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L'opposition "très satisfaite" du suivi de la journée "Togo-Mort"


L'opposition togolaise s'est dite "très satisfaite" de la réponse à son appel à une journée ville morte, vendredi, pour protester contre le régime du président Faure Gnassingbé et rendre hommage aux victimes de récentes manifestations, même si banques et administrations sont restées ouvertes.

Lomé a été maussade ce vendredi 25 aout 2017. L'opposition a demandé aux Togolais d'observer une journée ville morte. La veille, le gouvernement avait demandé à la population de travailler normalement et ne pas céder aux "intimidations" des organisateurs de la "journée dite 'Togo mort'".

Relativement suivi, Lomé n'a pas connu son affluence d'un jour ouvrable.

Magasins fermés, circulation timide, des étalages vides au marché, c'est le tableau qu'a présenté la ville dans la matinée. Mawuli Tchaka, commerçant de son état, joue au Ludo à la devanture de sa maison.

Au carrefour commercial Deckon dans une boutique de pièces détachés, Kodjo Djossou, électricien, n'a pas respecté le mot d'ordre.

Il est 11h28, Mawussi Immaculée, revendeuse de serviette au grand marché Lomé, est venu pour prendre le pool du centre commercial, salue la mobilisation.

Pour Atchadam Tikpi, président du parti national panafricain PNP, "le bilan est satisfaisant".

Le Cap 2015 et le Parti national panafricain (PNP) avaient demandé aux Togolais de rendre hommage aux victimes des manifestations du week-end dernier qui ont fait deux morts à Sokodé, à 300 km au nord de Lomé. Soixante-six personnes ont aussi été arrêtées, selon le ministre de la Justice, Pius Agbetomey.

Après une matinée de recueillement, l'opposition a convié ses militants et sympathisants à une messe pour prier pour le repos de l'âme des défunts de la manifestation du 19 août dernier.

La journée ville morte passée, le cap est mis sur les manifestations de la semaine prochaine prévues pour les 30 et 31 août.

"Il y avait une fluidité dans la circulation et un ralentissement de l'activité commerciale ce vendredi, situation liée à la stratégie de terreur, d'intimidation et de menaces des organisateurs de cette journée 'Togo mort'. Certains commerçants n'ont pas ouvert, parce qu'ils ont peur des actes de vandalisme", a dénoncé Gilbert Bawara, ministre de la Fonction publique.

"Mais aucune perturbation ou d'absence remarquable n'a été enregistrée dans l'administration et les services publics", a-t-il ajouté.​

Contre manifestation

Plusieurs responsables de l'opposition, dont leur de file Jean Pierre Fabre, ont assisté à une messe dans une église de Lomé à la mémoire des victimes. Ils étaient également dans une mosquée pour la prière musulmane.

L'opposition s'est unie pour appeler à une marche à Lomé les 30 et 31 août pour exiger des changements constitutionnels, accusant le parti présidentiel de faire traîner des réformes qu'elle réclame depuis 10 ans.

Le gouvernement a répliqué par l'annonce jeudi que les supporteurs du parti présidentiel (Unir) manifesteraient leur soutien au pouvoir dans les rues au même moment.

Le président Gnassingbé a succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma - qui a dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans - à la présidentielle de 2005 avec l'appui de l'armée, avant d'être réélu en 2010 et en 2015 lors de scrutins très contestés par l'opposition.

L'opposition réclame que la Constitution - modifiée en 2002 - soit révisée, notamment afin d'y réintroduire une limitation des mandats présidentiels à 10 ans au plus.

Elle exige également un mode de scrutin à deux tours, une recomposition de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale.

Kayi Lawson, correspondante à Lomé

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