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États-Unis

Paul Ryan officiellement président de la Chambre des représentants américaine

Le républicain Paul Ryan (centre) lors de son élection, Washington, 29 octobre 2015.

San surprise, il a été élu ce jeudi. Il devient le nouvel homme fort du Congrès et l'interlocuteur principal du président démocrate Barack Obama jusqu'à la fin de son mandat.

Les représentants ont élu Paul Ryan, 45 ans, avec 236 voix, contre 184 pour la démocrate Nancy Pelosi. Neuf des 247 républicains ont voté pour le conservateur Daniel Webster. Paul Ryan succède à John Boehner, poussé à la démission par l'aile conservatrice du groupe républicain.

Son élection doit permettre au parti conservateur de tourner la page de cinq années de guerre intestine, et de plus d'un mois de tourmente au sein du parti majoritaire.

Paul Ryan représente une circonscription du Wisconsin depuis son élection en 1998. Il avait été désigné mercredi par le groupe pour succéder à John Boehner, qui a annoncé fin septembre à la surprise générale qu'il entendait partir à la retraite, cédant aux pressions de l'aile ultra-conservatrice du parti républicain.

Cette faction de frondeurs contestait non un manque de conservatisme, mais la stratégie selon eux accommodante de leurs chefs de file avec Barack Obama, qui dispose d'un pouvoir de veto contre ce que vote le Congrès.

Paul Ryan, un ultra-libéral qui fut le colistier de Mitt Romney à la présidentielle de 2012, a pour mission de regagner la confiance du Tea Party en démocratisant la gestion de l'institution.

"C'est le début d'un nouveau jour dans la Chambre des représentants", a déclaré Paul Ryan mercredi après avoir été désigné par ses collègues. "Nous allons avancer. Nous allons nous unifier".

Il est le Monsieur Budget des républicains, auteur de plusieurs projets de budgets dénoncés par les démocrates pour leur austérité.

Le président sortant de la Chambre, John Boehner (prononcer: "Bai-neure"), 65 ans, a prononcé peu avant son discours d'adieu au Congrès, où il fut élu pour la première fois en 1990.

Ce fils de barman de l'Ohio qui dit avoir toujours travaillé depuis qu'il a huit ou neuf ans symbolisait une génération d'hommes politiques plus habituée que les élus plus récents à "se salir les mains" en négociant des compromis avec les adversaires démocrates.

Enumérant les accomplissements de la majorité républicaine depuis la reconquête de 2010, il n'a fait qu'une allusion détournée aux nombreuses crises qui ont émaillé la relation avec la Maison Blanche autour du budget.

"J'ai fini par comprendre une chose: la bataille sur la taille et le rôle de l'Etat dure depuis plus de 200 ans. Et les forces du statu quo mettent toute leur énergie à empêcher le changement. Le vrai changement prend du temps", a déclaré John Boehner, qui s'émeut facilement lors de ses interventions publiques. Il avait apporté une boîte de mouchoirs.

Et de prodiguer un conseil à son successeur et aux intransigeants du Tea Party pour qui il ne cachait pas, en privé, son mépris: "la liberté rend toutes les choses possibles. Mais la patience est ce qui rend les choses réelles".

Avec AFP

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Maison Blanche: Joe Biden défend sa pole position aux primaires

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

A huit mois du début des primaires démocrates pour la Maison Blanche, l'ancien vice-président Joe Biden organise un grand meeting en Pennsylvanie pour consolider son avance sur ses nombreux rivaux, jouant la carte de la modération centriste face à l'aile gauche de la famille démocrate.

Depuis son entrée en course avec un message de défiance envers le président républicain Donald Trump, le 25 avril, l'ex-bras droit de Barack Obama a largement creusé l'écart face à la grosse vingtaine d'autres candidats démocrates.

Après un premier acte public plutôt discret, devant quelques centaines de syndicalistes à Pittsburgh, le centriste a choisi de marquer le début de sa campagne avec un événement plus grand à Philadelphie, où il a installé son QG de campagne.

Symbole du combat à venir? Il a choisi un emplacement tout près des marches du musée où le boxeur du film "Rocky" s'entraînait.

Son coeur d'électorat est les ouvriers et les démocrates modérés, alors que l'aile gauche du parti se fragmente entre de nombreux candidats comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

"Certains disent que les démocrates ne veulent pas entendre parler d'unité, qu'ils sont en colère, et que plus ils seront en colère, mieux ce sera. C'est ce qu'ils disent qu'il faut faire pour gagner l'investiture démocrate", va dire Joe Biden dans son discours, selon des extraits diffusés par son équipe avant le meeting. "Je n'y crois pas. Les démocrates veulent rassembler ce pays".

"Si les Américains veulent un président qui accentue les divisions, qui dirige d'un poing serré, d'une main fermée et d'un coeur de pierre, qui diabolise ses adversaires et vomit de la haine, alors ils n'ont pas besoin de moi. Ils ont déjà un président qui le fait".

Au-delà des primaires, le choix de la Pennsylvanie est stratégique: l'Etat a basculé dans le camp républicain à la présidentielle de 2016. Toute reconquête devra passer par là.

- Champ fragmenté -

Ce qui compte pour les démocrates "en ce moment, c'est de (...) parier sur un nom connu, capable de battre Donald Trump", analyse Lara Brown, politologue à l'université George Washington.

L'entrée en lice de Joe Biden a coïncidé avec le plongeon du sénateur indépendant Bernie Sanders, bien plus à gauche.

Joe Biden a l'avantage de suivre une voie centriste "dans un champ aussi fragmenté" avec 23 candidats dont de nombreux progressistes, observe Robert Boatright, professeur à l'université Clark.

Mais à 76 ans, après huit ans passés aux côtés du démocrate Barack Obama et plus de 35 au Sénat, Joe Biden pourrait avoir du mal à incarner le changement dont ont aussi soif de nombreux démocrates.

Donald Trump s'est d'ailleurs engouffré dans cette brèche en l'affublant du sobriquet "Joe-Dodo" ("Sleepy Joe").

Le président républicain l'appelle aussi "Le Vicieux", en référence aux femmes qui ont dénoncé les gestes d'affection trop marqués, selon elles, de M. Biden.

Juste avant d'annoncer sa candidature, le candidat avait promis de faire plus attention. Et depuis son entrée en campagne, il évite soigneusement les gaffes. "Mais voyons ce qu'il se passera quand il devra répondre à des questions qui n'ont pas été pré-approuvées", met en garde Lara Brown.

- Cible de la gauche du parti -

Joe Biden devra aussi défendre plusieurs épisodes controversés jalonnant sa carrière, comme son soutien à une loi anticriminalité qui a durement frappé les Noirs.

Déjà candidat malheureux par deux fois à la primaire démocrate, pour les présidentielles de 1988 et 2008, il avait été pris en flagrant délit de plagiat dans ses discours lors de sa première tentative.

Son statut de favori en fait aussi la cible de la gauche du parti.

La candidate à la Maison Blanche Elizabeth Warren l'a accusé d'être du côté des sociétés de cartes de crédit, à cause d'une loi qu'il avait soutenue au Sénat. Et la jeune élue socialiste du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez l'a accusé, à mots à peine voilés, d'envisager des mesures trop molles pour lutter contre le changement climatique.

Kamala Harris, sénatrice californienne et autre candidate à l'investiture, a récemment ironisé sur son aîné, lançant: "Joe Biden ferait un excellent colistier (...). Il a prouvé qu'il connaissait bien le travail de vice-président".

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