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La révision du fichier électoral divise les Tchadiens


Des agents électoraux comptent les votes à N'Djamena, la capitale du Tchad, le 3 mai 2006. REUTERS/Claire Soares

La Commission électorale nationale indépendance (Céni) du Tchad a mis fin à la révision du fichier électoral bien que certains d’électeurs n’aient pas été enrôlés. La société civile et les acteurs politiques demandent de prolonger la date butoir pour permettre au maximum d’électeurs de s’inscrire.

L’opération de révision du fichier électoral concerne les Tchadiens qui ont atteint la majorité électorale de 18 ans et ceux qui n’ont pas été enrôlés en 2015 ou des électeurs qui ont changé de résidence.

Beaucoup d’observateurs mettent en cause le manque de compétences au sein de l’opérateur biométrique.

Nagrassal Saham Jacques, coordonnateur national de la campagne Tournons la page, section du Tchad, dénonce l’inefficacité des agents sur le terrain qui ne semblent pas maitriser le système informatique. Il fustige aussi le manque d’informations sur le processus d’enrôlement, la mauvaise qualité des appareils utilisés, autant de facteurs qui, à son avis, remettent en cause de la crédibilité du système électoral.

Les autorités de la Céni au lancement de la révision du fichier électoral au Tchad, le 25 octobre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Les autorités de la Céni au lancement de la révision du fichier électoral au Tchad, le 25 octobre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au vu de ce constat, il demande à la Céni un report de trois semaines pour permettre à la population concernée de se faire enrôler.

Une vision que ne partage pas la majorité au pouvoir.

"Nous avons le bureau permanent des élections qui est l’opérateur technique des élections avec la Céni, et ils nous disent qu’ils sont à 65% alors que leur objectif était de 60% d’après leur estimation", a déclaré Abdéramane Djanabaye, président du parti Alliance tchadienne pour le développement et la démocratie et membre de la majorité présidentielle​.

Alladoudoum Baltazar Djarmah, président du parti Action socialiste tchadienne pour le renouveau, un parti d’opposition, estime que "la classe politique dans son ensemble s’est fait piéger dans le sens où la saison pluvieuse ne s’est pas encore retirée, ce qui a entrainé l’inaccessibilité des kits dans certaines zones".

Brice Mbaimong Guedmbaye, président du Mouvement des Patriotes Tchadiens pour la République au Tchad, le 25 octobre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Brice Mbaimong Guedmbaye, président du Mouvement des Patriotes Tchadiens pour la République au Tchad, le 25 octobre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


Le président du Mouvement des patriotes tchadiens pour la république, un autre opposant, ne partage pas cet avis. Pour lui, les meetings populaires sont interdits et donc l’opposition ne tient plus des meetings.

Pour Alladoum Baltazar Djarmah, des actes de fraude ont eu lieu durant le processus.

"La loi prévoit que pour être électeur, il faut avoir au moins de 18 ans. Mais d'après certaines images qui circulent sur les réseaux sociaux, on a des bébés qui se sont fait enrôler", a-t-il déclaré.

Selon la Céni, la population à recenser est estimée à 2 millions de personnes et aujourd’hui, plus d’un 1,3 million électeurs sont déjà recensés. S’il faut proroger la date, seul le président Déby est habilité à le faire par un décret.

Polémique autour de la révision du fichier électoral tchadien
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