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Plus de 220 morts après un tsunami "volcanique" en Indonésie

Maison endommagée par un tsunami à Carita, en Indonésie, le 23 décembre 2018.

Plus de 220 personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées lorsqu'un tsunami provoqué par une éruption volcanique a soudain déferlé sur les plages du détroit indonésien de la Sonde, ont annoncé dimanche les autorités en disant craindre un bilan encore plus lourd.

Des centaines de bâtiments ont été emportés par les vagues, qui ont déferlé sur les côtes méridionales de Sumatra et l'extrémité occidentale de Java aux alentours de 21h30 samedi (14h30TU). La vague a surgi après l'éruption du volcan connu comme "l'enfant" du légendaire Krakatoa, l'Anak Krakatoa, selon Sutopo Purwo Nugroho, le porte-parole de l'agence nationale de gestion des catastrophes.

La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a estimé que ces "puissantes vagues" avaient atteint entre 30 et 90 centimètres de haut.

"222 personnes sont mortes, 843 blessées et 28 personnes sont portées disparues", a déclaré le porte-parole. Il a prévenu que "ce nombre devrait encore augmenter", les autorités n'ayant pas encore d'informations sur certaines localités touchées. Les communautés des petites îles du détroit de la Sonde pourraient être les plus touchées par le tsunami", selon l'ONG Oxfam.

Les autorités avaient dans un premier temps déclaré que la vague n'était pas un tsunami mais une simple marée montante et avaient appelé la population à ne pas céder à la panique. "C'était une erreur, nous sommes désolés", a admis ensuite M. Nugroho.

Les secouristes recherchaient fébrilement des survivants dans les débris.

Des images vidéo spectaculaires diffusées sur les réseaux sociaux montrent une vague géante qui s'abat sur un concert en plein air donné par le groupe pop Seventeen. Ses membres sont projetés hors de la scène par la vague.

Les tsunamis déclenchés par les éruptions volcaniques, qui provoquent un déplacement d'eau, sont relativement rares.

A la différence des vagues consécutives à des séismes, la proximité du volcan avec la côte a donné très peu de temps aux autorités pour réagir, selon le professeur David Rothery de l'Open University (Royaume-uni).

"Les balises pour détecter les tsunamis sont placées de façon à déceler les tsunamis créés par les séismes au niveau de la frontière entre les plaques tectoniques", a-t-il dit, "Même s'il y avait eu un tel dispositif à côté de l'Anak Krakatoa, le volcan est si proche du littoral que l'alerte aurait donné très peu de temps pour réagir, vu la vitesse à laquelle ces vagues se déplacent".

- Courir vers la forêt -

Sur des images des régions côtières, on voit des arbres déracinés. La vague a déversé un amoncellement de détritus, plaques de toitures en ferraille ou morceaux de bois, sur la plage de Carita, un site touristique populaire de Java.

Le photographe Oystein Andersen a raconté sur Facebook qu'il prenait des photos du volcan à Java quand le tsunami a frappé. "J'ai soudain vu une grosse vague. J'ai dû courir, car la vague a déferlé sur la plage, submergeant les terres sur 15 à 20 mètres. La vague suivante est entrée dans le périmètre de l'hôtel où je me trouvais".

Asep Pergangkat, qui a fui la plage de Carita samedi soir avec sa famille, a décrit des voitures "traînées sur dix mètres". "Les bâtiments en bord de plage ont été détruits, des arbres et des poteaux électriques sont tombés par terre", a-t-il dit à l'AFP. "Tous ceux qui sont en sécurité ont couru vers la forêt".

L'impact de la vague a été particulièrement sévère dans le district de Pandeglang, à Java, selon les premiers bilans.

L'Union européenne a offert d'apporter "toute l'assistance nécessaire" à l'Indonésie, indiquant que "les experts humanitaires de l'UE se tenaient prêts à être envoyés sur place" et que le programme européen Copernicus pour la surveillance de l'environnement "a été activé".

- Epais panache -

Selon le Centre indonésien de volcanologie, Anak Krakatoa montrait des signes d'activité renforcée depuis une semaine. Une éruption survenue peu avant 16H00 samedi avait duré environ 13 minutes.

L'Anak s'est formé aux alentours de 1928 dans la caldeira du légendaire Krakatoa, qui avait connu en 1883 un épisode catastrophique. Une immense colonne de fumée, de pierres et cendres s'était dressée dans le ciel à 20 km de hauteur, plongeant la région dans l'obscurité et déclenchant un puissant tsunami. Environ 36.000 personnes avaient trouvé la mort.

L'Anak est l'un des 127 volcans actifs d'Indonésie.

L'Indonésie, un archipel de 17.000 îles et îlots qui s'est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique et d'éruptions volcaniques.

Fin septembre, un tsunami provoqué par un tremblement de terre de magnitude 7,5 avait dévasté la ville de Palu et ses environs, dans les Célèbes, faisant des milliers de morts.

En 2004, un tsunami consécutif à un séisme de 9,3 au large de Sumatra avait provoqué la mort de 220.000 personnes sur les côtes de l'océan Indien, dont 168.000 en Indonésie.

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Hong Kong: l'activiste Joshua Wong condamné à 13 mois de prison

Les militants pro-démocratie (de g. à dr.) Agnes Chow, Ivan Lam et Joshua Wong au tribunal West Kowloon Magistrates Court à Hong Kong, le 23 novembre 2020.

Joshua Wong, l'une des figures les plus connues de la contestation à Hong Kong, et deux autres célèbres militants ont été condamnés mercredi à des peines d'emprisonnement pour leur rôle dans les manifestations de l'an passé.

M. Wong, 24 ans, a été condamné à 13 mois et demi de prison. Ses camarades Agnes Chow et Ivan Lam ont été condamnés respectivement à dix et sept mois de détention pour avoir manifesté devant le quartier général de la police hongkongaise.

"Ce n'est pas la fin du combat", pouvait-on lire sur le compte Twitter de M. Wong, quelques minutes après la décision du tribunal.

"Nous rejoignons maintenant la lutte en prison aux côtés de nombreux manifestants courageux, moins visibles mais essentiels dans le combat pour la démocratie et la liberté de Hong Kong", a-t-il affirmé.

Lors du procès, le 23 novembre, M. Wong et les deux autres dissidents, tous deux âgés de 26 ans, avaient plaidé coupable.

"Les accusés ont appelé les manifestants à assiéger le quartier général (de la police de Hong Kong) et scandé des slogans hostiles à la police", a déclaré la magistrate Wong Sze-lai.

"La détention immédiate est l'option la plus appropriée", a-t-elle affirmé.

Mme Chow a éclaté en sanglots à l'énoncé de sa condamnation. Elle n'a jamais fait de prison, à l'inverse de M. Wong, qui a commencé à militer à 13 ans, et de M. Lam.

Pour Nathan Law, un autre célèbre jeune militant qui a fait de la détention avant de s'enfuir en juillet pour Londres, l'emprisonnement ne va pas les amoindrir.

"Je crois qu'ils continueront à être très importants pour Hong Kong à l'avenir", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a appelé sur Twitter "les autorités à Hong Kong et à Pékin à mettre un terme à leur campagne visant à étouffer l'opposition".

Amnesty International a critiqué ces condamnations, estimant qu'elles criminalisent des opinions politiques.

David contre Goliath

Le gouvernement pro-Pékin de Hong Kong a réagi en soulignant que les trois militants avaient plaidé coupable et que même si l'ex-colonie britannique respectait la liberté d'expression, "cette liberté n'était pas absolue".

Tous trois sont des figures de la lutte politique dans un combat qui est souvent comparé à celui de David contre Goliath, un petit territoire de près de 7,5 millions d'habitants contre le pays le plus peuplé au monde avec 1,39 milliard d'habitants.

C'est adolescents que les deux garçons et la jeune fille ont pris part au mouvement pro-démocratie, s'engageant dès 2012 dans la bataille -gagnée- contre l'introduction de cours de patriotisme chinois.

Deux ans plus tard, ils avaient joué un rôle de premier plan dans le "Mouvement des Parapluies", qui réclamait un véritable suffrage universel à Hong Kong, sans obtenir la moindre concession de Pékin.

Les manifestants avaient occupé le centre de la ville pendant 79 jours, ce qui avait valu à certains des peines d'emprisonnement.

En juin 2019, un nouveau mouvement de contestation né d'un projet de loi largement décrié autorisant les extraditions vers la Chine, voyait le jour. Sans véritable leader, il a été marqué par sept mois de manifestations quasi quotidiennes.

M. Wong et Mme Chow ont pris part à certaines manifestations mais ont surtout mis à profit leur notoriété pour faire pression en faveur de sanctions internationales, suscitant la fureur de Pékin, les médias chinois n'hésitant pas à les qualifier de traîtres.

Une poignée de partisans du gouvernement hongkongais a bu mercredi du vin pétillant devant le tribunal, après l'annonce de ces condamnations.

Des personnes venues soutenir les trois jeunes condamnés ont crié des slogans en faveur de la démocratie au moment du passage des fourgons pénitentiaires.

Presque toutes les manifestations ont été interdites depuis le début de l'année par les autorités hongkongaises.

Plus de 10.000 personnes ont été arrêtées au cours des 18 derniers mois et la plupart des principales figures de l'opposition sont l'objet de poursuites judiciaires.

Fin juin, Pékin a imposé une loi draconienne sur la sécurité nationale, qui interdit l'expression de certaines opinions politiques.

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Le Premier ministre australien condamne un tweet "scandaleux" de la diplomatie chinoise

Le premier ministre australien, Scott Morrison, lors d'une conférence à Sydney, 28 février 2020.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a dénoncé lundi avec colère un tweet "scandaleux" émanant d'un porte-parole du gouvernement chinois et a demandé à Pékin de présenter formellement ses excuses.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a suscité l'indignation en postant une mise en scène dans laquelle un homme, habillé en soldat australien, tient un couteau plein de sang contre la gorge d'un enfant afghan.

L'illustration controversée est le travail d'un artiste chinois du nom de Wuheqilin, qui s'était fait connaître par ses créations pro-Pékin lors des manifestations à Hong Kong l'an dernier.

L'affaire intervient quelques jours après la publication d'un rapport sur des crimes de guerre qui auraient été commis par des soldats australiens en Afghanistan entre 2005 et 2016.

M. Morrison a qualifié ce tweet, qui provient d'un compte officiel du gouvernement chinois, "d'insulte scandaleuse et dégoûtante" à l'encontre des forces armées australiennes, et a appelé Twitter à le supprimer.

"Il est scandaleux et ne peut être justifié sur quelque base que ce soit. Le gouvernement chinois devrait avoir honte de cette publication", a déclaré Scott Morrison à propos de ce tweet qui a suscité des milliers de réactions en quelques heures.

"Cela ne (le) grandit pas aux yeux du monde entier", a-t-il ajouté.

Dans son tweet, le porte-parole du gouvernement chinois se dit "choqué par les meurtres de civils et de prisonniers afghans (perpétrés) par des soldats australiens".

"Nous condamnons fermement de tels actes et nous demandons qu'ils en soient tenus responsables", ajoute Zhao Lijian.

Invitée à réagir à cette polémique, sa collègue et porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying, a estimé devant la presse que "le gouvernement australien devrait avoir honte" des actes de ses soldats en Afghanistan.

L'Australie doit "présenter [...] des excuses officielles au peuple afghan", a-t-elle jugé.

Cette affaire est le dernier exemple d'un nouveau type de communication agressive de Pékin envers les pays étrangers.

Depuis l'an dernier, de nombreux diplomates ont investi Twitter (pourtant bloqué en Chine), où ils défendent parfois avec véhémence et controverse la position de leur gouvernement.

En mars déjà, Zhao Lijian avait provoqué une vive polémique en suggérant que des militaires américains avaient pu apporter le nouveau coronavirus en Chine, où il est apparu à la fin de l'an dernier.

Les relations entre Canberra et Pékin n'ont cessé de se détériorer au cours des derniers mois après que le gouvernement australien a réclamé une enquête sur l'origine du Covid-19.

La Chine, premier partenaire commercial de l'Australie, a annoncé vendredi l'imposition de lourdes surtaxes compensatoires sur le vin australien en raison d'un dumping supposé, dernière en date d'une série de sanctions économiques contre les intérêts de Canberra.

Le président de la Bourse de Tokyo démissionne après une panne

Un écran montre l'indice des cours boursiers après la cérémonie d'ouverture du Nouvel An à la Bourse de Tokyo (TSE) au Japon, le 6 janvier 2020.

L'opérateur de la Bourse de Tokyo a annoncé lundi que le président de celle-ci avait démissionné, endossant la responsabilité de la panne qui a paralysé les échanges de l'une des plus importantes places mondiales pendant une journée entière en octobre.

Toutes les transactions avaient été bloquées avant même l'ouverture, le 1er octobre dernier, par un incident matériel qui a causé une perturbation de la transmission des informations du marché, avec des conséquences également pour d'autres places japonaises.

Le président de la Bourse de Tokyo, Koichiro Miyahara, "a pris très au sérieux sa responsabilité" dans la panne du système d'échange, a écrit l'opérateur de la place, le Japan Exchange Group (JPX), dans un communiqué.

M. Miyahara "a demandé à démissionner de son poste de président et directeur général de la Bourse de Tokyo et de toutes ses autres responsabilités dans le groupe, à compter du 30 novembre", peut-on encore lire dans le document.

Le patron de JPX, Akira Kiyota, restera à son poste mais verra son salaire réduit de moitié pour une durée de quatre mois, ajoute le communiqué. Il assurera temporairement les responsabilités du patron démissionnaire.

L'agence japonaise des services financiers avait sommé la Bourse de Tokyo et son opérateur d'améliorer le fonctionnement de la place nippone après l'incident.

JPX est le troisième plus important opérateur au monde en termes de capitalisation totale des entreprises cotées, derrière le New York Stock Exchange et le Nasdaq, selon la Fédération mondiale des Bourses de valeurs (WFE).

La capitalisation boursière des titres de JPX représentait 5100 milliards de dollars (4600 milliards de francs suisses) en mars. Environ 3000 milliards de yens (26 milliards de francs suisses) de titres s'y échangent en moyenne chaque jour.

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