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Rome en "désaccord" avec Paris sur la tenue d'élections le 10 décembre en Libye


Le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj s'entretient avec les médias devant le bâtiment de la commission électorale après l'attentat-suicide à Tripoli, en Libye, le 2 mai 2018.

Le ministre italien des Affaires étrangères Enzo Moavero Milanesi a exprimé mercredi son "désaccord" sur la tenue d'élections en Libye le 10 décembre, une date défendue par la France.

"Nous sommes en désaccord avec la position du gouvernement français, qui soutient que les élections en Libye doivent se tenir le 10 décembre", a déclaré le ministre devant les commissions des Affaires étrangères du Sénat et de la Chambre des députés.

M. Moavero Milanesi estime que cette date doit être "reconsidérée" en attendant que les conditions pour ces élections sont véritablement réunies, selon des propos rapportés par la presse italienne.

"Nous ne cherchons certainement pas querelle avec la France", a-t-il nuancé, soulignant qu'il avait "quelques points de vue en commun" avec son homologue français Jean-Yves Le Drian sur le dossier libyen.

L'Italie souhaite organiser une conférence sur la Libye au cours de la première quinzaine de novembre en Sicile, une île symbolisant "la main tendue au-delà de la Méditerranée", a-t-il ajouté.

Cette conférence regrouperait tous les acteurs importants en Libye, mais aussi des pays européens, l'Union européenne, l'Union africaine, la Ligue arabe et l'ONU.

M. Moavero Milanesi s'est rendu lundi au quartier général du maréchal Haftar à Al-Rajma, dans la banlieue sud-est de Benghazi, à un millier de km à l'est de la capitale Tripoli.

Le ministère italien des Affaires étrangères a à cette occasion publié un communiqué affirmant que "le parcours politique en cours doit aller à son terme, en particulier à travers des élections ordonnées et transparentes, qui se déroulent dans des conditions adéquates de sécurité".

Fin juillet, la ministre italienne de la Défense Elisabetta Trenta avait dénoncé les "ingérences étrangères" en Libye, en indiquant ne pas croire à qu'une "accélération du processus électoral puisse apporter la stabilité" à la Libye.

Début septembre, le ministre italien de l'Intérieur et dirigeant d'extrême droite Matteo Salvini avait lancé une charge sur le rôle de la France dans le chaos libyen: "Ma crainte, c'est que quelqu'un, pour des motifs économiques nationaux, mette en péril la stabilité de toute l'Afrique du Nord et par conséquent de l'Europe".

"Je pense à quelqu'un qui est allé faire la guerre alors qu'il ne devait pas le faire. A quelqu'un qui fixe des dates pour les élections sans prévenir les alliés, l'ONU et les Libyens", avait-il critiqué, dans une allusion transparente à la France.

Avec AFP

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