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Au Michigan, des manifestants réclament des coupes de cheveux

Des manifestants se rassemblent au State Capitol à Lansing, Michigan, le jeudi 30 avril 2020 pour dénoncer les restrictions commerciales dues au COVID-19 (AP Photo / Paul Sancya)

Après les rassemblements armés, les opposants au confinement dans le Michigan ont pris mercredi ciseaux et tondeuse pour demander la réouverture des commerces dans cet Etat du nord des Etats-Unis en offrant des coupes de cheveux gratuites.

Plusieurs centaines de manifestants ont fait la queue devant le Capitole de Lansing, siège du gouvernement local, où plusieurs coiffeurs s'étaient installés pour la quatrième manifestation anti-restrictions en plus d'un mois.

Fin avril, des manifestants armés étaient entrés dans le Capitole pour exiger l'assouplissement des mesures mises en place pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Le Michigan, l'un des plus touchés du pays avec plus de 5.000 décès liés au Covid-19, est un point chaud du débat sur la réouverture de l'économie américaine malgré la pandémie.

Sous un soleil radieux, la foule attendait patiemment son tour sans respecter les gestes barrières et de nombreux clients ne portaient pas de masque. Mais les sièges des coiffeurs étaient désinfectés après chaque coupe.

La manifestation était organisée par des groupes conservateurs locaux en soutien à Karl Manke, un coiffeur qui a vu sa licence révoquée après avoir ouvert son salon début mai à Owosso, près de Lansing, en violation des mesures de fermeture des commerces jugés non essentiels.

Des massages étaient également offerts mercredi, contre une participation de quelques dollars.

Certains manifestants brandissaient des drapeaux américains et des pancartes dénonçant la gouverneure démocrate Gretchen Whitmer, qui a prolongé les mesures de confinement jusqu'au 28 mai.

"Whitmer tue le petit commerce", disait notamment une pancarte.

La gouverneure démocrate, en visite dans le centre de l'Etat pour évaluer la situation après une crue, a dit comprendre la frustration des manifestants.

"Tout le monde a fait des sacrifices. Beaucoup sont en deuil après avoir perdu des proches, ils ont perdu un emploi, une entreprise qui pourrait ne pas survivre", a-t-elle déclaré.

"Mais au milieu d'une pandémie, je demande aux gens de ne pas manifester d'une façon à s'exposer eux-mêmes ou d'autres à une crise sanitaire prolongée", a-t-elle expliqué.

"Si les gens manifestent, je leur demande de porter des masques et de se tenir à une distance de six pieds (1,80 m), et s'ils ne le font pas nous prendrons des mesures", a-t-elle mis en garde.

La police a donné plusieurs avertissements aux coiffeurs, selon les participants.

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Décès de George Floyd: un commissariat de Minneapolis incendié lors de manifestations

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Un Tweet non conforme de Donald Trump masqué par le réseau social

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Twitter masque un tweet de Trump qui veut rogner les ailes du réseau

Le président américain Donald Trump brandit une première page du New York Post alors qu'il s'adresse aux journalistes tout en discutant d'un décret sur les sociétés de médias sociaux à la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 28 mai 2020. REUTERS / Jonathan Ernst

Twitter a masqué vendredi un message de Trump sur les affrontements de Minneapolis pour signaler une "apologie de la violence" mais l'a laissé accessible. Cela fait monter d'un cran la polémique avec Trump qui veut à limiter la protection des réseaux sociaux et leur latitude à modérer les contenus.

"Ces VOYOUS déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas faire cela. Viens juste de parler au gouverneur Tim Walz et lui ai dit que l'armée est à ses côtés tout du long. Au moindre problème, quand les pillages démarrent, les tirs commencent. Merci!", a tweeté jeudi soir Donald Trump.

Le président, suivi par plus de 80 millions de personnes sur Twitter, a publié ce message, pouvant être interprété comme une incitation aux forces de l'ordre à faire usage de leurs armes, après l'incendie d'un commissariat de Minneapolis lors d'une troisième nuit d'affrontements après la mort d'un homme noir, George Floyd, lors d'une interpellation musclée par des policiers blancs.

Quelques heures après, le réseau social américain a masqué ce tweet avec un message d'avertissement, laissant simplement la possibilité de le retweeter avec des commentaires mais pas de le retweeter ni de le "liker" ou d'y répondre. Le tweet reste intégralement visible lorsqu'on clique sur le message.

"Ce tweet viole les règles de Twitter sur l'apologie de la violence. Toutefois, Twitter estime qu'il est dans l'intérêt du public que ce tweet reste accessible", selon le réseau social.

Jeudi, M. Trump, ulcéré par l'attitude de Twitter à son égard qui avait pour la première fois signalé deux de ses tweets avec la mention "Vérifiez les faits", a signé un décret visant à limiter la protection judiciaire des réseaux sociaux afin selon lui de "défendre la liberté d'expression face à un des pires dangers qui soit". Le décret devrait être le point de départ d'une longue bataille en justice.

Les deux messages signalés mardi affirmaient que le vote par correspondance était forcément "frauduleux" car sujet aux manipulations, une question ultra-sensible en pleine année électorale.

En signant le décret, M. Trump a de nouveau dénoncé le "monopole" des groupes technologiques qu'il accuse de longue date d'avoir un biais idéologique et politique.

"Ils ont le pouvoir non contrôlé de censurer, éditer, dissimuler ou modifier toute forme de communication entre des individus et de larges audiences publiques", a-t-il assuré.

Très actif sur Twitter, M. Trump a décidé de s'attaquer, au nom de la liberté d'expression - et à titre de représailles, selon ses détracteurs - à la célèbre Section 230 du "Communications Decency Act".

Pierre angulaire de l'internet américain, elle offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube (Google) une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d'intervenir sur les plateformes à leur guise.

- Punition -

Le décret cherche à modifier le champ d'application de cette loi de 1996 et affirme que l'immunité ne peut s'étendre à ceux qui pratiquent la "censure de certains points de vue".

"Quand des réseaux sociaux puissants censurent des opinions (...), ils cessent de fonctionner comme des forums passifs. Ils doivent être considérés et traités comme des créateurs de contenus", énonce le texte.

Mais pour le sénateur démocrate Ron Wyden, Donald Trump veut surtout "intimider" les réseaux sociaux et s'attaque à la Section 230 "parce qu'elle protège le droit des entreprises à ne pas avoir à héberger ses mensonges".

Le décret constitue "une menace flagrante et anticonstitutionnelle pour punir les plateformes qui déplaisent au président", abonde l'ONG American Civil Liberties Union (ACLU).

- Digne "des autocraties" -

Twitter n'a pas souhaité commenter, mais Matt Schruers, président de la Computer & Communications Industry Association, un lobby de la tech, a estimé que ce genre de "représailles" était plus digne "des autocraties étrangères que des Etats-Unis".

Le débat sur le sacro-saint statut d'hébergeur des plateformes en ligne fait rage depuis des mois et dépasse largement le contentieux Trump-Twitter.

A gauche comme à droite, des voix s'élèvent depuis quelques années pour forcer les réseaux à prendre plus de responsabilités - et donc à mieux filtrer les contenus.

Depuis les tentatives de manipulation de la présidentielle américaine de 2016, Facebook et Twitter ont massivement investi dans la lutte contre la désinformation.

La question est particulièrement sensible en pleine année électorale bouleversée par la pandémie de coronavirus qui fait peser le doute sur les modalités de l'organisation de la présidentielle américaine du 3 novembre.

- Censurer au nom de la censure? -


Mark Zuckerberg, , fondateur et patron de Facebook, est entré dans la bataille en rappelant sur Fox News jeudi qu'à son avis les plateformes ne devraient pas se poser en "arbitre de la vérité sur tout ce que les gens disent en ligne".

Mais "un gouvernement qui choisit de censurer une plateforme parce qu'il s'inquiète au sujet de la censure ne me semble pas exactement être le bon réflexe", a-t-il ajouté.

La méthode du décret suscite par ailleurs un tollé.

"Quelles que soient les circonstances, ce n'est pas comme ça que les politiques publiques sont décidées", a réagi la puissante Chambre de commerce des Etats-Unis. "Un décret ne peut pas servir à changer la loi fédérale".

Interrogé pendant la signature du décret sur la possibilité de supprimer son compte, Donald Trump a répondu en attaquant les médias: "si nous avions une presse honnête dans ce pays, je le ferais dans la seconde".

L'Union africaine s'invite dans une controverse raciale aux États-Unis

Des manifestants jettent un matelas sur une voiture en feu devant un magasin près du troisième commissariat de police le 28 mai 2020 à Minneapolis, dans le Minnesota, Etats-Unis. (Photo Kerem Yucel / AFP)

Le président de la Commission de l'Union africaine a condamné vendredi le meurtre présumé par la police d'un homme noir non armé dans l'État américain du Minnesota, un incident qui a déclenché des manifestations à travers le pays.

Moussa Faki Mahamat "condamne fermement le meurtre de George Floyd qui s'est produit aux États-Unis d'Amérique aux mains des forces de l'ordre, et souhaite présenter ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches", lit-on dans une déclaration de sa porte-parole.

La déclaration ajoute que M. Faki, qui est Tchadien, "réaffirme et réitère fermement le rejet par l'Union africaine de la poursuite des pratiques discriminatoires à l'encontre des citoyens noirs des États-Unis d'Amérique".

George Floyd, 46 ans, a été tué lundi par la police après avoir été arrêté parce qu'il était soupçonné d'avoir utilisé un faux billet de banque.

Une vidéo prise par un spectateur montre un policier agenouillé sur son cou alors qu'il est cloué au sol. À un moment donné, on entend Floyd dire qu'il ne peut plus respirer.

Des affrontements avec la police sont entrées dans leur quatrième jour vendredi.

D'autres responsables de l'UA, dont le siège est en Ethiopie, ont également fait savoir qu'ils étaient perturbés par la mort de M. Floyd.

Jeudi, Kwesi Quartey, vice-président de la Commission de l'Union africaine, a publié sur sa page Facebook personnelle que l'UA était "bouleversée d'assister à une nouvelle exécution injustifiée d'un autre Afro-Américain... sans autre raison que d'être noir".

"C'est une exécution de trop. Nous sommes peut-être noirs, mais nous sommes aussi des personnes", a écrit Quartey. "L'Afrique exige une enquête complète sur ce meurtre."

Dans sa déclaration de vendredi, le bureau de M. Faki a appelé les responsables américains à "intensifier leurs efforts pour assurer l'élimination totale de toutes les formes de discrimination basées sur la race ou l'origine ethnique."

Quoi qu'inhabituelle, l'implication de dirigeants africains dans ce qui est une affaire intérieure dans un pays occidental a un certain précédent. En 2003, le sommet des chefs d'État de l'Union africaine a déclaré que la diaspora - y compris tous les descendants d'Africains tels que ceux des États-Unis, d'Europe et du Brésil - constitue la sixième région d'Afrique.

Le président Trump signe un décret visant à lever l'immunité des réseaux sociaux

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