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45 militaires et civils tués par des jihadistes dans une zone "libérée" en Irak


Les forces mobilisées populaire Shi'ite (PMF) se rassemblent après avoir libéré la ville de Hawija, Irak, le 5 octobre 2017.

Deux mois après l'annonce de la reprise du bastion jihadiste de Hawija, dans le nord de l'Irak, les forces de sécurité irakiennes font toujours état de morts --civils et militaires-- abattus par des jihadistes terrés dans des zones montagneuses.

Les troupes gouvernementales ont chassé début octobre l'organisation Etat islamique (EI) de son dernier fief urbain d'Irak, Hawija, à environ 300 km au nord de Bagdad.

Cependant, depuis cette date, "au moins 45 membres des forces de sécurité et civils ont été tués dans des attaques de l'EI", a assuré à l'AFP un officier de haut rang de la police dans la province de Kirkouk, où se trouve Hawija.

En outre, "l'armée, la police et les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi ont tué 288 jihadistes et en ont arrêté 55 autres".

Pour Sarmad al-Bayati, expert militaire irakien, la présence de jihadistes "représente toujours une menace réelle pour la région". Terrés la journée, "ils ont le contrôle total de certaines zones la nuit".

Ils sont "environ 3.000 forces de sécurité dans une zone de 18.000 kilomètres carrés", note l'expert irakien des mouvements jihadistes Hicham al-Hachémi. Un nombre qui ne leur permet pas de contrôler un tel territoire, plus grand que le Koweït, ajoute ce spécialiste.

Toutefois, affirme M. Bayati à l'AFP, "ils mènent toujours des attaques et des enlèvements et à cause de cela, de nombreux déplacés refusent de rentrer chez eux".

En effet, explique de son côté le haut-gradé de la police sous le couvert de l'anonymat, "l'opération de libération de Hawija s'est concentrée sur la ville et les axes routiers principaux".

Face à l'avancée des blindés et des troupes, "une partie des jihadistes se sont rendus" et une autre partie "s'est dirigée vers les monts Hamrine, leurs vallées, leurs tunnels, leurs zones boisées et autres caches naturelles", poursuit cet officier.

Dans ces zones, affirme de son côté à l'AFP un général de l'armée, "ces combattants locaux n'ont plus d'autre choix que la fuite jusqu'à la mort".

Ces jihadistes conservent toutefois un pouvoir de nuisance local, assure-t-il sous le couvert de l'anonymat, et "menacent des habitants ayant des proches dans les forces de sécurité ou qui fournissent des informations aux troupes. Ils en ont déjà tué plusieurs".

Lundi, le général Ali Omrane, commandant des opérations dans la province de Kirkouk, avait indiqué que sept combattants de l'EI avaient été abattus après des attaques ayant fait six morts dans les rangs du Hachd al-Chaabi, dont un haut commandant et son fils.

La veille, un officier de haut rang rapportait à l'AFP qu'un chef de tribu commandant un groupe de combattants ainsi que son épouse avaient été tués à un faux barrage érigé par des jihadistes sur la route reliant Kirkouk à Hawija.

Le 9 décembre, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi avait proclamé "la fin de la guerre" entamée en 2014 pour éliminer l'EI du pays, une annonce de victoire prématurée pour les experts.

Avec AFP

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