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Un juge américain appelle à réviser le deuxième amendement de la Constitution


Une arme semi-automatique est présentée dans un laboratoire des sciences criminelles à Seattle dans l'État de Washington, le 11 janvier 2018.

Un ex-juge de la Cour suprême des Etats-Unis, institution gardienne de la Constitution américaine, a paradoxalement appelé mardi à abroger le deuxième amendement de la Constitution sur la détention des armes à feu.

Cet appel de John Paul Stevens, dans une tribune publiée par le New York Times, intervient trois jours après la plus grande manifestation contre les armes de l'histoire des Etats-Unis.

"Rarement dans ma vie j'ai été le témoin d'un engagement civique tel que celui démontré par des écoliers et leurs supporteurs samedi à Washington et dans d'autres grandes villes du pays", a écrit l'ancien haut magistrat.

Ces manifestations "illustrent un large soutien de la population en faveur de lois réduisant le risque de tueries d'enfants scolarisés et autres", estime M. Stevens, qui avait été nommé à la Cour suprême par le président républicain Gerald Ford.

>> Lire aussi: Marée humaine en Amérique contre les armes à feu

L'ancien sage de la haute cour, où il a siégé 35 ans jusqu'en sa retraite en 2010, appelle à interdire les fusils d'assaut et à relever de 18 à 21 ans l'âge légal d'achat des armes à feu.

Mais il faut selon lui aller plus loin.

"Les manifestants devraient chercher à obtenir une réforme plus efficace et plus durable. Ils devraient exiger une abrogation du deuxième amendement", poursuit M. Stevens.

Dans un communiqué mardi, la National Rifle Association (NRA), premier lobby américain des armes, a dénoncé une "idée radicale".

"Les hommes et femmes de la NRA, tout comme la majorité de la population américaine et la Cour suprême, croient dans le droit à l'auto-défense du deuxième amendement et nous continuerons à lutter de façon assumée pour protéger cette liberté fondamentale", a assuré l'organisation.

Le deuxième amendement de la Constitution américaine est considéré comme sacré par les défenseurs du port d'arme en Amérique, même si ce court paragraphe fait depuis deux siècles l'objet d'interprétations divergentes.

Le texte énonce qu'"une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé".

"Cette préoccupation est un vestige du 18e siècle", tranche John Paul Stevens.

Parmi les arguments souvent opposés aux lobbies des armes figure le fait qu'à l'époque de l'adoption du Bill of Rights, on tirait au mousquet, une arme n'ayant rien à voir avec les fusils d'assaut modernes.

Les expressions "milice bien organisée" et droit à "détenir et porter des armes" ont été très discutées.

Pour certains, les rédacteurs constitutionnels ont à l'époque voulu seulement protéger le droit de détenir et utiliser des armes dans le cadre d'une force de maintien de l'ordre, comme l'armée ou la police.

En 2008 les partisans des armes individuelles avaient remporté une victoire historique à la Cour suprême, dont l'arrêt "District of Columbia V. Heller" avait annulé l'interdiction en vigueur à Washington de posséder une arme chez soi.

Dix ans après, le juge Stevens reste "convaincu que cette décision était erronée", car elle "offert à la NRA une arme de propagande de puissance énorme".

Avec AFP

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