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Rwanda

Paul Kagame considère que le "système judiciaire opère librement"

Le président rwandais, Paul Kagame, prend la parole lors de la cérémonie d’ouverture du Forum sur la coopération Chine-Afrique au Grand Palais du Peuple à Beijing, le 3 septembre 2018.

Le président rwandais Paul Kagame, dont le pays a été récemment nommé à la tête de la Francophonie, a critiqué dimanche à Paris de récentes déclarations de la secrétaire générale sortante de l'OIF, Michaëlle Jean, commentant le procès d'une opposante rwandaise, Diane Rwigara.

Le 8 novembre, la Canadienne Michaëlle Jean, encore en fonctions mais bientôt remplacée à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) par la Rwandaise Louise Mushikiwabo, a tweeté : "Suivons avec la plus grande attention le procès intenté au #Rwanda contre l'activiste en faveur de la liberté d’expression #DianeRwigara et de sa mère libérées provisoirement début octobre, accusées devant un tribunal de Kigali d’'incitation à l’insurrection'".

Elle faisait référence au fait que le parquet rwandais avait le 7 novembre requis 22 ans de prison contre Diane Rwigara, 37 ans, opposante et critique du président Kagame accusée d'incitation à l'insurrection et de falsification de documents, des charges qu'elle conteste vigoureusement.

Le parquet rwandais a également demandé 22 ans de réclusion contre sa mère, Adeline Rwigara, "pour incitation à l'insurrection et promotion du sectarisme".

"Notre système judiciaire opère librement, tout le monde devrait le savoir (...) Cette question n'a rien à voir avec la Francophonie", a déclaré en anglais M. Kagame à un journaliste de l'AFP qui l'interrogeait à propos du tweet de Mme Jean.

Diane Rwigara (C), critique du président rwandais Paul Kagame, s'entretient avec son avocat, Pierre Buhuru, devant la Haute Cour de Kigali, au Rwanda, le 7 novembre 2018.
Diane Rwigara (C), critique du président rwandais Paul Kagame, s'entretient avec son avocat, Pierre Buhuru, devant la Haute Cour de Kigali, au Rwanda, le 7 novembre 2018.

M. Kagame s'exprimait en marge du Forum de Paris sur la paix, organisé dimanche après la cérémonie de commémoration de la fin de la Première Guerre mondiale qui s'est tenue dimanche matin dans la capitale française et à laquelle M. Kagame a participé aux côtés de plus de 70 chefs d'Etat et de gouvernement.

Diane Rwigara avait tenté de participer à l'élection présidentielle de 2017 contre M. Kagame mais sa candidature avait été invalidée par la commission électorale. Elle a à plusieurs reprises dénoncé la situation des droits de l'homme dans son pays et accusé le gouvernement rwandais de maquiller les chiffres de l'économie pour les enjoliver.

M. Kagame, crédité de l'important développement d'un pays exsangue au sortir du génocide de 1994, est régulièrement accusé de bafouer la liberté d'expression et de museler toute opposition.

Il a été réélu le 4 août 2017 pour un nouveau mandat de sept ans avec près de 99% des voix. Une réforme de la Constitution adoptée par référendum fin 2015 lui permet de potentiellement diriger le pays jusqu'en 2034.

La candidature du Rwanda à la tête de l'OIF - dont l'une des missions est de contribuer au renforcement de la gouvernance démocratique, de l’État de droit et du rôle de la société civile - avait suscité des critiques, d'abord sur les droits de l'homme.

Le Rwanda avait aussi donné l'impression de s'éloigner de la France en remplaçant en 2008 le français par l'anglais comme langue d'enseignement obligatoire à l'école, puis en rejoignant le Commonwealth en 2009.

Interrogé à ce sujet, le président Kagame a déclaré dimanche à l'AFP que "le français n'avait jamais disparu des écoles rwandaises et que son enseignement continuerait".

Avec AFP

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L'Ouganda et le Rwanda signent un accord pour mettre fin aux tensions

Les présidents rwandais Paul Kagame, ougandais Yoweri Museveni, Joao Lourenço de l'Angola et Felix Tshisekedi de la RDC.

Les présidents du Rwanda et de l'Ouganda ont signé mercredi en Angola un accord destiné à mettre fin aux tensions opposant les deux voisins, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les relations entre les présidents rwandais Paul Kagame et ougandais Yoweri Museveni se sont détériorées au cours des derniers mois au point d'amener ces anciens alliés à s'accuser mutuellement d'espionnage, assassinat politique et ingérence dans les affaires intérieures de l'autre pays.

Le protocole d'accord qu'ils ont conclu a été signé à Luanda en présence des présidents de l'Angola, Joao Lourenço, de la République démocratique du Congo, Felix Tshisekedi, et du Congo, Denis Sassou Nguesso.

Après la cérémonie, le président Kagame a dit ne s'attendre à aucun problème dans sa coopération "plus précise avec le président Museveni pour traiter ce que nous nous sommes engagés à traiter".

Les tensions entre le Rwanda et l'Ouganda ont provoqué la fermeture de la frontière entre les deux pays en février.

A cette date, le Rwanda a brusquement interdit à ses ressortissants de traverser la frontière commune, un point de passage essentiel au commerce de la région, frontière également fermée aux Ougandais souhaitant exporter au Rwanda.

En mars, le Rwanda avait publiquement accusé l'Ouganda d'avoir enlevé des Rwandais et de soutenir des rebelles voulant renverser son gouvernement.

M. Museveni a admis avoir rencontré, mais assure ne pas soutenir, les rebelles anti-Kagame. Ses services ont accusé des Rwandais d'Ouganda d'espionnage et certains d'entre eux ont été arrêtés ou expulsés.

Ebola: précautions et frustration à la frontière
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En mai, la police ougandaise avait aussi accusé des soldats rwandais d'avoir pénétré sur son territoire et d'y avoir tué deux hommes, ce que Kigali avait démenti.

Faute de solution, les tensions entre les deux hommes forts risquaient d'entraîner leurs voisins dans leur conflit et de menacer l'intégration des économies de la région et sa stabilité.

Le dirigeant angolais, le président Lourenço, a salué l'accord de mercredi qui, a-t-il dit, illustre "leur volonté de surmonter le conflit".

Ebola: précautions et frustration à la frontière

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Ebola: baisse des flux à la frontière RDC-Rwanda

Un point de passage frontalier entre le Rwanda et la RDC.

Le trafic entre la ville rwandaise de Gisenyi et celle de Goma en RDC, où quatre cas d'Ebola ont été enregistrés, a baissé de manière drastique jeudi et vendredi, après les restrictions imposées par les autorités rwandaises à leurs ressortissants.

"Généralement, 60.000 personnes en moyenne font des navettes entre le Rwanda et la RDC ici à la petite barrière de Goma. Depuis le début de la semaine, nous enregistrons moins de dix mille traversées, une baisse considérable à cause d'Ebola", a déclaré un officier de l'immigration congolaise.

"La frontière n'est pas fermée. Mais le Rwanda empêche ses ressortissants de passer au Congo sans motif valable", explique un responsable qui travaille pour le compte de l'Organisation Internationale pour les Migrations au point de contrôle frontalier dans le cadre de la riposte contre Ebola en RDC.

"Des centaines de Rwandais sont empêchés de franchir la frontière", a affirmé Martin Sibomana, un ressortissant rwandais. "L'immigration rwandaise demande votre profession, la carte d'identité et beaucoup d'autres formalités et justifications qui n'existaient pas avant. S'ils ne sont pas satisfaits, ils vous refoulent", a témoigné, agacé, Franck Paluku, à la barrière. Ce manutentionnaire congolais, affirme avoir été renvoyé vendredi par les services d'immigration du Rwanda.

Habillés en uniformes noirs et portant des gants blancs, des officiers d'immigration congolaise, armés, contrôlent le contenu des sacs des voyageurs tandis que des agents de la riposte prélèvent systématiquement la température des passants à l'aide de thermoflash.

Déclarée en août dernier, l'épidémie d'Ebola est contenue jusque-là dans la province du Nord-Kivu (Beni, Butembo-Katwa) et marginalement dans celle de l'Ituri. Mi-juillet, un premier cas d'Ebola a été détecté dans la ville de Goma, à la frontière avec le Rwanda. L'organisation mondiale de la santé (OMS) avait alors placé au rang d'"urgence de santé publique de portée internationale". Depuis, quatre cas confirmés dont deux morts ont été enregistrés à Goma.

Mardi, les ministres congolais et rwandais de la Santé ont décidé de renforcer leur collaboration dans la lutte contre l'épidémie qui a déjà fait plus de 1.820 morts. Jusque-là, aucun cas d'Ebola n'a été signalé au Rwanda, alors qu'en juin, deux cas en provenance de la RDC ont été détectés en Ouganda voisin.

Ebola: contrôles à la frontière RDC-Rwanda

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Le Rwanda face à Ebola

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