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Nigeria

Plus d'une centaine d'enfants torturés et violés dans une école coranique

Enfants enlevés par les islamistes, après leur libération, Dapchi, Nigeria, 21 mars 2018.

Le Nigeria a découvert avec effroi vendredi l'existence d'une école coranique à Kaduna dans le nord du pays, où de nombreux garçons, dont des mineurs, étaient victimes de torture et de viol, avant d'être secourus par la police.

Lors d'une descente menée jeudi soir dans une maison du quartier Rigasa, la police de Kaduna a découvert des élèves et étudiants de "nationalités différentes" enfermés et enchaînés dans ce que les médias appellent désormais "la maison de l'horreur". Le bilan vérifié par VOA Afrique confirme la libération de 190 enfants.

Les responsables de l'établissement les faisaient vivre dans "des conditions inhumaines et dégradantes sous couvert de leur apprendre le Coran et de les redresser", pédagogiquement expliqué le porte-parole de la police de l'Etat de Kaduna, Yakubu Sabo. Le propriétaire de l'établissement et ses six assistants ont été arrêtés, a-t-il précisé.

"Nous avons trouvé une centaine d'étudiants, dont des enfants de neuf ans à peine, enchaînés dans une petite pièce, dans le but de les corriger et de les responsabiliser", a déclaré M. Sabo. "Les victimes ont été maltraitées. Certaines d'entre elles ont déclaré avoir été violées par leurs professeurs", a déclaré Sabo.

Sur les quelques photos diffusées dans la presse nigériane, on voit un enfant avec le dos couvert de plaies à vif, visiblement causées par des coups de fouet, un autre aux pieds enchaînés à des barres de fer, et une foule de jeunes garçons entassés dans une cour insalubre.

La police a également trouvé une "chambre de torture", où des élèves étaient suspendus à des chaînes et battus lorsque les enseignants estimaient qu'ils avaient commis une faute.

Le raid policier a été lancé suite à des plaintes répétées de voisins qui se doutaient que quelque chose d'anormal se passait à l'intérieur de l'école.

"Les victimes étaient de nationalités différentes et deux d'entre elles ont déclaré lors de leur interrogatoire qu'elles avaient été amenées par leurs parents du Burkina Faso", a ajouté le porte-parole.

'Punitions sévères'

L'un d'entre eux cité par plusieurs journaux locaux, Bello Hamza, a affirmé qu'il devait partir étudier les mathématiques en Afrique du Sud lorsque sa famille l'amené dans "la maison de l'horreur", il y a trois mois.

"Ils prétendent nous enseigner le Coran et l'islam, mais ils font beaucoup de choses ici. Ils obligent les plus jeunes à avoir (des rapports) homosexuels", a-t-il témoigné. "Ceux qui ont tenté de s'échapper d'ici ont écopé de punitions sévères: on les attachait et les suspendait au plafond".

"Au cours de mon court séjour ici, quelqu'un est mort des suites des tortures. D'autres étaient morts avant à cause de problèmes de santé et des tortures. Ils nous donnent une nourriture très pauvre et nous ne mangeons que deux fois par jour", a raconté Bello Hamza.

L'école, ouverte il y a une dizaine d'années, hébergeait des étudiants amenés par leur famille pour leur apprendre le Coran mais surtout remettre dans le droit chemin des petits délinquants, ou consommateurs de drogues.

Le nord du Nigeria, majoritairement musulman, accueille un grand nombre de "maisons de correction" plus ou moins formelles dispensant un enseignement religieux strict.

Les parents de certaines victimes originaires de Kaduna, convoqués par la police, ont été "choqués et horrifiés" quand ils ont vu l'état de leurs enfants, car ils n'avaient aucune idée de ce que qu'ils vivaient, selon le porte-parole. Ils apportaient régulièrement de la nourriture à leurs enfants et étaient autorisés à les voir une fois tous les trois mois.

"Ils n'étaient pas autorisés à entrer dans la maison pour voir ce qui se passait, les enfants étaient amenés à l'extérieur pour les rencontrer un bref instant", a précisé M. Sabo.

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Retour à Bamako de l'envoyé spécial ouest-africain Goodluck Jonathan

L'ancien dirigeant nigérians Goodluck Jonathan salue la foule à Abuja, Nigeria, le 29 mai 2015. REUTERS/Afolabi Sotunde

L'envoyé spécial des pays ouest-africains au Mali, l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, est arrivé lundi à Bamako pour assister à la prestation de serment des nouveaux membres de la Cour constitutionnelle et rencontrer divers acteurs de la crise que traverse ce pays.

Après avoir assisté à la prestation de serment des nouveaux membres de la Cour constitutionnelle, M. Goodluck Jonathan devrait rencontrer l'imam Mahmoud Dicko, figure de proue du mouvement qui conteste le pouvoir au Mali, selon un de ces proches.

Il doit aussi recevoir une délégation de la société civile malienne. Par ailleurs, l’ancien président nigérian se rendra mardi à Nioro, dans le nord-ouest, pour y rencontrer le chérif Bouyé Haïdara, le mentor de l'imam Mahmoud Dicko.

La médiation de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) n'a jusqu'ici pas réussi à mettre fin à la crise politique au Mali. La contestation a d’ailleurs prévu, mardi, de nouvelles manifestation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta, malgré la mise en place d’une nouvelle Cour constitutionnelle.

​Les 9 nouveaux membres de cette cour ont été nommés vendredi conformément aux recommandations de la Cédéao fin juillet pour tenter sortir le pays de la crise politique.​

La formation d'une nouvelle Cour constitutionnelle était une des recommandations de la CEDEAO pour sortir de la crise.

L'ancienne cour est considérée comme ​l'un des éléments déclencheurs de la crise politique actuelle, après qu'elle ait invalidé fin avril une trentaine de résultats des élections législatives de mars-avril, dont une dizaine en faveur de la majorité du président Keïta, élu pour la première fois en 2013, puis réélu en 2018.

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