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Tchad

Réflexion autour des ondes pour la Journée de la radio

Un speaker en arabe dialectal en plein journal à Radio FM Liberté de N'Djaména, au Tchad, le 13 février 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les professionnels de la radio marquent ce 13 février, la Journée mondiale de la radio, sous le thème central : les radios, vecteur de dialogue et de paix.

Au Tchad, les radios privées rencontrent beaucoup de difficultés du point de vue fonctionnement et traitement salarial des personnels.

Les temps sont durs, témoigne le président de la Haute autorité des média et de l’audiovisuel (HAMA) du Tchad, Dieudonné Djonabaye, qui vient d’effectuer une tournée dans les provinces du Tchad.

"Elles ont un seul studio, une seule console, un émetteur, un seul enregistreur. Parfois, les studios ne sont même pas insonorisés. Ne parlons même pas de téléphone parce que c’est un luxe", explique-t-il.

"Et dans ces radios, pas seulement les conditions techniques, les ressources humaines n’existent. Parfois vous trouvez deux ou trois personnes qui n’ont même pas de traitement salarial."

A gauche, Djekourninga Kaoutar Lazare directeur de la radio FM Liberté et son équipe, au Tchad, le 13 février 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
A gauche, Djekourninga Kaoutar Lazare directeur de la radio FM Liberté et son équipe, au Tchad, le 13 février 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Lazare Djékourninga Kaoutar, ex-secrétaire général de l’Union des radios privées du Tchad et directeur de Radio FM Liberté, ainsi que Diane Néloumal Koïdéré, PDG de la Radio Oxygène énumèrent, eux aussi, au micro de VOA Afrique, quelques difficultés que leurs entreprises rencontrent dans leur fonctionnement.

"Si on prend la ville de ville de N’Djamena, quand bien même il y a la société nationale d’électricité, vous pouvez passer deux à trois jours sans avoir de l’électricité", soulignent-ils.

"La chose suivante, c’est l’entretien ou la maintenance de nos dispositifs de diffusion, les émetteurs et les amplificateurs. On n’a pas des techniciens qualifiés pour les réparer en cas de panne. Il y a de cela deux ans, on était à peu près 32 radios privées, mais aujourd’hui, il y a beaucoup qui ont fermé leurs portes", ajoutent-ils.

Les deux responsables se questionnent : "Est-ce que les radios privées auront la possibilité de basculer au tout numérique ? Là aussi, ça nous inquiète, on risque de disparaitre en tant que radio. La radio vit de ses propres moyens, on n’a pas de partenaires, donc c’est difficile. On a des problèmes avec notre émetteur. Comme c’est grillé, on nous demande de l’envoyer au laboratoire en France, et ils nous disent ce qu’on peut faire. C’est dur. La nuit, je ne dors pas comme avant parce que je ne veux pas laisser tomber la radio".

Rassou Gagué, auditeur des radios locales connu pour son franc parler, lance un appel au gouvernement pour ramener le fond d’aide à la presse suspendu il y a quatre ans, afin de donner une bouffée d’oxygène aux radios privées, qui risquent de fermer leurs portes sous peu.

"Vous savez, l’aide à la presse ne vient pas. Ça permet même de recycler les journalistes de ces organes, parce qu’il ne faut pas rester cinq ans, dix ans, sans formation. Le grand problème aussi, c'est l’accès à l’internet, une vraie galère. Le journaliste d’une radio privée est comme un combattant qui va à la guerre sans armes, c’est un parcours du combattant", lance-t-il.

Le président de la HAMA, Dieudonné Djonabaye, a révélé que l’institution qu’il dirige et les responsables des médias sont en pourparlers afin d’adopter une nouvelle stratégie pour persuader certains partenaires à accorder des subventions aux organes de presse.

Dieudonné Djonabaille président de la HAMA, au Tchad, le 13 février 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Dieudonné Djonabaille président de la HAMA, au Tchad, le 13 février 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

"Si vous avez une subvention de 100 millions à partager entre 30 ou 35 journaux, vous avez une soixantaine de radios, vous allez privilégier lesquelles ? Voilà les difficultés. Mais nous sommes en train de réfléchir sur comment amener les communes qui sont un peu nanties à accorder la subvention à ces radios", plaide-t-il.

Certains journalistes des radios privées du Tchad sont très mal traités du point de vu salarial. Mais compte tenu de la précarité de l’emploi, ils refusent de se prononcer sur cette situation, de peur d’être licenciés par leurs patrons.

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"Journée sans radio" dans la capitale tchadienne

"Journée sans radio" dans la capitale tchadienne
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Une journée sans radio à N’Djamena

Grève des journalistes des radios privées au Tchad, le 1er décembre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Une quarantaine des radios privées sont en grève mardi au Tchad, une journée qui marque la date anniversaire de la prise du pouvoir par le régime actuel. Cette décision fait suite aux agissements de la police nationale vendredi dernier contre des journalistes des médias privés.

Une journée sans radio pour protester contre la violation des locaux de trois radios privées à N’Djamena et l’interdiction d’accès à la maison des médias du Tchad, une structure mise en place par les organisations professionnelles des médias. Vendredi, les journalistes de ces médias ont été brutalisés dans leurs lieux de travail, séquestrés et arrêtés avant d’être libérés.

Selon les responsables du service de sécurité, c’est une confusion de la part des éléments de la police qui cherchaient les organisateurs d'un forum citoyen interdit par le gouvernement.

Pour Leubnoudji Tah Nathan, secrétaire exécutif du réseau des journalistes reporters tchadiens, il s'agit d’une "tentative de musèlement de la presse".

Cependant la Haute autorité des médias et de l’audiovisuel qualifie la décision de la journée sans radio "d’extrémiste" et invite les radios privées à vaquer à leurs activités.

Une quarantaine de radios sur l’ensemble du pays observent ce mot d’ordre du bureau exécutif de leur organisation, affirme à VOA Afrique, Valery Djogmbaye, directeur par intérim de la radio Nada +, situé à Moundou, capitale économique du Tchad.

"Le président Déby avait dit en décembre 1990 qu’il ne nous apporte ni or, ni argent mais la liberté et donc il faudrait que cela soit traduit dans les faits. Mais à la veille de la journée de la liberté et de la démocratie, on nous bombarde avec des gaz lacrymogènes, c’est impensable. Nous ne pouvons pas tolérer ce genre de comportement", a-t-il déploré.

Le président de l’Union des journalistes tchadiens, Abbas Mahamoud Tahir, soutient la journée sans radio et appelle les journalistes à être solidaires dans leur lutte.

Il informe que le directeur général adjoint de la police nationale a exprimé sa désolation suite à cet incident.

"Nous allons continuer à demander plus de respect, plus de protection et de sécurité des journalistes et donc il faut qu’on soit solidaire pour défendre notre métier", a indiqué le président de l’UJT.

Sosthène Mbernodji, coordonnateur du Mouvement citoyen pour la préservation des libertés, soutient aussi cette action.

"Le peuple tchadien a été témoin le vendredi 27 novembre 2020, des graves violations des droits de l’homme au sein de la radio FM Liberté", une station partenaire de VOA Afrique qui fait la promotion de la démocratie.

La direction générale de la police nationale refuse tout commentaire pour le moment.

"Journée sans radio" à N'Djaména

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Heurts mortels en marge de la prière pour la paix au Tchad

Journée de la prière pour la paix au Tchad à N’Djamena, le 30 novembre 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, la 11e journée de prière pour la paix a été célébrée samedi et dimanche à N’Djamena. La journée coïncide avec le 62e anniversaire de l'indépendance, terni par un conflit éleveurs-agriculteurs qui a fait une trentaine de morts dans la province du Mayo-Kebbi Est, dans le sud du pays.

Les responsables de trois confessions religieuses notent avec regret et tristesse que la veille de la célébration de cette journée soit marquée par les conflits sanglants entre des agriculteurs et des éleveurs dans une partie du pays.

Suite à la dévastation des champs des agriculteurs, le conflit s’est soldé avec la mort de plusieurs personnes et des dégâts matériels.

"Nous manquerons gravement à notre devoir de religieux si nous ne dénonçons pas ce fait qui prouve que le défi de la recherche de paix est de taille et nous sommes tous interpellés", a déclaré Abbé Romain Guelbé, coordonnateur de la plateforme interconfessionnelle.

La plateforme dénonce également les menaces qui planent sur les moyens de communication et le bras de fer entre le pouvoir et les partis politiques de l’opposition.

Une crise politique qui nait après l’annonce de l’organisation d’un forum citoyen par les forces vives qui ne se reconnaissent pas dans les résolutions du 2e forum national inclusif organisé par le pouvoir.

Répondant aux religieux, le président Idriss Déby Itno accuse les acteurs politiques et de la société civile de vouloir diviser les tchadiens pour des intérêts égoïstes.

"Ca fait 11 ans que nous prions ensemble, on aurait dû passer à une autre étape de brassage des Tchadiens", a déclaré le président Déby. "Tous ceux qui seront impliqués répondront devant la justice. Car, force va rester à la loi", a-t-il averti.

Maréchal Idriss Déby Itno, président du Tchad, à N’Djamena, le 30 novembre 2020.
Maréchal Idriss Déby Itno, président du Tchad, à N’Djamena, le 30 novembre 2020.

La déclaration n'a pas convaincu le député Tchombi Getna Kami, qui représente le département de la Kabia, province du Mayo-Kebbi Est.

Tout en appréciant l’initiative du président Déby de faire appliquer la loi en vigueur, le député Tchombi se dit pessimiste quand à l’aboutissement du dossier. Il souhaite qu’un un pool d'avocats soit constitué pour faire avancer le dossier.

Vu la lenteur judiciaire, Toubou Mahamat Bakhit, président de l’Union nationale des jeunes étudiants chrétiens et musulmans des universités du Tchad, propose qu’un comité spécial soit mis en place au niveau de la justice pour gérer cette affaire.

"Si tu as un problème, mieux vaut l’exposer au grand marché que d’aller à la justice, puisqu’avec la lenteur judiciaire tu n’auras pas de solution", dit-il, en citant un adage tchadien.

Toubou Mahamat Bakhit à N’Djamena, le 30 novembre 2020.
Toubou Mahamat Bakhit à N’Djamena, le 30 novembre 2020.

Il propose au chef de l’Etat de mettre sur pied un comité de 90 jours composé des différents acteurs avec à la tête un juriste crédible pour arriver à une justice équitable. Ces gens ont tout perdu et il ne faut pas traîner le pas, a-t-il dit.

Deux cantons situés dans le département de la Kabia, province du Mayo Kebbi Est, dans le Sud du Tchad sont touchés par ce conflit.

Selon le bilan officiel, 36 personnes ont été tuées alors que des sources indépendantes évoquent une cinquantaine de morts, cinq villages incendiés, des milliers de têtes de bétail et des personnes disparues et plus de 70 arrestations.

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