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Obama attendu de pied ferme par les opposants au libre-échange à Hanovre

Le président Barack Obama marche après sa descente de l’hélicoptère pour aller embarquer à bord d’Air Force One à l'aéroport international King Khalid à Riyad, en Arabie Saoudite, 21 avril 2016.

Les opposants au projet d'accord de libre-échange transatlantique comptent manifester par milliers samedi à Hanovre, dans le nord de l'Allemagne, à la veille de l'arrivée du président américain Barack Obama qui a fait du sujet l'une de ses priorités.

La venue de M. Obama, qui inaugurera dimanche la foire industrielle de Hanovre, où les entreprises américaines auront la part belle, et rencontrera la chancelière Angela Merkel, est censée donner une nouvelle impulsion aux négociations sur le plus grand accord commercial de ce type au monde, à un moment où elles sont mal engagées.

M. Obama a une nouvelle fois défendu le projet de traité dans une interview au quotidien allemand Bild. Cet accord de libre-échange "est un des meilleurs chemins pour promouvoir la croissance et créer de l'emploi", il va "renforcer le commerce et créer des emplois aux Etats-Unis et dans l'Union européenne", a-t-il déclaré.

"Nous ne manifestons pas contre Obama, mais contre le TTIP", acronyme de l'accord de libre-échange, également appelé Tafta, qui est en négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis, affirme une des personne ayant pris l'initiative de la manifestation, Christoph Bautz (ONG Campact).

L'opposition aux accords de libre-échange mobilise particulièrement en Allemagne: entre 150.000 et 250.000 personnes, selon les comptages, avaient défilé sur le sujet en octobre à Berlin.

Des dizaines de milliers de manifestants attendus

"Nous ne reculons pas sur nos normes, nous protégeons ce qui se fait aujourd'hui en Europe en matière d'environnement et de protection des consommateurs", a répondu dans un message vidéo diffusée par ses services Mme Merkel avant sa venue à Hanovre.

Ce traité "gagnant-gagnant" est une chance pour l'UE de "définir des normes d'envergure mondiale", selon elle. En cas d'accord avec les Etats-Unis, que Berlin espère officiellement encore d'ici à la fin de l'année, les autres puissances mondiales auront "beaucoup de mal à rester durablement en arrière", a-t-elle estimé.

Des "dizaines de milliers" de contestataires sont attendus à partir de la mi-journée dans le centre de Hanovre, selon les organisateurs.

"Véritable offense à la société civile", "menace pour la démocratie", "mise en danger des standards sociaux et écologiques", "profondément antiaméricain et antieuropéen", les ONG et syndicats n'ont pas de mots assez forts pour définir le danger qu'ils voient dans un tel accord de libéralisation.

Un nouveau cycle de négociations sur le TTIP doit justement débuter lundi à New York, le 13e depuis 2013, et le sujet sera un des thèmes majeurs discutés par Barack Obama et Angela Merkel dimanche.

Les milieux économiques allemands très tournés vers l'exportation poussent en ce sens. Et le Premier ministre britannique David Cameron a assuré vendredi que le TTIP "ferait gagner des milliards à nos économies".

Les opinions sceptiques

Mais le scepticisme enfle du côté de la société civile, avec en point de mire la crainte d'un nivellement par le bas des critères sanitaires et de sécurité: seuls 17% des Allemands et 15% des Américains pensent que l'accord TTIP est "une bonne chose", contre plus de 50% en 2014, selon un sondage de la fondation Bertelsmann.

Le président Barack Obama a fait du libre-échange le coeur de sa politique économique, mais le sujet a perdu la cote aux Etats-Unis, où il est associé par beaucoup aux pertes d'emplois liées à la mondialisation. Et les prétendants à sa succession actuellement en campagne sont la plupart très critiques.

Le secrétaire américain au Commerce Michael Froman a mis en garde dans le quotidien allemand Handelsblatt: si un accord ne peut être conclu cette année, "il y aura une très grande incertitude sur notre capacité à jamais y arriver".

S'il est bien peu probable qu'un accord complet soit trouvé d'ici à l'élection présidentielle américaine en novembre, Angela Merkel s'accroche à l'idée d'en dégager "les grandes lignes" tant que Barack Obama est en poste.

Mais au vu des difficultés du TTIP, Barack Obama pourrait plutôt se concentrer sur un autre objectif: la ratification en cours du Partenariat trans-Pacifique, un traité de libre-échange entre les zones Asie-Pacifique et Amérique.

Avec AFP

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Le cours du jus d'orange monte grâce au coronavirus

Dans un supermarché Nakumatt, à Nairobi, Kenya, le 18 juillet 2014. (Photo: REUTERS/Thomas Mukoya)

Le cours du jus d'orange connaît une forte hausse cette semaine, sous l'effet d'une demande importante des consommateurs espérant qu'un peu de vitamine C les aidera à combattre le nouveau coronavirus.

La livre de jus d'orange a gagné plus de 20% en cinq jours pour atteindre jeudi 122,55 cents sur le marché new-yorkais, un niveau qu'elle avait atteint l'an dernier à la même époque mais sous lequel elle évoluait depuis.

Le jus d'orange est bien "l'un des plus gros gagnants sur les marchés" en ce moment, assure à l'AFP Stephen Innes, de AxiCorp, en raison de ses "propriétés immuno-stimulantes" qui ont mis un coup d'accélérateur à la demande.

"Cette réaction (des cours) n'est pas rare lors des épidémies de grippe, les consommateurs étant en demande de boissons plus saines", abonde François Sonneville, analyste chez Rabobank interrogé par l'AFP.

"La question de savoir si le jus d'orange est sain fait l'objet de nombreux débats (...) en raison de sa teneur naturellement élevée en sucre, mais il a été démontré que la vitamine C renforce le système immunitaire", a-t-il ajouté.

Ce rebond des cours est accentué par les contraintes qui pèsent par ailleurs sur l'offre.

"Comme les avions sont pour la plupart cloués au sol, il devient difficile d'acheminer les oranges et la pulpe", complète M. Innes.

"De même, les consignes de distanciation sociale et les confinements compliquent la récolte" des fruits, a-t-il ajouté.

Avec les deux tiers de la production mondiale, selon des données compilées par Rabobank, le Brésil est de loin le premier producteur de jus d'orange sur la planète.

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Coronavirus : le pape préside en solitaire une prière planétaire

Le pape François peu avant son traditionnel discours "Urbi et Orbi", le 25 décembre 2019. (AFP PHOTO /VATICAN MEDIA)

C'est une première : seul sur le gigantesque parvis désert de la basilique Saint-Pierre, le pape François préside vendredi une prière mondiale contre la pandémie pour un public virtuel, conclue par une inhabituelle bénédiction "Urbi et orbi".

A 17h00 GMT, le chef du 1,3 milliard de catholiques de la planète leur a demandé de se joindre à lui durant une heure, via internet, la radio ou la télévision.

Même le réalisateur italien Paolo Sorrentino, auteur de deux séries très provocatrices campées au Vatican avec des hommes en blanc iconoclastes, n'avait pas imaginé une place Saint-Pierre totalement vide.

Vendredi, l'Argentin Jorge Bergoglio s'exprimera lors d'une "méditation", assis sur un fauteuil installé sur un parvis interdit d'accès par la police italienne.

Le portail internet du Saint-Siège ("Vatican News") a mis en place des retransmissions en direct en huit langues, dont le chinois ou l'arabe, y ajoutant un canal avec la langue des signes, une nouveauté.

"A la pandémie du virus nous voulons répondre avec l’universalité de la prière, de la compassion, de la tendresse", avait expliqué dimanche dernier le pape François.

"Restons unis. Faisons sentir notre proximité avec les personnes les plus seules et les plus éprouvées. Notre proximité avec les médecins, les opérateurs de santé, les infirmiers et infirmières, les volontaires", avait-il dit, en mentionnant aussi "les autorités qui doivent prendre des mesures difficiles" et "les policiers, soldats, qui cherchent à maintenir l’ordre sur la route".

Un "Urbi et Orbi" inédit

En temps normal, la bénédiction "Urbi et Orbi" (A Rome et au monde) se fait depuis la célèbre loggia du palais apostolique, uniquement à Noël et Pâques, les deux temps forts du calendrier chrétien, ou encore à l'occasion de l'élection d'un nouveau pape.

La bénédiction est normalement précédée d'un tour d'horizon des conflits armés de la planète. Mais vendredi, le pape se concentrera sur un adversaire, le nouveau coronavirus qui a infecté plus d'un demi-million de personnes dans le monde dont plus de 23.000 sont décédées.

Les croyants auront aussi la possibilité d'obtenir "l'indulgence plénière", ou pardon des péchés, qui peut être accordée de façon collective aux personnes menacées par les guerres ou les épidémies.

A la mi-mars, le pape s'était rendu en pèlerinage surprise dans deux églises de Rome, filmé à pied dans la principale artère d'une Rome aux allures de ville fantôme.

A l'une de ces églises, il a emprunté un "crucifix miraculeux" qui aurait sauvé la capitale italienne de la grande peste au XVIe siècle, exhibé lors de processions et qui a été placé vendredi devant la basilique Saint-Pierre.

"Au temps de la peste au Moyen-Age, l'Eglise était la seule présente sur la scène publique à travers les processions de prêtres qui devaient produire des miracles", rappelle le vaticaniste italien Marco Politi.

Or l'Eglise s'avère grandement éclipsée et marginalisée dans la communication de crise sanitaire de pays de plus en plus sécularisés, donnant la parole aux médecins et aux élus.

"Le pape a senti qu'il devait faire quelque chose", souligne Marco Politi. "Il est allé dans les rues de Rome, l'Eglise oeuvre en coulisses pour apporter notamment de la nourriture aux pauvres, mais le pape veut reprendre une part de la scène et de l'imaginaire collectif", analyse-t-il.

A l'heure d'un strict confinement en Italie, les services de l'Eglise catholique universelle sont au ralenti et la plupart des prélats dirigeant des dicastères (ministères) travaillent dans leurs appartements.

Sur la santé du pape, qui a souffert d'un rhume avec toux en mars et serait entouré d'un strict cordon sanitaire, le Saint-Siège reste des plus discrets. Même si un prélat italien travaillant à la Secrétairerie d'Etat (gouvernement) et vivant dans sa résidence a été testé positif mercredi au coronavirus, selon des médias italiens.

Un religieux travaillant également à la Secrétairerie d'Etat vient aussi d'être contaminé, rapporte vendredi le quotidien Il Messagero, selon qui les tests faits à date sur le pape ont tous été négatifs.

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