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Ouverture du procès de militaires accusés de putsch en 2015 au Niger


Les responsables des Forces de Défense et de Sécurité du Niger présentent leurs vœux de nouvel an au président Mahamadou Issoufou à Niamey, 4 janvier 2018.

Le procès d'une dizaine de militaires et d'un civil accusés d'un "complot contre la sûreté de l'Etat" visant à renverser le régime nigérien en 2015, s'est ouvert mardi devant un tribunal militaire à Niamey.

Une partie des avocats des prévenus a quitté la salle en guise de protestation de ne pas voir un certain nombre de leurs requêtes exaucées mais les débats ont continué et devraient se poursuivre jusqu'au verdict "en fin de semaine", a indiqué une source proche du dossier.

Dès l'ouverture de l'audience, la dizaine d'avocats de la défense a demandé et obtenu la récusation d'un des juges militaires et ex-chef d'état-major particulier du président nigérien Mahamadou Issoufou.

Les avocats ont vainement tenté d'obtenir un ajournement du procès en, attendant que la Cour constitutionnelle statue sur des exceptions qu'ils ont soulevées.

Ils ont également demandé "le témoignage sous serment" de nombreuses personnalités, dont le chef d'état-major des armées, au moment des faits, le chef d'état-major particulier du chef de l'Etat, son directeur de cabinet et le patron du contre-espionnage.

D'après l'ordonnance de renvoi, la quasi-totalité des prévenus ont reconnu devant les enquêteurs avoir participé au "projet de coup d'Etat" visant à renverser le président nigérien. Certains se sont néanmoins rétractés devant le juge, niant "toute participation".

Selon cette ordonnance lue par un greffier, "le plan" du putsch prévoyait "l'arrestation du président Issoufou et du chef du corps de la garde présidentielle", le 18 décembre 2015, à son retour de Maradi (centre) où ils participaient aux festivités de l'anniversaire de la république du Niger.

Selon l'ordonnance, le plan prévoyait "leur exécution s'ils s'opposaient à leur arrestation".

D'après l'ordonnance, le général Souleymane Salou, ancien chef d'état-major et ex-membre de la junte - auteur du coup d'Etat de 2010 - et le lieutenant Ousmane Awal Hambaly - qui avait bénéficié d'un non-lieu en 2012 pour un autre putsch présumé contre le président Issoufou - apparaissent comme "les cerveaux" du complot présumé.

Un des fils du général Souleymane Salou est le seul civil parmi les accusés.

Le 17 décembre 2015, le président Issoufou, qui briguait un second mandat, avait affirmé qu'une tentative de coup d'Etat avait été déjouée, justifiant l'arrestation de douze militaires, de trois douaniers et d'une dizaine de civils. Parmi les militaires concernés figurent également le colonel Idi Abdou Dan Haoua, commandant de la base aérienne de Niamey, et le commandant Naré Maidoka, chef du 1er bataillon d'artillerie de Tillabéri, ville proche de la frontière avec le Mali.

Fin mars 2017, une dizaine de civils, dont des opposants, avaient été libérés après avoir bénéficié d'un "non-lieu partiel" du juge chargé du dossier, selon leur avocat.

A l'époque des arrestations, l'opposition politique s'était montrée sceptique quant à la réalité de la tentative de coup.

Avec AFP

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