Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

L'ONU se réunit pour poursuivre les discussions sur la Ghouta en Syrie

Des enfants marchent dans les ruines à Hamouria, dans la région de la Ghouta, le 22 février 2018.

Le régime syrien a déployé des centaines de combattants en renfort et accru la pression sur le fief rebelle dans la Ghouta orientale, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit mercredi au sujet de l'escalade de violences en Syrie.

L'étau se resserre sur l'enclave rebelle située aux portes de Damas, cible d'une offensive terrestre du régime qui en contrôle désormais plus de 40%, après deux semaines de bombardements ayant tué plus de 800 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Soutenu par l'allié russe, le pouvoir du président syrien Bachar al-Assad est déterminé à reconquérir le dernier bastion de l'opposition aux portes de la capitale, où 400.000 habitants assiégés depuis 2013 subissent de graves pénuries de nourritures et de médicaments.

Les forces du régime progressent vers la grande ville de Douma et les localités de l'ouest de l'enclave rebelle, après avoir reconquis des secteurs dans l'est et le sud-est, d'après l'OSDH.

De "violents combats" se déroulent mercredi dans le centre de l'enclave, notamment aux abords de Douma et de Hammouriyé, entre rebelles et forces du régime, qui ont repris la localité de Beit Sawa, selon l'Observatoire.

La veille, des centaines de combattants prorégime ont été envoyés en renfort, se déployant sur les fronts d'Al-Rihane, dans le nord-est de l'enclave, et de Harasta, dans l'ouest, toujours d'après l'OSDH.

>> Lire aussi : La Ghouta bombardée pendant la trêve en Syrie

"Au moins 700 combattants provenant d'Alep (nord) et appartenant à des milices afghane, palestinienne et syriennes loyales au régime ont été envoyés", a indiqué son directeur, Rami Abdel Rahmane.

L'objectif du régime est de scinder l'enclave en deux, en isolant le secteur nord et Douma du sud, selon l'OSDH.

'Apocalypse'

L'offensive se poursuit alors que le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté fin février une résolution réclamant un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie, qui devait permettre la livraison d'aide humanitaire et l'évacuation de blessés.

Cette disposition est restée quasiment sans effet et le Conseil de sécurité se réunit de nouveau mercredi, à huis clos, pour débattre de l'absence de mise en oeuvre de cette trêve.

Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad al Hussein, a accusé le régime de planifier "l'apocalypse" en Syrie, estimant que le conflit qui ravage le pays depuis 2011 et a fait plus de 340.000 morts était entré dans une nouvelle "phase d'horreur".

>> Lire aussi : Au moins 800 civils tués depuis le 18 février dans la Ghouta en Syrie

A ce jour, les raids aériens se poursuivent dans la Ghouta orientale en dépit d'une trêve quotidienne de cinq heures (7 heures à 12 heures GMT) décrétée par Moscou il y a plus d'une semaine, selon M. Abdel Rahmane.

Douze civils, dont un enfant, ont été tués mercredi par des frappes sur plusieurs localités de l'enclave, selon l'OSDH.

Un correspondant de l'AFP à Douma pouvait entendre les raids dans les localités environnantes, qui ont poussé les civils à prendre la fuite et à se réfugier dans la grande ville.

Dans un secteur du sud de l'enclave récemment reconquis par le régime, des forces prorégime patrouillaient mercredi à bord de véhicules militaires au milieu de champs agricoles et de rues dévastées.

Au loin, des nuages de fumée noire et grise s'élevaient après des frappes aériennes.

Aide pour 70.000 personnes

Le scénario dans la Ghouta orientale n'est pas sans rappeler celui de 2016 à Alep (nord), où les rebelles avaient dû abandonner leur fief après un siège et des bombardements dévastateurs du régime et de Moscou.

La trêve quotidienne dans le fief rebelle prévoit un couloir pour permettre aux civils de quitter l'enclave. Moscou avait assuré mardi que les insurgés étaient aussi autorisés à sortir.

Les deux principaux groupes rebelles, Jaich al-Islam et Faylaq al-Rahmane, ont toutefois nié tout contacts ou négociations avec Moscou.

Malgré le déluge de feu meurtrier, l'ONU prévoit d'envoyer jeudi un nouveau convoi d'aide humanitaire.

Lundi, un premier convoi avait dû abréger sa mission en raison de bombardements sur Douma.

Les aides médicales et la nourriture doivent permettre de satisfaire les besoins de 70.000 personnes au total, a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Pour le convoi de jeudi, "nous ne savons pas encore combien de camions il y aura, mais ce sera le reste des aides pour 70.000 personnes" en question, a déclaré à l'AFP une porte-parole d'Ocha à Damas, Linda Tom.

"Cela comprendra les aides médicales dont le chargement n'avait pas été autorisé" dans le convoi de lundi, a-t-elle signalé.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s'est progressivement complexifié avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Donald Trump veut sévir contre les "dépassements de visa"

Donald Trump veut sévir contre les "dépassements de visa"
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:47 0:00

L'EI a revendiqué les attentats qui ont tué plus de 320 personnes au Sri Lanka

L'EI a revendiqué les attentats qui ont tué plus de 320 personnes au Sri Lanka
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:55 0:00

Le groupe État islamique revendique les attentats de Pâques au Sri Lanka

Enterrement d'une victime des attentats-suicides dans un cimetière près de l'église Saint-Sébastien à Negombo, au Sri Lanka, le 23 avril 2019.

Le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué mardi les attaques suicides contre des églises et hôtels de luxe qui ont fait plus de 320 morts et 500 blessés le dimanche de Pâques au Sri Lanka, attentats parmi les plus meurtriers depuis le 11 septembre 2001.

"Les auteurs des attaques ayant visé des ressortissants des pays de la Coalition (anti-EI) et les chrétiens au Sri Lanka avant-hier sont des combattants de l'EI", a annoncé l'organisation jihadiste sur son agence de propagande Amaq.

Des kamikazes ont provoqué un carnage le dimanche de Pâques dans trois hôtels de luxe et trois églises, en pleine messe, à Colombo et ailleurs dans le pays. Les autorités ont attribué le bain de sang au mouvement islamiste local National Thowheeth Jama'ath (NTJ), qui ne l'a pas revendiqué, et cherchent à savoir s'il a bénéficié d'un soutien logistique international.

Les éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance mardi permettent d'éclaircir la chronologie et les circonstances de ces Pâques sanglantes.

Sur les huit explosions de bombes au total ce jour-là, les six premières, en début de matinée, sont des attentats suicides contre trois églises et trois hôtels de luxe, le Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury. Deux explosions ultérieures, survenues en début d'après-midi à Colombo, sont le fait de suspects qui se sont donné la mort pour échapper à l'arrestation.

Deux frères sri-lankais musulmans, figurant parmi les kamikazes, ont joué un rôle-clé dans ce déchaînement de violence, au cours duquel un autre attentat suicide a échoué dans un quatrième hôtel de luxe à Colombo, ont révélé mardi des sources proches de l'enquête.

Selon les policiers, ces deux frères, d'une vingtaine d'années et dont les noms n'ont pas été révélés, opéraient une "cellule terroriste" familiale et jouaient un rôle-clé au sein du NTJ. Les enquêteurs ignorent toutefois encore si les attaques sont le fait de cette seule "cellule", ou d'équipes séparées mais coordonnées.

Un quatrième hôtel de luxe de la capitale sri-lankaise, adjacent aux trois frappés, figurait sur la liste des objectifs du dimanche de Pâques. Pour une raison inconnue, le sac à dos rempli d'explosifs du kamikaze chargé de cette cible n'a pas explosé et il a pris la fuite, ont indiqué des sources policières à l'AFP.

Cerné par les forces de l'ordre quelques heures plus tard dans la banlieue sud de Dehiwala, le suspect s'est alors fait exploser, causant la mort de deux passants. À peu près au même moment, dans le nord de la ville, à Orugodawatta, la femme d'un des frères kamikazes a actionné des explosifs lorsque les forces de l'ordre sont arrivées à leur résidence familiale, tuant avec elle-même ses deux enfants et trois policiers.

- Larmes et deuil -

Le Sri Lanka a rendu mardi un hommage poignant aux 321 morts des attentats, selon un nouveau bilan. Parmi les tués figurent au moins 39 étrangers - dont une personne de nationalité française, selon Colombo - et 45 enfants et adolescents.

L'île de 21 millions d'habitants est restée silencieuse durant trois minutes à 08H30 locales (03H00 GMT), heure de la première explosion d'un kamikaze deux jours auparavant, à l'église catholique Saint-Antoine de Colombo.

Des Sri-Lankais laissaient libre cours à leur douleur mardi lors de messes en hommage aux morts de ces attentats, les pires violences qu'ait connu le pays depuis, il y a dix ans, la fin de la guerre civile entre la majorité cinghalaise et la rébellion indépendantiste tamoule.

Anéantis, des proches de victimes s'effondraient dans les bras de leurs voisins.

"Nous n'avons pas ressenti une telle tristesse depuis la guerre", a assuré Rashmi Fernando, une femme de 36 ans, qui participait à l'une de ces cérémonies.

Le gouvernement a décrété une journée de deuil national. Les magasins vendant de l'alcool sont fermés, les drapeaux sont en berne et les radios et télévisions doivent adapter leur programmation musicale.

À l'église Saint-Antoine, des dizaines de personnes ont prié en silence, des bougies à la main, certaines retenant à grand peine leurs larmes. À l'issue des trois minutes de silence, la foule a entamé une prière à voix haute.

À une trentaine de kilomètres plus au nord, dans la localité de Negombo, une messe commémorative a eu lieu à l'église Saint-Sébastien, autre lieu d'un attentat suicide. Des cercueils étaient portés à tour de rôle sur des tables, devant des proches secoués de sanglots.

"Il y a tant de corps que nous ne pouvons pas les présenter tous en même temps", a expliqué à l'AFP Anthony Jayakody, évêque auxiliaire de Colombo qui célébrait la messe.

- Rivalités au sommet de l'État -

Les premiers éléments de l'enquête montrent que ces attentats ont été commis en représailles au récent massacre des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande (50 morts), a annoncé mardi le vice-ministre sri-lankais de la Défense Ruwan Wijewardene.

L'organisation NTJ avait fait il y a dix jours l'objet d'une alerte diffusée aux services de police, selon laquelle elle préparait des attentats suicides contre des églises et l'ambassade d'Inde à Colombo.

D'après le porte-parole du gouvernement, cette alerte n'avait pas été transmise au Premier ministre Ranil Wickremesinghe ou à d'autres ministres de haut rang. Un élément qui pourrait relancer la crise au sommet de l'État sri-lankais.

La police est en effet de la juridiction du président Maithripala Sirisena, en conflit ouvert avec son chef de gouvernement. Il l'avait limogé à l'automne mais avait été forcé de le réinvestir après sept semaines de chaos politique. Les deux têtes de l'exécutif se vouent une animosité réciproque.

Environ 1,2 million de catholiques vivent au Sri Lanka, un pays majoritairement bouddhiste (70%) qui compte aussi 12% d'hindous et 10% de musulmans.

Les ambassades étrangères au Sri Lanka ont recommandé à leurs ressortissants d'éviter tout déplacement non impératif. Les États-Unis ont, dans leurs conseils aux voyageurs, évoqué la possibilité de nouvelles attaques.

De nouvelles pressions sur Téhéran

De nouvelles pressions sur Téhéran
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:48 0:00

Le Sri Lanka traque les responsables des attentats

Le Sri Lanka traque les responsables des attentats
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:30 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG