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La campagne de mi-mandat sur le terrain aux Etats-Unis

Tyler Ruzich , 17 ans, deuxième à partir de la droite, candidat au poste de gouverneur du Kansas, s’adresse aux étudiants lors d’un forum réunissant les trois autres candidats adolescents du gouverneur du Kansas au Free State High School de Lawrence, au Kansas, le 19 octobre 2017.

Cent portes en deux heures : c'est le rythme qu'essaie de tenir John Lombardo lorqu'il frappe aux portes des électeurs de sa circonscription du nord-est de la Pennsylvanie.

À l'heure des smartphones, le rituel du porte-à-porte s'est accéléré mais reste essentiel à la mobilisation des électeurs américains.

Lombardo, bénévole républicain de 25 ans, marche d'un pas rapide, d'une maison à l'autre de ce quartier résidentiel des environs de Wilkes-Barre.

Il fait beau, les maisons sont égayées par des citrouilles, sorcières et autres décorations traditionnelles d'Halloween. Mais il trouve la plupart du temps porte close.

"Il ne faut pas se laisser décourager", dit le jeune homme, qui cumule deux emplois d'ambulancier et un de pompier. "Les contacts personnels, c'est ce qu'on fait de plus important. C'est vraiment ça qui prend le pouls des électeurs".

La région de Wilkes-Barre, un ancien bassin charbonnier traditionnellement démocrate, a en novembre 2016 voté à 58% pour Trump, venu trois fois depuis 2016.

L'objectif des républicains est maintenant de remotiver les "trumpistes" pour les élections du 6 novembre afin de pousser leurs candidats, John Chrin et Dan Meuser au Congrès et Lou Barletta au Sénat, même si ce dernier a peu de chances face au démocrate sortant Bob Casey.

Ils espèrent ainsi contribuer à conserver une majorité républicaine dans les deux Chambres pour la deuxième moitié du mandat Trump.

Smartphone en main, Lombardo se laisse guider par une application qui pointe les maisons à visiter et classe leurs résidents en républicains ou démocrates "durs" ou "mous", selon un algorithme défini au niveau national.

Le classement est plus ou moins fin selon les données disponibles, explique Lombardo: quelqu'un qui vote démocrate depuis 10 ans sera ainsi catégorisé "démocrate mou" s'il a une voiture de type 4X4 et travaille dans les secteurs du charbon ou du gaz, que Donald Trump a promis de développer malgré leur contribution au réchauffement climatique.

Une fois la visite terminée, quelques clics suffisent pour enregistrer dans l'application les informations récoltées et les faire remonter au QG du parti.

"Peur d'ouvrir la porte"

Une fois sur dix en moyenne, quelqu'un ouvre. Mais Lombardo a souvent juste le temps de se présenter, avant qu'on lui ferme la porte au nez.

"Ce n'est plus comme dans les années 1970", dit-il. "Aujourd'hui les gens ont peur d'ouvrir à quelqu'un qu'ils ne connaissent pas".

Le jeu en vaut malgré tout la chandelle. Lors de la présidentielle de 2016, Lombardo et son équipe ont frappé à 50.000 portes, une performance dont il est convaincu qu'elle a contribué à faire basculer pour Trump toute cette région, et avec elle la Pennsylvanie et le pays tout entier.

"Toutes les études montrent qu'un contact direct avec l'électeur augmente la probabilité qu'il ira voter", confirme Thomas Baldino, professeur de sciences politiques à la Wilkes University.

Pour des élections de mi-mandat à la participation traditionnellement faible - 41% seulement en 2014 en Pennsylvanie - ce travail "est essentiel", dit-il, et l'issue du scrutin dépendra de la capacité des deux camps à dynamiser leurs électeurs.

Car dans cette région à la population à 90% blanche, très catholique, le vote résulte d'un cocktail volatile: on est plutôt démocrate quand il s'agit de protection sociale, conservateur sur les questions de société et inquiet face à l'immigration hispanique, explique Thomas Baldino.

La victoire surprise de Trump en 2016 est venue de la mobilisation de "gens qui n'avaient pas voté depuis des années", explique le professeur.

Le défi maintenant côté républicain "est de maintenir cet enthousiasme pour Trump en espérant qu'il profitera aux candidats" locaux.

"Retourner" un électeur

C'est clairement l'objectif de Jess Morgan, 69 ans, autre bénévole locale pour les républicains, qui fait du porte-à-porte trois fois par semaine.

Cette dynamique retraitée dit "constater directement" les bienfaits de la politique économique de Trump via l'entreprise de son fils, qui a recommencé à embaucher.

Malgré le faible taux de réponses, Jess Morgan est enthousiaste, surtout quand elle évoque la cinquantaine d'électeurs démocrates qu'elle affirme avoir "retournés" ces dernières semaines.

"Jour après jour, semaine après semaine, des choses arrivent qui font changer les gens d'avis", dit-elle. Comme la colonne de migrants qui marche actuellement depuis le Honduras vers les États-Unis, alimentant la peur de l'immigration déjà forte dans la région après l'afflux d'Hispaniques à Hazleton, deuxième ville du comté, où ils représentent 46% de la population, contre 5% en 2000.

"Quand vous avez une personne qui vous dit qu'elle est démocrate depuis toujours, mais qu'elle va voter républicain cette année, ça vous donne une poussée d'adrénaline", dit-elle en souriant.

Avec AFP

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Washington sanctionne une société chinoise accusée de soutenir la censure au Venezuela

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, montre lors d'une apparition télévisée des équipements saisis, Caracas, 4 mai 2020.

Les États-Unis ont annoncé lundi des sanctions contre une grande société publique chinoise spécialisée dans l'électronique, accusée d'aider le Venezuela à censurer les détracteurs du pouvoir sur internet.

Le Trésor américain va geler les éventuels avoirs aux États-Unis de la China National Electronics Import and Export Corporation (CEIEC) et de toute entreprise dont la compagnie d'État détiendrait au moins 50% du capital. Ces sanctions leur bloquent aussi l'accès au système financier américain.

Selon Washington, la CEIEC apporte son expertise à l'entreprise publique de télécommunications du Venezuela, qui a bloqué des médias indépendants ainsi que des retransmissions en streaming du chef de l'opposition Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par le gouvernement américain et de nombreux autres pays européens et sud-américains.

La société chinoise offre, d'après le Trésor américain, une "version commerciale du +Great Firewall+ de Pékin" -- jeu de mots sur la Grande Muraille de Chine (Great Wall) et le pare-feu (firewall) pour décrire le filtre mis en place par le pouvoir communiste afin d'éviter tout accès des Chinois à des informations qu'il juge politiquement sensibles.

"Les États-Unis n'hésiteront pas à viser tous ceux qui étouffent la volonté démocratique des Vénézuéliens et d'autres à travers le monde", a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un communiqué.

La Chine est un des principaux soutiens et partenaires commerciaux du Venezuela du président Nicolas Maduro, qui résiste à la pression économique de Washington pour le chasser du pouvoir.

Caracas organise dimanche des élections législatives à l'occasion desquelles le dirigeant socialiste espère reprendre le contrôle de l'Assemblée nationale, seule institution contrôlée par l'opposition.

Juan Guaido appelle au boycott de ce qu'il considère, à l'instar de nombreux observateurs internationaux, comme un processus truqué.

Selon le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, la CEIEC "soutient les efforts vicieux du régime Maduro pour réprimer la contestation politique et saper les processus démocratiques depuis 2017".

"Les tentatives désespérées de Maduro pour manipuler les processus démocratiques montrent sans l'ombre d'un doute que toute élection organisée par un régime illégitime ne sera ni libre ni juste, à commencer par les élections parlementaires du 6 décembre", a-t-il affirmé dans un communiqué.

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