Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Tchad

Polémique autour de la mise en place de la Céni au Tchad

Un bureau de vote sous un arbre à Gassi, un quartier Est de Ndjamena, Tchad, le 10 avril 2016. (VOA Afrique/Bagassi Koura)

Au Tchad, la mise en place de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) divise la classe politique. La Coordination des partis politiques pour la défense de la constitution (CPDC) dénonce le caractère sélectif dans la composition de cet organe chargé de l’organisation des élections.

Le président Déby a entériné par décret le 21 février la proposition du cadre national de dialogue politique désignant les membres de la Céni.

Ils sont 30 au total, dont 15 de l’opposition et 15 de la majorité présidentielle. Ces personnalités choisies parmi des candidats autres que les responsables des partis politiques auront la charge d’organiser les prochaines élections au Tchad.

Pour le porte-parole adjoint de la CPDC, Poddi Djimé Bichara, "la loi 30 portant création de la Céni dit en son article 3 alinéa 3 que les membres de la Céni sont désignés par rapport à la représentation des partis politiques à l'Assemblée nationale et dans les conseils locaux, c'est-à-dire les conseils municipaux".

La CENI divise au Tchad
Attendez s'il vous plaît
Embed

No media source currently available

0:00 0:02:30 0:00

"Il se trouve que les partis politiques membres de la CPDC qui remplissent justement ces conditions-là ont été écartés sans aucune explication", rappelle-t-il.

"D’un autre côté, l’opposition est gérée par une loi. Dans la liste de la composante opposition de la Céni, vous avez des partis qui participent à la gestion du pays auprès du gouvernement et qui figurent malheureusement sur la liste de l’opposition en violation flagrante de la loi portant statut de l’opposition", conclut-il.

Kram Abel, de la majorité présidentielle et membre du cadre national de dialogue politique, estime que la CPDC est victime de ses propres turpitudes puisqu’elle a fait une mauvaise lecture des textes.

Kram Abel membre de la majorité présidentielle et du CNDP, le 26 fevrier 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Kram Abel membre de la majorité présidentielle et du CNDP, le 26 fevrier 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

"La CPDC n’a pas envoyé le dossier de ces représentants au niveau du CNDP. Ils ont envoyé au ministre de l’Administration du territoire et la même loi 30 qu’ils ont citée, dit que c’est le CNDP qui transmet le dossier au gouvernement. Pourquoi n’ont-ils pas déposé le dossier ici? Alors, est-ce qu’ils ne sont pas en contradiction ou bien, il y a un problème de lecture de textes qui se pose. Ils sont régis par les textes de la 4e république donc tu ne peux pas contourner une institution pour une autre, non! La CPDC est aujourd’hui victime de ses propres turpitudes".

Alladoum Djarmah Baltazare, membre de l’opposition, réfute les allégations de la CPDC selon lesquelles la mise en place de la Céni ne respecte pas l’article 3 de l’ordonnance 40 portant statut de l’opposition qui dit: "sont de l’opposition démocratique les partis politiques ou regroupements de partis politiques qui ne participent pas au gouvernement et ne soutiennent pas son action".

Alladoum Djarmah Balthazar rapport general du CNDP membre de l'opposition, le 26 fevrier 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Alladoum Djarmah Balthazar rapport general du CNDP membre de l'opposition, le 26 fevrier 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

"Nous ne pensons pas que des députés siègent à l’Assemblée nationale pour le compte de l’opposition politique et que c'est pour des raisons personnelles d’un des membres du parti qui se retrouve dans le gouvernement", a-t-il confié à VOA Afrique.

"À notre avis, la Commission du CNDP avait étudié et discuté la question, mais il nous a manqué d’argument pour écarter ces partis politiques. La CPDC qui avait fait progresser la démocratie s’est vidée de sa substance. Aujourd’hui, qu’elle dise à l’opinion publique quel est le numéro de la constitution qu’elle défend pour le simple fait que la CPDC dit ne pas se reconnaître dans la 4e république! C’est du bluff, c’est une vielle stratégie, c’est le film habituel de la CPDC".

Avec cette querelle autour de la mise en place de la Céni, l’opposition est déjà divisée, car même la liste envoyée par son chef de file n’a pas été prise en compte.

Toutes les actualités

La classe moyenne tchadienne confinée replonge dans la pauvreté

La classe moyenne tchadienne confinée replonge dans la pauvreté
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:24 0:00

Les législatives tchadiennes auront lieu le 24 octobre 2021

Les législatives tchadiennes auront lieu le 24 octobre 2021
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:04 0:00

Des chefs d’Etat du G5 Sahel se réunissent avec Macron

Des chefs d’Etat du G5 Sahel se réunissent avec Macron
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:35 0:00

La France et ses alliés sahéliens tiennent sommet contre les jihadistes

Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani à son arrivée à l'aéroport de Ouagadougou, le 13 septembre 2019, à la veille du début du sommet du G5 en Afrique de l'Ouest. (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

Les présidents de cinq pays du Sahel et de la France sont arrivés mardi à Nouakchott pour faire le point sur leur combat contre les jihadistes six mois après avoir décidé d'intensifier l'effort commun pour reconquérir le terrain perdu dans la région.

L'hôte mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et ses homologues burkinabè, malien, nigérien, tchadien et français tiennent sommet six mois après s'être réunis à Pau (sud-ouest de la France) sous la pression d'une série de revers des armées de la région face aux jihadistes, de la mort de 13 soldats français et de remises en question de l'intervention française.

Ils se retrouvent dans le contexte inédit de la pandémie qui a longtemps fait douter de leur présence physique à cette réunion d'un jour. Malgré les masques et la profusion de précautions sanitaires, le climat est annoncé moins tendu que six mois plus tôt.

Emmanuel Macron, à son atterrissage pour son premier déplacement hors d'Europe depuis le début de l'épidémie, a déclaré que la France et ses alliés avaient "durant ces six derniers mois connu de vrais succès dans la lutte contre le terrorisme avec la neutralisation de chefs redoutés". Il a salué une "montée en gamme de l'intervention des armées sahéliennes".

Le sommet visera à "consolider (les) acquis", a-t-il dit, tout en affirmant la nécessité de "faire davantage en matière de retour de l'Etat", en particulier "au Mali, au Burkina, dans un contexte - on le sait - très compliqué".

Sahéliens et Français revendiquent les lourdes pertes infligées aux jihadistes en 2020 et la forte baisse des leurs.

Les experts, toutefois, continuent à dresser un sombre tableau. Chacun conserve à l'esprit la précarité de la situation et des gains réalisés, qui peuvent être annihilés en l'absence de progrès sur des fronts autres que militaire, comme la reconstruction civile ou la réconciliation.

De telles avancées sont jugées indispensables pour sortir la sous-région de la spirale des violences commencée en 2012 dans le nord du Mali.

Nouakchott est présenté, côté français, comme l'occasion de préparer l'avenir sur la lancée de Pau et de poursuivre l'effort consistant à associer à la lutte le plus grand nombre de partenaires, en particulier européens, par exemple au sein de Takuba, un groupement de forces spéciales censées accompagner les Maliens au combat.

Les chefs d'Etat du G5 Sahel, M. Macron, et des représentants d'organisations internationales (Union africaine, Francophonie, ONU, Union européenne) s'entretiendront d'abord à huis clos.

- "Gouvernement complaisant" -

Motif de satisfaction pour la France, la réunion sera ensuite élargie aux chefs de gouvernement allemand, espagnol et italien, par visioconférence pour la plupart.

A Pau, les présidents s'étaient entendus pour resserrer les rangs et de concentrer leur action contre l'organisation Etat islamique dans la "zone des trois frontières" (Mali, Burkina, Niger) sous un commandement conjoint de la force française Barkhane et de la Force antijihadiste du G5 Sahel.

Depuis, la France a augmenté les effectifs de Barkhane de 500 militaires pour les porter à 5.100. Elle et ses partenaires ont multiplié les offensives dans la zone des trois frontières, revendiquant la "neutralisation" de centaines de jihadistes.

Autre succès enregistré: dans le nord du Mali, où les forces spéciales françaises, aiguillées par un drone américain, ont tué le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal.

Ces succès n'empêchent pas les groupes jihadistes d'étendre leur emprise au Burkina, qui s'enfonce dangereusement. Au Burkina, au Mali, au Niger, les accusations d'exactions contre les civils se multiplient contre les armées nationales.

La communauté internationale suit aussi avec préoccupation les évolutions politiques.

Au Burkina, des zones entières menacent d'être privées à la fin de l'année du scrutin présidentiel, qui risque donc d'être contesté. On élira aussi un nouveau président au Niger en 2020. Quant au Mali, son président est confronté à une contestation intérieure dont l'issue inquiète ses voisins ouest-africains et ses alliés.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé lundi pour un an la mission de plus de 13.000 Casques bleus au Mali.

Le vote a été l'occasion pour les Etats-Unis de dire que "la sécurité continue à se détériorer au Mali où les groupes terroristes étendent leur territoire, alimentent les conflits intercommunautaires et tuent qui bon leur semble". Ils s'en sont aussi pris à un "gouvernement complaisant".

Mort de 44 détenus au Tchad: une ONG dénonce des "mauvais traitements"

Les soldats tchadiens gardent des prisonniers dans la cour d'une prison de gendarmerie, Ndjamena, 13 février 2008. AFP PHOTO / PASCAL GUYOT

Quarante-quatre prisonniers morts en détention au Tchad en avril après une offensive contre le groupe jihadiste Boko Haram étaient de simples civils et ont succombé à des "mauvais traitements", asphyxiés dans une cellule exigüe, affirme une ONG locale, ce que dément lundi le gouvernement.

Mi-avril, les autorités avaient annoncé la mort de 44 détenus dans un centre de détention de la gendarmerie de la capitale, sur 58 "membres de Boko Haram" prisonniers.

Selon N'Djamena, ils avaient été capturés durant une vaste offensive de l'armée en représailles à une attaque du groupe jihadiste qui avait tué une centaine de soldats le 31 mars dans la presqu'île de Bohoma.

Cette dernière est située sur le lac Tchad, vaste étendue d'eau et de marécages truffée d'îles servant de repaires aux jihadistes, lesquels multiplient les attaques meurtrières.

Le parquet avait assuré qu'une autopsie avait décelé une substance "létale" dans le corps des victimes et le ministre de la Justice, Djimet Arabi, avait alors évoqué un possible "suicide collectif" par empoisonnement.

Une version rejetée par la Convention tchadienne des droits de l'Homme (CTDDH) dans un rapport daté de samedi.

Selon cette ONG, lors de cette opération de représailles, "l'armée tchadienne s'est livrée à toutes sortes d'exactions voire des atrocités" en exécutant systématiquement tous ses prisonniers, combattants ou civils soupçonnés d'aider Boko Haram.

A la fin de l'opération, commandée directement sur place par le président Idriss Déby Itno, le pouvoir avait annoncé la mort d'un millier de jihadistes et de 52 militaires mais n'avait pas évoqué de prisonniers.

"Les autorités s'étaient rendu compte trop tard qu'il n'y avait pas de prisonniers", commente l'ONG, pour qui l'arrestation de 58 hommes n'a été annoncée que cinq jours plus tard.

Il fallait donc "absolument trouver quelque chose pour faire croire à l'opinion nationale et internationale que l'armée tchadienne sait épargner les vies des prisonniers ennemis", écrit la CTDDH.

L'ONG affirme que ces 58 détenus étaient "des paysans et villageois arbitrairement arrêtés pour faire office de +prisonniers+", sur "instructions de dernière minute".

Selon la CTDDH, les 44 sont morts d'asphyxie, déshydratés après que les 58 détenus eurent été entassés sans nourriture ni eau dans une cellule de 6 mètres sur 3 quasiment sans aération, dans une chaleur dépassant parfois les 50 degrés.

"On ne donnera pas de crédit à un rapport qui ne répond aucunement à la réalité", a commenté lundi le ministre Djimet Arabi, interrogé par l'AFP.

Selon lui, les prisonniers étaient bien "membres de Boko Haram", et les autorités vont rendre public un rapport sur leur décès "dans les prochains jours".

Voir plus

XS
SM
MD
LG