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Plus de 200 arrestations, vives tensions entre Noirs et policiers aux États-Unis


La police de Dallas s'est réuni au centre-ville après le meurtre de cinq policiers lors d'une marche de paix à Dallas, Texas, le 8 juillet 2016.
La police de Dallas s'est réuni au centre-ville après le meurtre de cinq policiers lors d'une marche de paix à Dallas, Texas, le 8 juillet 2016.

Les forces de l'ordre américaines ont procédé à plus de 200 interpellations dans plusieurs villes lors de manifestations dans la nuit de samedi à dimanche, dans un contexte de vives tensions entre Noirs et policiers.

Ces arrestations sont intervenues 48 heures après qu'un ancien soldat noir a ouvert le feu sur des policiers de Dallas, tuant cinq d'entre eux et en blessant sept autres.

Mais les manifestants qui se sont rassemblés samedi soir voulaient eux rendre prioritairement hommage aux Noirs abattus par des policiers, après deux décès emblématiques, en Louisiane et dans le Minnesota, filmés par des témoins. Ces vidéos ont été visionnées des millions de fois sur internet et ont choqué l'opinion publique.

L'un de ces deux homicides s'est déroulé sur une route de Saint Paul, lors d'un banal contrôle routier. Philando Castile, un employé de cantine scolaire de 32 ans, a été mortellement blessé mercredi par plusieurs balles, sous les yeux de sa compagne et de la fillette de celle-ci. Le policier qui a tiré a justifié sa réaction par le fait que Castile avait une arme dans sa voiture.

Un total de 21 agents maintenant l'ordre dans cette ville du Minnesota ont été blessés dans la nuit de samedi à dimanche, ont indiqué les autorités, quand une manifestation a dégénéré, les participants jetant des pierres et refusant d'évacuer un axe routier. Un total de 102 personnes ont été interpellées.

"Cela n'a rien à voir avec le deuil, cela n'a rien à voir avec une manifestation, cela s'appelle une émeute, cela s'appelle de la violence", a déclaré le maire de Saint Paul, Chris Coleman. "Nous ne tolèrerons pas ce genre de violences inqualifiables".

Tolérance zéro

"Les manifestants se sont transformés hier soir en délinquants. Je suis littéralement révolté par les actes de certains d'entre eux. Nous ne l'accepterons pas", a prévenu pour sa part le chef de la police de la ville, Todd Axtell.

Une autre manifestation tendue s'est déroulée à Baton Rouge, ville de Louisiane où un Noir, vendeur de CD à la sauvette, a été plaqué au sol par deux policiers avant d'être abattu mardi à bout portant. Plus de 100 personnes ont été interpellées selon la presse locale citant la police.

Lors de ce rassemblement, Deray McKesson, une figure du groupe "Black Lives Matter" (les vies des Noirs comptent), mouvement à la pointe des dénonciations des bavures policières à l'encontre des Noirs, a filmé sa propre arrestation via l'application Periscope.

"La police nous a provoqués toute la nuit", a affirmé ce militant très actif sur les réseaux sociaux. "Nous ne bloquons pas la rue ni rien d'autre", ajoute-t-il dans une vidéo où on entend des manifestants, suivis par des policiers, scander: "Pas de justice, pas de paix, police raciste".

Puis l'image disparaît brutalement et on entend: "Police. Vous êtes en état d'arrestation, ne vous débattez pas".

Le même climat d'incompréhension régnait à Dallas, où Barack Obama doit se rendre en début de semaine. Le président américain a appelé le pays à s'unir autour de ses valeurs fondatrices de tolérance et de respect.

Nervosité ambiante

Le tireur "dément" qui a endeuillé jeudi soir cette grande ville du Texas ne représente ni les Noirs américains, ni "l'esprit avec lequel nous devons aller de l'avant", a dit M. Obama.

Cet homme, un ancien soldat nommé Micah Johnson, avait "d'autres projets dévastateurs", a révélé dimanche le chef de la police de la ville, au vu de l'arsenal de guerre retrouvé chez lui.

La police a saisi à son domicile à Mesquite, dans la banlieue de Dallas, du matériel pour fabriquer des bombes, des fusils, des munitions, et un carnet de tactiques de combat.

Signe de la nervosité qui continue à régner, le quartier général de la police de Dallas a été mis en alerte pendant quelques heures samedi après avoir reçu une menace contre ses fonctionnaires. Les recherches n'ont toutefois rien donné.

"Le département de la police de Dallas a reçu une menace anonyme contre les forces de l'ordre dans toute la ville et a pris des mesures préventives" pour renforcer la sécurité, indiquait le communiqué envoyé samedi aux médias.

Des hommes de l'unité d'élite de la police SWAT ont été déployés autour du principal bâtiment de la police, selon des médias locaux.

Avec AFP

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