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Nouvelle condamnation d'un ancien gouverneur pour corruption au Nigeria


Le gouverneur de l'Etat du Plateau, Joshua Dariye, à l'aéroport de Jos, le 18 octobre 2004 (AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI).

Un sénateur et ex-gouverneur nigérian a été condamné mardi à 14 ans de prison pour le détournement de millions de dollars de fonds publics, moins de deux semaines après la condamnation pour corruption d'un autre ancien gouverneur.

Joshua Dariye a été reconnu coupable de 15 des 23 chefs d'accusation portés devant la Haute Cour fédérale de la capitale, Abuja, en conclusion d'une affaire qui avait commencé en mai 2007.

Il a été accusé d'avoir encaissé personnellement et au profit de son parti quelque 1,16 milliard de naira (environ 8,5 millions de dollars) détournés d'un fonds environnemental destiné à l'Etat du Plateau (nord), durant ses huit années au pouvoir (1999-2007) comme gouverneur.

"Je ne peux imaginer une telle pratique éhontée de pillage et de vol systématique. C'est ce qui s'est passé dans ce cas", a déclaré la juge Adebukola Banjoko dans sa décision.

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L'ex-gouverneur Dariye était membre du People's Democratic Party (PDP, opposition) avant de claquer la porte pour rallier le All Progressives Congress (APC, au pouvoir) en 2016.

Il est l'un des 15 anciens gouverneurs forcés à la démission ou incarcérés en 2007 par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), pendant la présidence du premier chef d'Etat du Nigeria après des décennies de dictatures militaires, Olusegun Obasanjo.

La plupart de ces affaires sont toujours devant les tribunaux, après avoir fait l'objet d'ajournements répétés.

Le 30 mai, Jolly Nyame, ex-gouverneur de l'Etat de Taraba (nord-est), a lui aussi été condamné à 14 ans de prison pour corruption au terme d'un procès qui a duré plus d'une décennie.

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Ces deux condamnations interviennent alors que le gouvernement nigérian intensifie les efforts dans la lutte anti-corruption dans la perspective des élections présidentielles de 2019.

Le président Muhammadu Buhari, 75 ans, espère briguer un second mandat de quatre ans à la tête du premier producteur de pétrole africain, qui se relève difficilement d'une grave récession économique liée à l'effondrement des cours du baril.

La lutte contre la corruption, l'un de ses principales promesses de campagne en 2015, a été saluée au début de son mandat, mais de nombreuses voix s'élèvent depuis pour dénoncer une chasse aux sorcières politique.

Avec AFP

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