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République du Congo

Le COVID-19 crée une période de vaches maigres pour la presse à Brazzaville

La presse congolaise, au Congo-Brazzaville, le 26 avril 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Les mesures de confinement prises par les autorités congolaises à la suite du coronavirus ont impacté le fonctionnement de la presse écrite. Beaucoup de journaux de la place ont disparu. Ceux qui résistent font face à d'énormes difficultés pour paraître et distribuer leurs journaux.

Si l'ensemble des médias congolais fonctionnent avec beaucoup de difficultés, tant dans la collecte et la diffusion de l'information, le calvaire de la presse écrite est plus grave. Les kiosques à journaux ont quasiment disparu, et par manque de véhicules, très peu de journalistes arrivent encore à écrire dans leurs colonnes.

Le confinement de Brazzaville met la presse écrite dans le coma
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Patrick Sébastien Dzeba, directeur du journal La Griffe, explique qu'ils viennebt "de sortir un numéro, c'est pour qu'on soit également présent sur le marché, car nos lecteurs ont disparu, qui n'ont plus la matière à lire".

"Même s'ils sont en confinement, il faudrait bien qu'ils lisent quand même", affirme-t-il. "Même réduit, nous avons quand mis un numéro sur le marché. C'est difficile de faire le chiffre, parce que nous n'avons que trois jours de marchés ouverts", ajoute le directeur de La Griffe.

Aux Dépêches de Brazzaville, l'unique quotidien du pays, les mesures ont été prises pour maintenir la flamme. Les bureaux de Brazzaville, de Kinshasa et de Paris fonctionnent, mais avec des effectifs réduits, indique Emile Gankama, le directeur des rédactions.

"Les Dépêches continuent de paraître sur les cinq jours de la semaine, avec la nuance qui est que la version papier n'est publiée que deux jours, lundi et jeudi. Notre édition de samedi a également été suspendue", révèle Emile Gankama, affirmant par ailleurs que les équipes de la rédaction "ont été réduites au minimum".

A 78 ans d'existence, le bi-hebdomadaire La Semaine Africaine est le plus vieux journal du pays. Malgré le soutien que lui apporte l'Eglise catholique, Albert Miandzoukouta, son directeur, reconnaît que les temps sont vraiment durs.

"Physiquement, demain nous sommes sur la place, mais après ce numéro, quand est-ce que nous pourrons encore paraître ? Il n'y a pas mal de problèmes qui se posent notamment d'impression, du rythme de travail, et cela rend le travail très compliqué", témoigne-t-il.

Sur les grands carrefours, comme à Makelekele, une vendeuse de journaux ne s'en plaint vraiment pas. "Je vends trop bien, il y a des habitués qui viennent toujours. Je n'affiche pas beaucoup de journaux à cause de la distanciation sociale, donc faudrait pas qu'il y ait l'attroupement", indique Léa.

La République du Congo a atteint ce week-end le cap de 200 cas confirmés dont plus de la moitié se trouve dans la capitale. Selon les autorités, 19 personnes ont été guéries et 8 sont décédées.

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La police empêche une manifestation des victimes du 4 mars à Brazzaville

Une maison détruite depuis le 4 mars 2012, mais jamais reconstruite, Brazzaville, le 7 décembre 2021. (VOA/Arsène Séverin)

Une marche dite pacifique des victimes des explosions du 4 mars au quartier Mpila de Brazzaville a été dispersée mardi par la police. Les manifestants réclament la reconstruction de leurs maisons détruites pendant cet événement.

Les familles étaient nombreuses dans la rue, notamment sur l’avenue des Trois Martyrs, près de l’hôpital de Talangaï, pour dire leur colère aux autorités. Neuf ans après les explosions de Mpila, elles n’ont toujours pas été indemnisées et nombreuses dorment à la belle étoile, faute de maison.

Déboussolé, un habitant du quartier Kanga Mbandzi dit pourquoi il est sorti dans la rue.

"Nous avons programmé cette marche pacifique depuis longtemps, parce que le comité de gestion de la crise a rencontré toutes les autorités sans gain de cause. Il s’est même rendu à Oyo pour rencontrer le président de la République. Ils sont revenus bras ballants", explique-t-il, soulignant que "aujourd’hui, il fallait donner le message aux autorités".

La colère et la frustration ont gagné plusieurs familles qui vivent dans la grande précarité depuis cette explosion.

" Nous sommes maintenant dans les tôles, les maisons sont cassées. Nous sommes malheureux. Nous ne vivons pas bien dans ce quartier. J’avais une grande maison ici, aujourd’hui, il n’y a plus rien", déplore ce père de famille.

Mais, la manifestation a rapidement été dispersée par la police, qui avait pris position devant le quartier, très tôt mardi matin.

Quelques jours avant, le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso a été interpellé au Sénat pour cette situation. Face à la crise financière, l’embarras du gouvernement pour liquider ce contentieux demeure.

"Ce n’est pas les quelque 2 milliards de francs CFA que nous pouvons inscrire au budget qui nous amèneront à régler ce problème qui coûte plus de 100 milliards de francs CFA. C’est un montant très lourd", a fait constater le Premier ministre.

Sur le site des explosions, des centaines de logements ont été construits, mais ne sont toujours pas occupés. Les autorités envisagent désormais de les attribuer aux jeunes fonctionnaires, qui pourraient progressivement en rembourser le coût d’accès.

Exploitation de gaz naturel: le Congo-Brazzaville et la RDC s'associent

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Abandonné, le centre des civilisations Bantou désormais squatté par des Librevillois

Des habitants se rassemblent dans la zone d'habitation en partie inondée à l'intérieur du Centre international des civilisations bantoues (CICIBA), dans la commune d'Akanda, près de la capitale gabonaise Libreville, le 9 octobre 2021.

Des dizaines d'enfants portent sur des brouettes des jerricans remplis d'eau au milieu d'habitations de fortune. Au cœur de la capitale gabonaise Libreville, le Centre international des civilisations bantu (Ciciba), conçu pour être la vitrine de la culture africaine, est aujourd'hui squatté par des centaines de familles.

Les murs en béton sont décatis, des fils électriques rafistolés pendent entre les baraques et des poubelles s'amoncèlent le long d'une route. "Plus de 2.000 personnes vivent ici" dans une grande précarité, témoigne Apollon Mekoghi, président de l'association des squatteurs du Ciciba.

Dans les années 1980, le Ciciba voit le jour pour promouvoir le patrimoine culturel des peuples africains au sud de l’Equateur. Onze pays (Angola, Burundi, Centrafrique, Comores, Congo Brazzaville, Gabon, Guinée Équatoriale, RDC, Rwanda, Sao-Tomé et Principe, Zambie) s'unissent pour créer une vaste banque de données accessible aux chercheurs et au grand public. Objectif: promouvoir la culture des Bantous, présents en Afrique centrale et australe, qui partagent des racines linguistiques ainsi que certaines traditions et croyances.

Sous l'impulsion du président Omar Bongo Ondimba, le Gabon, pays hôte, dépense quelque 10 milliards de francs CFA, environ 15 millions d'euros, pour construire le centre au nord de Libreville. Deux immenses défenses d'éléphant en béton hautes de plusieurs mètres symbolisent l'entrée. Un théâtre est érigé.

Mais les moyens ne sont pas suffisants - plusieurs pays en guerre civile sont incapables de financer le projet - et seuls quelques bâtiments sortent de terre, laissés à l'abandon pendant plusieurs années. Le Ciciba devient un "éléphant blanc", un projet démesuré qui ne voit pas le jour. Les premiers squatteurs arrivent en 2013.

"Catastrophe humanitaire"

"Le campus de l'université où je me trouvais a été détruit, je me suis retrouvé sans logement et je suis venu ici", souligne M. Mekoghi.

Aujourd'hui, plus de 400 familles vivent au Ciciba. "Dès que quelqu'un souhaite s'installer, il dépose son dossier. S'il est accepté, il peut venir construire son habitation", explique M.Mekoghi. Des maisons de fortune sans raccordement à l'eau courante sont bâties dans les allées du centre, véritable labyrinthe en béton qui s'étend sur plusieurs niveaux.

Les habitants du Ciciba s'entassent parfois à une dizaine dans quelques mètres carrés. Un terrain propice à la diffusion de nombreuses maladies, comme la fièvre typhoïde.

Françoise Moughola, 40 ans, vit dans le squat depuis 7 ans. Mère de 12 enfants, elle vient tout juste de perdre son mari. "C'est dur pour nous tous", témoigne-t-elle, affairée au lavage et repassage de vêtements. "Je ne sais pas comment vivre avec douze gosses, je n'ai même pas les moyens de les mettre à l'école", poursuit-elle. Au Gabon, l'inscription dans les établissements scolaires coûte environ 10.000 francs CFA, 15 euros.

L'immense majorité des habitants du Ciciba sont Gabonais, mais certains squatteurs sont étrangers. A l'image de Sika, un Centrafricain de 34 ans, arrivé en 2016 après avoir fui la guerre civile dans son pays. "On vit très mal", se plaint-il. "Nous avons de l'eau livrée une seule fois par jour par des citernes, ce n'est pas suffisant, il faut parfois faire des choix entre se laver ou faire à manger", raconte-t-il.

"Envie de partir"

Le Gabon, petit pays d'Afrique centrale de 2 millions d'âmes, est un des plus gros producteurs de pétrole du continent, et un des plus riches par habitant de la région. Mais selon la Banque mondiale, un tiers de la population vivait en 2017 sous le seuil de pauvreté.

Dans les allées du centre, des bars, échoppes et églises ont été érigés. Les squatteurs du Ciciba ne payent aucun loyer, mais doivent s'acquitter chaque mois de 20.000 francs CFA, environ 30 euros, pour l'électricité. Et le courant est coupé dès que les habitants sont incapables de payer. "Je n'ai pas les moyens donc je vis sans électricité, je suis tout le temps dans le noir à la maison", relate Lilly Loundou, 31 ans, arrivée au Ciciba il y a deux mois.

"Tout le monde a envie de partir", soutient Marc Malomba, membre de l'association des squatteurs du Ciciba. "J'avais honte au début de dire que je vivais ici, je le cachais", se remémore Jessye Angounié, qui vit avec sa femme et ses deux enfants dans le squat depuis deux ans.

Malgré les conditions de vie difficiles, "nous avons encore de nombreuses familles qui attendent pour s'installer ici", souligne Apollon Mekoghi.

Plus de 25.000 autochtones sont menacés d'apatridie au Congo

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La déforestation fait disparaître les chenilles, aliment cher aux populations autochtones

Femmes pygmées à Sembe, dans la Sangha, au nord Congo, le 30 octobre 2021.

Dans les villages des districts de Sembe, de Souanké et de Mokeko, dans la Sangha, au nord Congo, les populations autochtones constatent la rareté des chenilles suite au changement climatique. Faute de solution, il se plaignent de la déforestation.

La population autochtone, considérée comme gardienne de la forêt, subit depuis un moment les effets du changement climatique. Cela impacte leur mode de vie, notamment dans la production de la nourriture où les saisons deviennent de plus en plus courtes.

La situation inquiète. Les pygmées de la Sangha regrettent les temps anciens où il y avait de la nourriture pour tous.

"Aujourd’hui, tout a changé. On court après la pluie. On est souvent surpris par le rythme des pluies qui s’arrêtent", témoigne Simon Koumou, autochtone de Sembé.

Les pygmées du nord Congo vivent particulièrement de la collecte des chenilles, "Mbinzo". Cet aliment riche en protéine est quasiment en voie de disparition, à cause de la déforestation. C’est ce que rapportent les femmes autochtones du village Mokeko.

"La présence humaine au cœur de nos forêts fait disparaître de la nourriture ", affirme Jacqueline Moutoukou, autochtone.

Même constat fait par Bastos, un autochtone de Sembe. " Avant, la collecte des chenilles était bonne. Mais, je n’arrive pas à expliquer pourquoi il y a ce changement. Aujourd’hui, il n’est pas facile d’avoir les chenilles, parce qu’il y a la déforestation", dit-il.

" La nuit à la maison, il y a une grande chaleur, il y a un changement vraiment. Aujourd’hui, on peut faire le tour de la forêt sans trouver une petite quantité de chenilles pour manger avec les enfants", déplore Frédéric Tadinga, autochtone de Mokeko.

Il demande aux sociétés forestières qui exploitent le bois dans leur contrée de respecter les forêts communautaires.

Le président Denis Sassou N’Guesso devrait rentrer bientôt de Glasgow, en Écosse, où il participe à la conférence sur le climat. Avec son homologue de la République démocratique du Congo voisine, Félix Tshisekedi, il tente d'attirer plus d’attention sur la nécessité d'investir dans la préservation des forêts du Bassin du Congo.

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