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Aux origines de la NRA, le plus puissant lobby américain des armes à feu

Après chaque fusillade, la National Rifle Association (NRA), défend le sacro-saint port d'armes, inscrit dans le deuxième amendement de la constitution américaine. L’organisation aux 5 millions de membres, n’ayant à ses débuts aucune visée politique, est devenu l'un des groupes de pression les plus puissants à Washington. VOA Afrique revient sur les origines de cette organisation.

La National Rifle Association n’a pas attendu 2018 pour être la cible de vives critiques. Dès sa création le 17 novembre 1871 dans la campagne new-yorkaise, la NRA est obligée de déménager ses champs de tir vers le New Jersey voisin. Ses créateurs, le colonel William Church et le général George Wingate, souhaitent que l’association améliore la dextérité de leurs troupes au tir.

Contrairement à ses positions actuelles, la NRA à l’époque ne rejette pas les restrictions imposées au port d’armes. À de nombreuses reprises, elle collabore avec la Maison Blanche et le Congrès notamment sur les National Firearms Acts de Franklin D. Roosevelt. Ces lois imposent pour la première fois des restrictions pour les vendeurs d’armes et des taxes aux acheteurs (200 dollars).

Le président de la NRA, Karl Frederick, déclare alors que “la protection contre les armes repose sur un sentiment collectif dans le cadre d’une action législative réfléchie.”

Au fil des ans, les assassinats de personnalités politiques à répétition (JFK, Martin Luther King Jr, etc.) poussent le gouvernement américain à multiplier les réglementations.​

En 1975, suite à l’assassinat d’un de ses membres par des agents du gouvernement, la NRA décide de hausser le ton et de défendre activement ses intérêts. L'association crée sa première agence de lobby, the Institute for Legislative Action (ILA).

Le premier président de l’ILA, Harlon Carter, est responsable de la radicalisation de la NRA, dont il prendra la tête quelques années plus tard.

Une casquette et un tee-shirt vendus à un stand de la NRA à la Conférence d'Action Politique Conservatrice à National Harbor dans le Maryland le 23 février 2018
Une casquette et un tee-shirt vendus à un stand de la NRA à la Conférence d'Action Politique Conservatrice à National Harbor dans le Maryland le 23 février 2018

Carter n’apprécie pas que l’organisation se plie docilement aux restrictions gouvernementales et devienne progressivement une organisation “sportive”, comme le formule le vice-président de la NRA Franklin Orth en 1968.

En 1977, Carter et ses alliés s’invitent à une convention de l’organisation à Cincinnati pour déloger le président Maxwell Rich et empêcher le départ de la NRA dans le Colorado, qui aurait représenté un tournant sportif pour l’organisation.

Lors d’un véritable coup d’Etat surnommé “La révolte de Cincinnati”, après vétos et débats jusqu'à 4 heures du matin, la “vieille garde“ est destituée pour laisser place une nouvelle NRA, politisée et offensive. Carter devient son président.

Les lois sur le financement des campagnes présidentielles devenant plus laxistes, la NRA commence à s’investir sérieusement en politique pour assurer le maintien du port d’armes. Ronald Reagan est le premier président supporté par la NRA en 1980. L’organisation aurait dépensé 203,2 millions de dollars en politique depuis 1998 selon Politifact.

L'ancien gouverneur du Texas, Rick Perry, pendant la conférence annuelle de la NRA au Centre de Convention George R. Brown, à Houston au Texas le 3 mai 2013.
L'ancien gouverneur du Texas, Rick Perry, pendant la conférence annuelle de la NRA au Centre de Convention George R. Brown, à Houston au Texas le 3 mai 2013.

L’argent et la réputation sont les deux armes de la NRA pour influencer les hommes politiques aux Etats-Unis. L’organisation note comme à l’école ses bons et ses mauvais élèves. Les politiciens notés “A” sont ceux qui défendent le mieux le Second Amendement. A l’inverse, ceux qui obtiennent un « F » sont considérés comme des ennemis de la cause. La NRA déploient alors contre eux des campagnes pour appeler a voter pour leurs adversaires.

Après chaque tuerie de masse, l’association réitère religieusement le droit des citoyens américains de « posséder et porter des armes à feu » et blâme le manque de soins psychiatriques et Hollywood, qui rendrait la violence glamour.

Emma González, une lycéenne activiste de Parkland contre les armes, à Washington D.C., le 24 mars 2018.
Emma González, une lycéenne activiste de Parkland contre les armes, à Washington D.C., le 24 mars 2018.

Récemment, les positions de la NRA ont été violemment remises en question par des lycéens de Parkland en Floride, après la mort de 17 personnes tuées par un ancien étudiant armé d’un AR-15.

>> Lire aussi : Les jeunes se mobilisent pour désarmer l'Amérique

Ces adolescents semblent réussir là où les parents des enfants de Newton, les festivaliers de Las Vegas, et tant d’autres ont échoué : dénoncer l’influence politique du puissant lobby et faire changer les lois pour mieux contrôler les armes.

Selon le New York Times, quelques changements commencent à apparaître, même si le débat est loin d’être fini. Certains Etats américains comme l’Oregon, l’Etat de Washington, et le Vermont ont commencé à ratifier des lois pour intensifier les vérifications d’antécédents judiciaires ou augmenter à 21 ans l’âge légal pour se procurer une arme.

La Floride, quant à elle, a décidé d’armer les professeurs et de bannir les "bump stocks", ces petits dispositifs en métal ou en plastique permettant de transformer une arme semi-automatique en machine de guerre.

Le président américain Donald Trump a d'autre part rejeté mercredi l'appel d'un haut magistrat américain à réviser la Constitution en abrogeant le deuxième amendement sur la détention des armes à feu.

"LE DEUXIEME AMENDEMENT NE VA JAMAIS ETRE ABROGE", a tweeté mercredi M. Trump, réagissant à l'appel d'un ex-juge, John Paul Stevens.​

Cet ancien juge de la Cour suprême des Etats-Unis, institution gardienne de la Constitution américaine, a paradoxalement appelé mardi à abroger le deuxième amendement de la Constitution qui est considéré comme sacré par les défenseurs du port d'armes en Amérique, même si ce court paragraphe fait depuis deux siècles l'objet d'interprétations divergentes.

Bien que l’interdiction des armes à feu sur le territoire américain est encore impensable, la NRA, même armée jusqu’aux dents, reste dans le viseur d’une opposition farouche.

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Le Rapport Mueller finalement livré au public

Le Rapport Mueller finalement livré au public
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Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

Le département d'Etat américain se dit toujours «prêt à dialoguer» avec Pyongyang

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Trump exulte à la publication du rapport de l'enquête russe

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Le département d'Etat se dit toujours "prêt à dialoguer" avec Pyongyang

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi toujours prêt à coopérer avec la Corée du Nord, alors que Pyongyang a demandé un peu plus tôt le retrait du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo des discussions sur le nucléaire.

"Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

Ce porte-parole a précisé que les Etats-Unis étaient au courant de la demande de Pyongyang d'écarter M. Pompeo, mais ne l'a pas directement commentée.

Accusant le chef de la diplomatie américaine de manquer de prudence et de maturité, un haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a demandé la désignation d'un nouvel interlocuteur américain.

"Je crains que si M. Pompeo participe encore aux discussions, l'atmosphère sera mauvaise et les discussions vont à nouveau s'engluer", a déclaré le directeur général du département des Affaires américaines au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun, selon l'agence KCNA.

Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu quatre fois en Corée du Nord en 2018 et, s'il a espéré pouvoir conclure un accord avec la Corée du Nord, il s'est montré ferme sur son exigence de dénucléarisation complète avant tout allégement des sanctions américaines à l'encontre du régime reclus.

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