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Nouvelle passe d'armes entre Salvini et Asselborn sur la politique migratoire

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, et le ministre italien de l'Intérieur et vice-Premier ministre, Matteo Salvini (à gauche), participent à une réunion informelle consacrée en particulier à un plan migratoire commun le 12 juillet 2018 à Innsbruck, en Autriche.

La polémique sur les migrants entre le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, et le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, s'est aggravée au cours du week-end, le second ayant traité le premier de "fasciste".

Les deux hommes se sont de nouveau affrontés verbalement par médias interposés.

"Le ministre socialiste du paradis fiscal du Luxembourg, après avoir comparé nos grands-pères émigrés italiens aux clandestins d'aujourd'hui, après avoir interrompu mon discours en hurlant +merde+, me donne du +fasciste+ aujourd'hui", a écrit dimanche M. Salvini sur son compte Twitter.

"Mais c'est quoi leur problème au Luxembourg ? Aucun fascisme, juste le respect des règles. S'il aime tant que ça les immigrés, qu'il les accueille tous au Luxembourg, en Italie on en a déjà trop accueilli", a ajouté M. Salvini, qui également le chef de la Ligue (extrême droite).

M. Asselborn a accusé M. Salvini dans une interview accordée samedi au site internet du Spiegel d'"utiliser des méthodes et le ton des fascistes des années 30".

Une pique du ministre italien de l'Intérieur sur l'importation d'"esclaves" africains avait provoqué vendredi à Vienne une réaction indignée du ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. Dans une vidéo que son entourage a diffusée sur Facebook, on voit M. Salvini prendre la parole à une réunion des ministres européens de l'Intérieur et dénoncer l'idée apparemment formulée auparavant par M. Asselborn selon laquelle l'Europe vieillissante a besoin d'immigrés.

Le ministre luxembourgeois a qualifié la polémique de vendredi à Vienne de "provocation calculée", peut-on lire sur le site internet du quotidien italien La Repubblica, affirmant que la vidéo reprenant la scène a été tournée par les collaborateurs de M. Salvini à l'insu des autres participants et diffusée sur Facebook.

"Si on filme les rencontres des ministres de l'UE, ou même ceux des chefs d'Etat ou de gouvernement, alors il n'y aura plus jamais un débat ouvert", a déploré M. Asselborn.

"J'ai une perspective complètement différente. Je pense être au gouvernement (...) pour aider nos jeunes à recommencer à faire des enfants (...) et non pour extirper le meilleur de la jeunesse africaine", avait dit à Vienne M. Salvini. "En Italie, nous ressentons l'exigence d'aider nos enfants à faire d'autres enfants. Et pas à avoir de nouveaux esclaves pour remplacer les enfants que nous ne faisons plus".

Au premier plan sur la vidéo, M. Asselborn avait commencé à réagir à Vienne : "Oh là, c'est abuser là !".

Mais M. Salvini insiste : "Si au Luxembourg vous avez besoin d'une nouvelle immigration, moi je préfère garder l'Italie pour les Italiens et recommencer à faire des enfants".

Son collègue luxembourgeois s'est alors emporté : "Au Luxembourg, cher Monsieur, on avait des dizaines de milliers d'Italiens ! Ils sont venus comme migrants, ils ont travaillé au Luxembourg, pour que vous, en Italie, vous ayez l'argent pour vos enfants, merde alors !".

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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