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Perpétuité pour des parents tortionnaires


David Turpin (D) et son épouse Louise (G) au tribunal de Riverside en Californie, 18 avril 2019.

Des parents ont été condamnés en Californie à la réclusion à perpétuité pour avoir infligé pendant des années des actes de torture à douze de leurs treize enfants.

David Turpin, 57 ans et son épouse Louise, 50 ans, pourront demander une libération anticipée dans 25 ans, a précisé le tribunal de Riverside, en Californie.

Le couple avait plaidé coupable en février de 14 chefs d'accusation, dont torture et séquestration.

Deux de leurs enfants ont assisté à l'annonce du verdict le 18 avril et prononcé des déclarations poignantes. "Mes parents m'ont volé ma vie, mais je l'ai récupérée", a ainsi déclaré leur fille aînée.

"Je ne peux pas décrire avec des mots ce que nous avons traversé en grandissant", a poursuivi un de ses frères. "Parfois j'ai encore des cauchemars liés à cette période, avec mes sœurs enchaînées par exemple.

Le couple leur a présenté des excuses. Les 13 enfants sont aujourd'hui âgés de 3 à 30 ans.

- Contusions -

Pendant des années, le couple avait maintenu ses enfants captifs à leur domicile à Perris, à une centaine de kilomètres de Los Angeles.

L'alerte avait été donnée en janvier 2018 par l'une des filles qui, après deux ans de préparatifs, avait échappé à la surveillance de ses bourreaux.

L'adolescente de 17 ans avait appelé les secours, expliquant à l'opérateur que ses deux sœurs cadettes étaient "enchaînées à leur lit", si étroitement que leurs corps étaient marqués par les contusions.

A leur arrivée, les policiers avaient effectivement retrouvé certains des enfants enchaînés à leur lit. Tous, sauf la plus jeune, étaient dans des conditions d'extrême saleté et de malnutrition sévère.

Les parents avaient déclaré pratiquer l'enseignement à domicile, une pratique courante aux Etats-Unis.

- Un bain par an -

L'intérieur du domicile était sordide et l'air irrespirable, lourd de relents de saleté et d'excréments. Selon les enquêteurs, les enfants punis restaient attachés même s'ils avaient besoin de se rendre aux toilettes.

Ils n'avaient droit qu'à un bain par an, et "si les enfants étaient vus se lavant les mains plus haut que les poignets, ils étaient accusés de jouer avec l'eau et enchaînés", avait précisé le procureur à l'époque de la découverte.

Lorsqu'elles n'étaient pas enchaînées, les victimes étaient entravées dans différentes chambres et n'étaient pas autorisées à jouer.

Les enfants, dont plusieurs souffrent de lésions et déficiences liées aux privations, étaient censés dormir 20 heures par jour selon le programme de leurs parents, qui les réveillaient en pleine nuit pour leur "repas": des sandwichs au beurre de cacahuètes, des chips et des burritos.

Dans un témoignage lu à l'audience, l'un d'eux, désormais étudiant, a confié avoir appris depuis sa libération à faire "du vélo", "à nager" et "à manger sainement".

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