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Obama retrouve ses alliés du Golfe, priorité à la lutte contre l'EI

Le président américain Barack Obama et le roi Salman d'Arabie Saoudite, à Erga Palace à Ryad, mercredi le 20 avril 2016.

Un an après le sommet de Camp David, le président des Etats-Unis Barack Obama retrouve jeudi à Ryad les monarques du Golfe avec l'espoir d'une implication plus forte de leur part dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

A neuf mois de son départ de la Maison Blanche, M. Obama doit aussi s'employer à rassurer ses alliés sunnites (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar), échaudés par l'ouverture américaine vers l'Iran, leur grand rival chiite, et par ses propos sur sa vision de la région.

Fort des progrès enregistrés ces derniers mois contre l'EI en Irak et en Syrie, grâce à l'appui des raids aériens menés par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, M. Obama veut accélérer le rythme face à des djihadistes "sur la défensive".

Les Etats-Unis viennent d'annoncer le déploiement de près de 220 soldats supplémentaires et d'hélicoptères d'attaque pour soutenir les forces irakiennes notamment dans la reconquête de Mossoul, la deuxième ville du pays, aux mains de l'EI depuis juin 2014.

Mais Washington veut aussi mettre l'accent sur la nécessaire reconstruction de villes reprises aux djihadistes, mais ravagées par les combats, à l'image de Ramadi, à l'ouest de Bagdad.

- Régler les conflits -

Mercredi, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a appelé les riches monarchies pétrolières au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à s'impliquer davantage en Irak, pas seulement militairement comme l'ont fait Ryad et Abou Dhabi, mais aussi "politiquement et économiquement".

Le "soutien sunnite" à la reconstruction sera "crucial" pour assurer une victoire définitive contre les djihadistes, a souligné M. Carter, également présent à Ryad.

Les Etats-Unis comptent aussi sur leurs alliés du Golfe dans la résolution des conflits qui déchirent la région.

Le professeur des sciences politiques à l’université de Sherbrooke au Canada Sami Aoun décortique l'"échec" de l'administration Obama dans le Moyen-Orient. Sur VOA Afrique, M. Aoun a déclaré qu'il ne voit pas le président Obama changer de stratégie.

Eric Manirakiza a joint Sami Aoun
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Selon Rob Malley, conseiller du président américain, la recherche d'une solution diplomatique est urgente pour des raisons humanitaires en Syrie et au Yémen en particulier, mais aussi "pour que les pays impliqués dans ces combats soient capables, lorsqu'une solution politique aura été trouvée, de se concentrer sur la lutte contre l'EI et Al-Qaïda".

Les avancées diplomatiques restent néanmoins embryonnaires et extrêmement fragiles.

Les principaux responsables de l'opposition syrienne ont commencé à quitter les négociations de Genève, face à la poursuite des offensives du régime du président Bachar al-Assad.

Au Yémen, les rebelles chiites Houthis s'apprêtent finalement à se joindre aux pourparlers de paix qui doivent débuter avec retard jeudi à Koweït, mais des combats se poursuivent sur le terrain et une solution politique semble lointaine.

- 33 milliards de dollars -

M. Obama, qui s'exprimera à l'issue du sommet avec le CCG, devrait profiter de l'occasion pour assurer ses interlocuteurs que les Etats-Unis ne baisseront pas la garde face aux "activités déstabilisatrices" de l'Iran, qui soutient le régime Assad en Syrie, le Hezbollah au Liban et les rebelles Houthis au Yémen.

En mai 2015, en pleines négociations avec Téhéran sur son programme nucléaire, le président américain avait retrouvé les dirigeants du CCG à Camp David.

Réaffirmant "l'engagement inébranlable" des Etats-Unis envers ses partenaires arabes, il avait souligné avec force que l'objectif d'une coopération sur la sécurité n'était pas de "perpétuer une confrontation sur le long terme avec l'Iran ou même de marginaliser l'Iran".

Certaines monarchies du Golfe appellent de leurs voeux un accord de défense mutuelle, à l'image du traité de l'Otan. Si la Maison Blanche a exclu un tel projet, elle rappelle qu'elle a accéléré depuis la coopération militaire avec les pays du Golfe inquiets de la menace iranienne.

Washington a ainsi donné son feu vert à "plus de 33 milliards de dollars" de ventes d'équipements militaires aux pays du Golfe depuis un an, selon M. Carter.

Les patrouilles communes de navires de guerre se sont multipliées, comme les exercices militaires conjoints. Et les deux parties travaillent sur un projet de défense aérienne et anti-missile commun pour les six pays du Golfe.

Avec AFP

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Wuhan rouvre alors que l'hécatombe continue en Europe et en Amérique

Des voyageurs à la gare de Hankou à l'approche de la reprise de son trafic, à Wuhan dans la province du Hubei (Centre de la Chine), le mardi 7 avril 2020. Les résidents de Wuhan seront bientôt autorisés à voyager à nouveau, après un confinement de 11 semaines. (AP / Ng Han Guan)

La vie à Wuhan, le berceau du Covid-19, a commencé lentement à retourner à la normale avec la levée dans la nuit de mardi à mercredi du bouclage de la ville, mais le nouveau coronavirus a encore tué des milliers de personnes aux Etats-Unis et en Europe, avec un record au Royaume-Uni et à New York.

La France a été mardi le quatrième pays à franchir la barre des 10.000 morts officiellement comptabilisés comme causés par le virus, après l'Italie, l'Espagne et les Etats-Unis.

Dans le monde, on s'approche des 100.000 morts, avec plus de 80.000 recensés mardi par l'AFP. Mais ce comptage, à partir de sources officielles, est en dessous de la réalité, puisque de nombreux morts hors des hôpitaux ne sont ni testés, ni comptabilisés, par exemple aux Etats-Unis où les règles varient d'une juridiction à une autre.

A Londres, le Premier ministre Boris Johnson, 55 ans, s'apprêtait mardi à passer sa troisième nuit à l'hôpital. Il est dans un état stable dans une unité de soins intensifs, mais conscient et sans respirateur artificiel.

Le Premier ministre conservateur est le seul chef d'Etat ou de gouvernement d'une grande puissance à avoir contracté la maladie.

Prié "de le remplacer là où nécessaire", le chef de la diplomatie Dominic Raab, 46 ans, s'est engagé à agir pour "vaincre le coronavirus" durant cet intérim. Le pays, l'un des plus touchés d'Europe, a enregistré mardi un record de 786 décès en 24 heures, portant son total à 6.159 morts.

Dans un monde en quête de bonnes nouvelles, la réouverture aux transports de Wuhan, où 11 millions d'habitants vivaient coupés du monde depuis fin janvier, montre que le coronavirus peut être dompté, même si le confinement général n'a pas été levé et de nombreux contrôles restent en place.

Des centaines de personnes qui étaient bloquées dans la ville se sont immédiatement ruées vers les gares, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Ça fait 77 jours que j'étais enfermé!", s'est réjoui un voyageur, impatient de rentrer à Changsha, à quelque 350 kilomètres.

- Les Noirs plus touchés aux Etats-Unis -

Aux Etats-Unis, l'Etat de New York, épicentre américain de l'épidémie, a enregistré un nouveau record de 731 morts en 24 heures, pour un total de 5.489 décès.

La cathédrale Saint-Jean le Théologien, à Manhattan, est en train d'être transformée en hôpital de campagne, avec des tentes médicales dans sa longue nef et sa crypte.

"Au cours des siècles précédents, les cathédrales étaient toujours utilisées de cette façon, comme pendant la peste", a observé le doyen de la cathédrale, Clifton Daniel.

Mais New York n'est pas le seul foyer américain. Les hôpitaux du New Jersey, juste au sud, ainsi que ceux du Michigan (Detroit) et de Louisiane (La Nouvelle Orléans), sont submergés.

Une population semble particulièrement exposée, d'après des remontées provenant de quelques juridictions dont Chicago et Washington: les Noirs. D'abord parce qu'ils sont plus susceptibles d'avoir l'une des maladies qui causent des complications mortelles du Covid-19: le diabète, l'hypertension, les maladies cardiovasculaires.

Mais aussi car les inégalités socio-économiques historiques aggravent l'impact de l'épidémie dans la communauté: moins d'accès aux soins et au dépistage, et des emplois plus exposés à la contamination (supermarché, chauffeurs de bus...).

Des organisations de défense des minorités ont appelé les autorités fédérales à publier des statistiques nationales ventilées par ce que les Américains appellent "race" et ethnicité.

- L'attente du pic en Europe -

L'Europe, le continent le plus frappé par la pandémie avec plus de 57.000 morts, attend la stabilisation du nombre de morts quotidiens.

Mais d'un jour à l'autre, les bilans montent et descendent. L'Espagne, après quatre jours de baisse, a annoncé 743 morts qui portent le total à 13.798. Le bilan a également bondi en France, portant le total à 10.328 décès.

En dépit de ces rebonds, le nombre de nouvelles hospitalisations marque le pas dans plusieurs pays, dont l'Espagne et l'Italie (17.127 morts), ce qui pourrait mécaniquement faire baisser le nombre de morts après un délai, puisque les décès interviennent souvent après plusieurs jours d'hospitalisation, parfois des semaines.

"Bien que lentement, une certaine baisse de pression commence à être observée dans les hôpitaux et les unités de soins intensifs", relève la Dr Maria José Sierra du Centre d'alertes sanitaires espagnol.

A l'hôpital Vall d'Hebron, le plus grand de Barcelone, "nous avons eu jusqu'à 24 nouveaux patients par jour deux jours de suite", témoigne le chef du service Ricard Ferrer, qui évoque également un situation stabilisée. Mais "on s'attend encore à une ou deux semaines très critiques".

- Chômage massif -

Les marchés misent également sur une prochaine décrue: en Asie et en Europe, les grandes Bourses ont fini largement dans le vert, tandis que Wall Street a fini en légère baisse.

Mais une récession généralisée apparaît inévitable en 2020, l'Organisation internationale du travail évoquant la plus grave crise du marché de l'emploi depuis la Seconde Guerre mondiale, avec 1,25 milliard de travailleurs potentiellement touchés.

Les ministres des Finances de l'UE divergent sur les mesures économiques que l'Europe pourrait prendre pour répondre à la crise du coronavirus, le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno, plaidant pour "un plan de relance coordonné de grande envergure".

Un sommet par visioconférence se poursuivait dans la soirée de mardi, mais les pays du Nord (Allemagne et Pays-Bas en tête) sont opposés à un plan d'aide commun financé par une dette collective.

L'UE va par ailleurs garantir plus de 15 milliards d'euros pour aider les pays les plus vulnérables en Afrique et dans le reste du monde.

Un débat mondial s'esquisse déjà sur le "déconfinement", suscitant la crainte d'un relâchement chez les plus de quatre milliards de personnes, soit plus de la moitié de l'humanité, aujourd'hui contraintes ou appelées par leurs autorités à rester cher elles.

Après l'Autriche lundi, la Slovénie veut lever des restrictions la semaine prochaine, la Norvège à compter du 20 avril, et le Portugal évoque un début de retour à la normale en mai.

Des voyageurs devant la gare de Hankou à l'approche de la reprise de son trafic à Wuhan dans la province du Hubei, dans le centre de la Chine, le mardi 7 avril 2020. Les résidents de Wuhan seront bientôt autorisés à voyager à nouveau, mettant fin à un verrouillage de 11 semaines. (Photo AP / Ng Han Guan)

La pandémie du Covid-19 a fait plus de 75.000 morts dans le monde

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ONU Femmes reporte à 2021 le Forum Génération Egalité

Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice d’ONU Femmes, s’exprimant sur l'autonomisation des femmes et des filles au siège de la Banque mondiale à Washington, 14 mai 2014. (AP Photo/Cliff Owen)

Cette rencontre organisée par ONU Femmes, en collaboration avec le Mexique et la France, a été reportée au premier semestre 2021 en raison de l'épidémie de coronavirus. Les nouvelles dates seront annoncées "dans les prochains mois".

La rencontre internationale axée sur l'implication de la société civile dans la promotion de l'égalité entre femmes et hommes devait s'ouvrir à Mexico début mai puis se poursuivre en juillet à Paris.

Elle devait commémorer le 25e anniversaire du "Programme d'action de Pékin", issu de la Conférence mondiale sur les femmes organisée en Chine en 1995.

L'objectif est de "dresser un bilan des progrès accomplis" et "d'élaborer des mesures concrètes pour atteindre l'égalité entre les femmes et les hommes avant 2030", selon l'agence des Nations unies.

Pendant les dates prévues initialement pour la rencontre, ONU Femmes organisera des conférences numériques sur le sujet.

Première très brève session publique du Conseil de sécurité de l'ONU depuis le 12 mars

Le Conseil de sécurité de l'ONU le 10 mars 2020.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui se réunit désormais régulièrement par visioconférences en raison de la pandémie de Covid-19 qui interdit tout rassemblement physique, a tenu mardi sa première session publique - ultra-courte - depuis le 12 mars pour évoquer la situation au Mali.

L'accès via le site internet de l'ONU à cette réunion des 15 membres du Conseil a été rendu possible par la République dominicaine, membre non permanent et président en exercice de cette instance en avril. En mars, sous présidence chinoise, aucune réunion n'avait été accessible aux médias et au grand public.

Cette absence de transparence a été critiquée dans une lettre du 31 mars envoyée à la présidence du Conseil par le Groupe Responsabilité, cohérence et transparence (Groupe ACT) auprès de l'ONU, coordonné par la Suisse qui réunit 25 pays représentant le monde entier.

"Le Groupe ACT s'inquiète de ce que les réunions du Conseil qui ont eu lieu depuis qu’il est devenu impossible, du fait de la crise, de tenir des réunions physiques dans la salle du Conseil, n"ont pas été intégrées dans le programme de travail, ou annoncées officiellement, ou diffusées sur le web", souligne dans cette missive l'ambassadeur suisse à l'ONU, Jürg Lauber.

La retransmission de la réunion mardi n'a duré que dix minutes, le temps pour l'émissaire de l'ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, de prononcer son allocution de Bamako. Comme programmé pour toutes les réunions "publiques" en avril, l'écran est redevenu noir ensuite, les 15 membres du Conseil passant au huis clos sans exposer leur point de vue publiquement comme dans le passé.

- "Torture" -

Officiellement l'ONU évoque des problèmes techniques pour expliquer l'absence de visioconférences publiques. Interrogés, plusieurs pays membres du Conseil ont promis de diffuser leur allocution ultérieurement.

Sur l'image diffusée par le site web de l'ONU, les ambassadeurs, en vignettes de chez eux ou d'un bureau, semblent absorbés par le sujet de la réunion.

Le système de visioconférence utilisé par les Nations unies interdit jusqu'à présent les traductions simultanées dans les six langues en vigueur (anglais, espagnol, français, arabe, russe, chinois), ne permettant que des réunions en anglais.

"C'est une torture", confie à l'AFP un ambassadeur francophone sous couvert d'anonymat. "Avec l'anglais, il n'est plus possible de corriger son texte juste avant de le prononcer", ajoute-t-il, en craignant aussi les aléas d'une vision du monde à l'ONU de plus en plus anglosaxonne.

En pleine quarantaine, un bébé tigre nommé Covid

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