L'Union européenne a pour sa part budgétisé 8 milliards d'euros pour l'aide au développement sur la période 2014-2020.

"Le prix de ne pas avoir la paix se paie chaque jour", a estimé Mme Mogherini.

Deux soldats de la force antijihadiste française déployée en Afrique de l'Ouest ont été tués mercredi par l'explosion d'une mine au passage de leur véhicule sur une route dans le nord-est du Mali. Les participants à la conférence ont observé une minute de silence à leur mémoire.

>> Lire aussi : L'Europe porte à 100 millions d'euros sa contribution à la force du G5 Sahel

"Ces deux morts viennent après plusieurs opérations fortes que nous avons menées sur le sol malien qui ont conduit à plus d'une trentaine de victimes du côté des terroristes. Nous continuerons à mener l'offensive aux côtés des forces du G5 Sahel pour éradiquer le terrorisme jihadiste dans la région", a assuré Emmanuel Macron. Une nouvelle opération est d'ailleurs en cours dans le nord du Mali depuis jeudi, a précisé le président Issoufou.

La force du G5 doit compter 5.000 soldats bien entraînés et équipés pour patrouiller les points chauds et rétablir l'autorité dans les zones de non-droit. Elle devrait être pleinement opérationnelle à la mi-2018. Elle opérera aux côtés des 4.000 soldats de la force française Barkhane et des 12.000 hommes de l'opération Minusma de maintien de la paix des Nations unies au Mali.

Avec AFP

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Algérie: manifestation contre le patron du principal syndicat, figure du régime

Des employés de la ville installe le drapeau algérien et un poster du président Abdelaziz Bouteflika, à Alger, en Algérie, le 26 avril 2016.

Un millier de syndicalistes ont réclamé mercredi à Alger le départ du patron de l'UGTA, principale centrale syndicale d'Algérie, à qui ils reprochent ses liens avec le clan d'Abdelaziz Bouteflika, chassé du pouvoir début avril par une contestation inédite, a constaté un photographe de l'AFP.

Les manifestants se sont rassemblés devant le siège de l'Union générale des Travailleurs algériens (UGTA) pour exiger le départ d'Abdelamdjid Sidi Saïd, secrétaire général depuis 1997 de l'ancien syndicat unique et seule organisation syndicale considérée comme représentative par les autorités algériennes.

"Sidi Saïd, dégage", "Sidi Saïd fait partie de la mafia" au pouvoir, "Libérez le syndicat", pouvait on lire sur les pancartes brandis par les manifestants.

Abdelmadjid Sidi Saïd a longtemps été l'un des thuriféraires les plus enthousiastes d'Abdelaziz Bouteflika et fut des mois durant, au côté de la principale organisation patronale, l'un des principaux meneurs des partisans d'un 5e mandat de M. Bouteflika, perspective qui a fait descendre des milliers d'Algériens dans la rue.

Il a, comme d'autres piliers du régime, lâché M. Bouteflika en ralliant la proposition de l'armée de lancer un processus constitutionnel pour l'écarter du pouvoir.

Depuis le début le 22 février du mouvement de contestation du régime, son autorité a été fortement contestée au sein de l'UGTA, par les branches locales ou les syndicats affiliés. Il lui est reproché son autoritarisme, sa proximité affichée avec les cercles du pouvoir et une attitude conciliante avec la politique sociale de l'ex-président Bouteflika.

M. Sidi Saïd est considéré par les manifestants comme l'une des incarnations du "système" au pouvoir dont ils réclament la chute, au même titre que M. Bouteflika, que le Premier ministre Ahmed Ouyahia, depuis limogé, et que l'homme d'affaires Ali Haddad, chef du patronat contraint à la démission puis incarcéré.

Des centaines d'avocats ont aussi manifesté mercredi devant des tribunaux à Alger, à Blida, Béjaia et Tizi Ouzou et Chlef (nord), pour demander "le départ de toutes les personnalités qui représentent le système de gouvernance actuel", selon l'agence officielle APS.

"Les services de sécurité n'ont reçu aucune instruction de la part du gouvernement pour réprimer" les rassemblements, a pour sa part déclaré mercredi le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Hassane Rabehi à des journalistes.

Le Conseil de sécurité en quête d'une trêve en Libye

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, à gauche, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre du gouvernement libyen de l’accord national (GNA) Fayej Seraj, et ministre des affaires étrangères Taher Siala à Tripoli, L

La communauté internationale cherche à négocier un cessez-le-feu en Libye, après le lancement par le maréchal controversé Khalifa Haftar d'une offensive contre la capitale Tripoli, siège du gouvernement d'union (GNA) et cible de tirs de roquettes qui ont fait six morts.

Soumis par le Royaume-Uni à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU, un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu et un accès humanitaire inconditionnel aux zones de combats près de Tripoli, ne fait toujours pas l'unanimité, selon des diplomates à New York.

Le projet est toujours en négociations à New York. La Russie qui avait bloqué la semaine dernière un projet de déclaration du Conseil invitant les forces pro-Haftar à suspendre l'offensive continue à soulever des objections quant aux références critiquant le maréchal, selon l'un des diplomates.

"Ils étaient très clairs. Aucune référence nulle part", a dit ce diplomate.

Depuis le début le 4 avril de son offensive, l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar piétine au sud de la capitale, même si elle proclame des percées. Les combats ont fait en deux semaines au moins 189 morts dont des civils et 816 blessés, selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a fait état mercredi de 25.000 déplacés, dont plus de 4.500 ces dernières 24 heures. "Nous avons constaté la plus forte augmentation de déplacements en un jour, avec plus de 4.500 personnes déplacées" par les combats.

Mardi soir, plusieurs roquettes ont frappé Tripoli, tuant six civils, dont trois femmes, dans les quartiers résidentiels d'Abou Slim et Al-Antissar, a indiqué mercredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha).

- "Barbarie" -

Le maire du quartier d'Abou Slim, Abdelrahman Al-Hamdi, a confirmé le bilan de six morts, ajoutant que 35 autres personnes avaient été blessées.

Fayez al-Sarraj, le chef du GNA, reconnu par la communauté internationale, s'est rendu sur place dans la nuit.

Dans une vidéo diffusée par son service de presse, il a dénoncé "la sauvagerie et la barbarie" du maréchal Haftar qualifié de "criminel de guerre".

Il a ajouté que son gouvernement présenterait mercredi "tous les documents à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité".

Selon lui, il est "de la responsabilité juridique et humanitaire du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, de tenir ce criminel responsable de ses actes".

Dans un communiqué, le commandement de l'ANL du maréchal Haftar a toutefois démenti être à l'origine des tirs contre Tripoli. Il a accusé des "milices terroristes qui contrôlent la capitale de tirer aveuglément des roquettes de type Grad et des obus" sur la ville.

L'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, a "condamné avec la plus grande fermeté les bombardements, rappelant que la responsabilité d'actes pouvant constituer des crimes de guerre incombe non seulement aux auteurs des attaques aveugles, mais également à ceux qui les ont commandés", selon Stéphane Dujarric, le porte-parole de l'ONU à New York.

- "Positions irréconciliables" -

La veille, la procureure de CPI Fatou Bensouda a prévenu qu'elle n'hésiterait "pas" à élargir ses enquêtes pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" en Libye.

Jusqu'à présent, le maréchal Haftar ne veut pas entendre parler d'un cessez-le-feu. Et Fayez al-Sarraj refuse tout processus politique en l'absence d'un cessez-le-feu et d'un retrait sur les lignes d'avant le début de l'offensive. "Des positions irréconciliables", note un diplomate à l'ONU.

Au Conseil de sécurité, "tout le monde veut éviter une guerre civile longue avec beaucoup de victimes civiles", indique un autre diplomate.

Avec le risque d'enlisement dans ce pays pétrolier en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, il est probable que les belligérants cherchent à se réarmer auprès de leurs soutiens.

L'ANL veut légitimer son offensive en la présentant comme une guerre contre le "terrorisme". "Nous nous battons pour toute l'humanité, pas seulement pour la Libye. Nous voulons débarrasser la capitale des terroristes", a dit son porte-parole Ahmad Al-Mesmari.

Le GNA a lui démenti que ses forces comptaient des personnes accusées de "terrorisme" dans leurs rangs, accusant le maréchal Haftar de vouloir "vendre son agression" à la communauté internationale.

M. Salamé semble du même avis. L'offensive de Khalifa Haftar "ressemble davantage à un coup d'Etat qu'à une lutte antiterroriste", a-t-il déclaré dans une interview à la BBC.

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