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RDC

Où sont les 15 millions ? La question qui embarrasse la présidence congolaise

Le président Félix Tshisekedi arrive à la présentation du programme de ses 100 premiers jours, à Kinshasa, RDC, 2 mars 2019. (Twitter/Présidence RDC)

Quinze millions de dollars disparus voire détournés des comptes du Trésor public? L'enquête agite et divise la nouvelle équipe au pouvoir en République démocratique du Congo, avec en ligne de mire le premier allié du président Félix Tshisekedi.

Il s'agit de la première "affaire" depuis l'investiture le 24 janvier de M. Tshisekedi, silencieux sur le sujet entre deux promesses de lutter contre la corruption et pour le "changement des mentalités" en RDC.

Vital Kamerhe, 60 ans, ex-président de l'Assemblée nationale, est davantage que son tout puissant directeur de cabinet: son premier partenaire politique.

Les deux hommes ont conclu un accord en novembre, juste avant les élections présidentielle, législatives et provinciales du 30 décembre.

M. Kamerhe aurait dû devenir Premier ministre après s'être désisté en faveur de M. Tshisekedi. Mais ils ont dû laisser la "Primature" aux alliés de l'ex-président Joseph Kabila, toujours majoritaires au Parlement.

A la présidence, M. Kamerhe n'a pas que des amis. Son parcours sinueux (pilier de l'ancien régime Kabila avant de passer à l'opposition en 2010), son omniprésence et ses ambitions présidentielles pour 2023 agacent la vieille garde des fidèles du président Tshisekedi, formés à l'école des cadres du parti UDPS.

Et depuis quelques jours, il a une bête noire: l'Inspection générale des finances (IGF), organisme placé sous la tutelle directe du chef de l'Etat à l'origine de trois récentes enquêtes.

Dans la plus retentissante, l'IGF cite "le directeur de cabinet" parmi les quatre responsables d'une "irrégularité" qui a privé l'Etat de 15 millions de dollars.

Cette somme a atterri sur le compte d'un "Comité de suivi des prix des produits pétroliers" ouvert dans une banque commerciale, la Rawbank, indique l'IGF dans un rapport daté de juillet disponible sur les réseaux sociaux.

Tshisekedi entre pragmatisme et principes
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Ces 15 millions correspondent à une retenue de 15% qui était destinée au Trésor public prélevée sur une somme de 100 millions versée par l'Etat à sept compagnies pétrolières (dont Total) pour compenser le gel des prix à la pompe.

Ll'IGF relève qu'entre le 27 mai et le 7 juin, la quasi-totalité de la somme - 14,775 millions - a été retirée en six fois du fameux compte ouvert à la Rawbank.

L'IGF détaille les retraits - de 775.000 à cinq millions de dollars- effectués en liquide par les deux mandataires du compte, désignés par l'ancien ministre de l'Economie.

Le compte a été "vidé", constate une source judiciaire.

"Il n’y a pas eu de détournement", s'est défendu M. Kamerhe à Jeune Afrique lundi. "Cet argent n’a pas disparu."

'Des pratiques anciennes'

"J'ai fait mon rapport et je l'ai transmis à qui de droit, aux autorités", a commenté pour l'AFP le ministre de l'Economie sortant, Henri Yav Mulang. Le titulaire du poste vient de changer avec l'investiture d'un nouveau gouvernement.

Où est l'argent? Une enquête judiciaire est en cours. Confronté à des "difficultés", l'IGF a transmis le dossier le 31 juillet à la plus haute juridiction du parquet, le procureur général près la Cour de cassation.

Le parquet a requis des informations auprès de la Rawbank et auditionné les deux mandataires du compte, selon des documents consultés par l'AFP.

Le président Tshisekedi n'a rien dit publiquement sur cette affaire, comme il n'a rien dit sur l'autre dossier qui a opposé M. Kamerhe à l'IGF.

En juillet, l'IGF a été saisie par l'Agence nationale de renseignements (ANR) pour auditer les dépenses des ministères depuis l'investiture du président. Vital Kamerhe a demandé à l'IGF la suspension de cet audit.

Dans un troisième dossier, Vital Kamerhe a aussi bridé les ardeurs de l'IGF qui s'intéressait à des entreprises du secteur privé, dont les deux brasseries Bralima (filiale de Heinekein) et Bracongo (filiale de Castel).

Vendredi, le président Tshisekedi a tenu à "rassurer le monde des affaires" contre les "tracasseries" administratives à l'ouverture d'un forum économique. Des propos interprétés comme un soutien à son "dircab".

Dimanche, l'IGF avait curieusement convoqué puis annulé une conférence de presse, "pour des questions de coordination avec la hiérarchie". La veille le chef de l'Etat avait reçu son chef de service en l'assurant de son soutien, affirme une source proche du dossier.

"Des pratiques anciennes se sont instituées en marge de la loi. Le nouveau gouvernement a l'occasion de prouver sa volonté de changement", rêve une source de l'IGF dont deux agents avaient en août été interpellés avant d'être relâchés.

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Un deuxième vaccin anti-Ebola sera introduit mi-octobre

Agents de santé près du point de contrôle à la frontière de Mpondwe entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo, le 14 juin 2019.

Les autorités congolaises entendent introduire un deuxième vaccin anti-Ebola à la mi-octobre, a annoncé lundi l'Organisation mondiale de la santé.

Auparavant MSF avait accusé l'OMS de "rationner" le premier vaccin en RDC où une épidémie de la fièvre hémorragique a déjà fait quelque 2.100 morts en plus d'un an.

"Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC) ont annoncé leur intention d'introduire un deuxième vaccin expérimental Ebola, fabriqué par Johnson & Johnson, à partir de mi-octobre", a indiqué l'OMS dans un communiqué.

L'agence spécialisée de l'ONU a précisé que le vaccin, qui requiert l'administration de deux à 56 jours d'intervalle, sera administré à des populations à risque ciblées dans des régions où il n'y a pas de transmission active du virus Ebola.

"Les autorités de RDC, en décidant de déployer le deuxième vaccin expérimental (...) ont une fois de plus fait preuve de leadership et de détermination afin de mettre fin à cette épidémie dès que possible", a souligné le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans un communiqué.

Déclarée le 1er août 2018, la 10e épidémie de fièvre hémorragique Ebola sur le sol congolais a tué plus de 2.100 personnes.

En juillet dernier, l'OMS a élevé la menace Ebola au rang "d'urgence de santé publique de portée internationale".

Jusqu'à présent, seul le vaccin expérimental fabriqué par Merck, jugé "très efficace et sûr" par l'OMS, avait été utilisé par la RDC. L'ancien ministre de la Santé congolais Oly Ilunga avait démissionné le 22 juillet, en dénonçant des tentatives d'introduction d'un deuxième vaccin "par des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste".

L'ex-ministre de la Santé a depuis été inculpé pour "détournement" présumé de fonds alloués à la lutte anti-Ebola, et placé en résidence surveillée à Kinshasa.

A ce jour, plus de 223.000 personnes ont reçu ce vaccin au cours de l'épidémie actuelle. Il continuera d'être administré à toutes les personnes à risque élevé d'infection à Ebola, dont celles qui ont été en contact avec une personne dont il a été confirmé qu'elle est atteinte d'Ebola.

Les contacts des contacts des personnes infectées par le virus sont également vaccinés, selon le principe dit de la "vaccination en anneau", a détaillé l'OMS.

En mai, le Groupe stratégique consultatif d'experts de l'OMS avait publié de nouvelles recommandations pour faire face aux difficultés liées à la mise en oeuvre de la vaccination anti-Ebola en RDC, suggérant notamment d'introduire le vaccin développé par Johnson & Johnson.

Le laboratoire belge Janssen Pharmaceuticals, filiale de l'Américain Johnson & Johnson, avait alors déclaré à la presse belge qu'il était prêt à envoyer des doses du vaccin en très grandes quantités.

Lutte contre la corruption : Tshisekedi veut changer "les mentalités"

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Ebola : MSF accuse l'OMS de "rationner" le vaccin des laboratoires Merck

Personnel médical de l'unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera à l'ouest de l'Ouganda à la frontière avec la RDC, le 12 décembre 2018.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a accusé lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de "rationner" le vaccin des laboratoires Merck, le seul utilisé à ce jour pour lutter contre la propagation du virus Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo.

"Un des problèmes majeurs réside aujourd'hui dans le fait qu'en pratique, le vaccin est rationné par l'Organisation mondiale de la santé, et que trop peu de personnes à risques sont aujourd'hui protégées", a écrit MSF dans un communiqué.

Dénonçant "l'opacité" de l'OMS, MSF demande "la création d'un comité de coordination international indépendant", pour "améliorer la coordination de la vaccination", et "garantir la transparence sur la gestion des stocks et le partage des données".

Interrogée par l'AFP, l'OMS a démenti toute limitation de l'accès au vaccin.

"Nous collaborons étroitement avec le gouvernement de la RDC pour atteindre le plus de communautés et d'individus possibles dans la zone de l'épidémie. Nous ne limitons pas l'accès au vaccin, mais mettons plutôt en place une stratégie recommandée par un comité d'experts indépendants, comme convenu avec le gouvernement de la RDC", a déclaré le Dr Mike Ryan, directeur des programmes d'urgence de l'OMS.

Déclarée le 1er août 2018, la 10e épidémie de fièvre hémorragique Ebola sur le sol congolais a tué plus de 2.100 personnes.

En juillet dernier, l'OMS a élevé la menace Ebola au rang "d'urgence de santé publique de portée internationale".

Au total 225.000 personnes ont été vaccinées, "mais ce nombre reste largement insuffisant", selon MSF.

"Jusqu'à 2.000-2.500 personnes pourraient être vaccinées chaque jour, contre un rythme actuel de 500 à 1.000 personnes", affirme dans le communiqué la directrice des opérations de MSF, Isabelle Defourny.

"Les efforts de MSF pour étendre l'accès à la vaccination en collaboration avec le ministère de la Santé (...) se sont heurtés au contrôle extrême imposé par l'OMS sur l'approvisionnement en vaccins".

"Les raisons derrière ces restrictions restent obscures", poursuit l'ONG, pour qui l'actuel vaccin rVSV-ZEBOV "a démontré son innocuité et son efficacité".

L'ONG balaie l'argument d'une crise d'approvisionnement : "Merck vient de déclarer qu'en plus des 245.000 doses déjà délivrées à l'OMS, ils étaient prêts à envoyer 190.000 autres doses si nécessaire, et que 650.000 autres seraient mises à disposition dans les six à 18 prochains mois".

Le communiqué de MSF a été publié sur fond de polémiques sur l'introduction d'un deuxième vaccin anti-Ebola.

"Le deuxième vaccin est en cours d'examen", a déclaré en fin de semaine dernière le coordonnateur de la riposte anti-Ebola du ministère congolais de la Santé, le Dr Jean-Jacques Muyembe. "Nous continuons avec le premier vaccin dans les endroits où il y a l'épidémie. Le deuxième vaccin sera utilisé sans doute en dehors des zones épidémiques pour protéger la population", a-t-il ajouté dans des propos rapportés par le site actualité.cd.

L'ex-ministre de la Santé, Oly Ilunga, avait démissionné le 22 juillet, en dénonçant des tentatives d'introduction d'un deuxième vaccin "par des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste".

En mai, le laboratoire belge Janssen Pharmaceuticals, filiale de l'Américain Johnson&Johnson, avait déclaré à la presse belge qu'il était prêt à envoyer des doses d'un vaccin expérimental anti-Ebola en RDC, en très grande quantité (jusqu'à 1,5 million, d'après le quotidien Le Soir).

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