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Olympio appelle Gnassingbé à ne pas se représenter en 2020

  • VOA Afrique

L'opposant togolais Gilchrist Olympio arrive à Lomé, le 12 août 2010.

Gilchrist Olympio, figure historique sur la scène politique au Togo, a appelé mardi le président Faure Gnassingbé qui fait face depuis plus de trois mois à une contestation populaire, à ne pas se représenter à la présidentielle de 2020.

"Le régime doit (...) accepter le retour aux fondamentaux de la Constitution de 1992", qui stipule qu'un président ne peut pas rester plus de dix ans au pouvoir, a déclaré M. Olympio, président de l'Union des forces du changement (UFC).

"Faure Gnassingbé doit ensuite accepter le principe de ne pas se représenter à la présidentielle de 2020, afin de laisser le champ libre à une consultation démocratique (...)", a-t-il ajouté lors d'un point de presse à son domicile.

"L'occasion vous est offerte d'entrer dans l'Histoire en créant les conditions pour changement pacifique de pouvoir".

L'ex-opposant historique a également demandé à l'opposition d'être "unie" et de "développer un projet clair et responsable pour préparer la compétition d'idées à laquelle tous les partis devront prendre" part, tout en annonçant sa retraite politique.

Agé de 80 ans, M. Olympio est le fils du premier président, Sylvanus Olympio, assassiné lors du coup d'Etat mené en 1963 auquel avait pris part Gnassingbé Eyadéma, père de l'actuel président.

Après s'être opposé pendant des décennies au général Eyadéma, puis à son fils Faure Gnassingbé, M. Olympio a signé en mai 2010 un accord qui a permis l'entrée de son parti au gouvernement jusqu'à ce jour.

Quatorze partis politiques de l'opposition se mobilisent depuis plus de trois mois au Togo pour demander la démission du président Gnassingbé, à la tête du Togo depuis 2005. Il a succédé à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Seize personnes ont été tuées en deux mois, dont des adolescents et deux militaires lynchés par la foule, selon un bilan établi par l'AFP.

L'opposition a appelé à trois nouvelles journées de manifestations les 29 et 30 novembre et le 2 décembre.

Le gouvernement a promis d'organiser un référendum pour faire adopter une réforme prévoyant notamment une limitation des mandats présidentiels, mais la mesure n'est pas rétroactive, permettant à M. Gnassingbé de se présenter aux scrutins de 2020 et de 2025.

Des tractations sont en cours grâce à l'intervention de médiateurs, comme les présidents ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé, pour organiser un dialogue politique entre pouvoir et opposition qui pourrait avoir lieu "d'ici à quelques semaines" selon Faure Gnassingbé.

Avec AFP

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