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RDC

Nouveaux incidents visant les actions sanitaires contre Ebola en Ituri

Le 22 août 2018, à Mangina, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu, des agents de santé ont enterré le corps d'un patient atteint du virus Ebola non confirmé.

Un point de contrôle d'Ebola a été détruit puis incendié dans la nuit de samedi à dimanche en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où des équipes sanitaires continuent d'être ciblées.

Dans le cadre de la lutte contre cette fièvre hémorragique, les points de contrôle servent à prélever la température et laver les mains, aux frontières et sur les routes des zones où la maladie est signalée.

Le ministère de la Santé fait état de la "destruction et l'incendie criminel du (poste de) contrôle sanitaire au point de contrôle Mudzipela en Ituri par des inconnus dans la nuit du 15 au 16 juin 2019", dans son bulletin quotidien daté de dimanche.

Puis, "ce dimanche 16 juin 2019, un groupe de motards a essayé de s’en prendre à une équipe de prévention et contrôle des infections (PCI) qui était en train de décontaminer le ménage d’un cas confirmé d’Ebola à Hoho dans la zone de santé de Rwampara", déplorent les autorités sanitaires.

Campagne de sensibilisation au virus Ebola en Ouganda
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Des renforts envoyés par les autorités urbaines de Bunia, chef-lieu de l'Ituri ont pu "disperser les motards et permettre à l’équipe de PCI de rentrer à la coordination. Aucun agent de la riposte n’a été blessé", indique le bulletin.

Dans la province de l'Ituri, un regain de tensions est enregistré. En dix jours plusieurs dizaines de morts ont été signalés.

"Depuis le début de l’épidémie, le cumul des cas est de 2.148, dont 2.054 confirmés et 94 probables. Au total, il y a eu 1.440 décès (1.346 confirmés et 94 probables) et 588 personnes guéries", indiquent les autorités.

La RDC a jusqu'à présent échoué à enrayer l'épidémie, notamment en raison des attaques des milices ou de l'hostilité de la population vis-à-vis des centres de soin.

L’organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que cette dixième épidémie d'Ebola en RDC depuis l'apparition de la maladie en 1976 et qui a gagné l'Ouganda voisin près de dix mois après sa déclaration, constituait une urgence pour la région mais ne nécessitait pas une alerte sanitaire mondiale, le risque de propagation restant "faible".

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Le nouveau gouvernement inclut 14 femmes et des partisans de Bemba et Katumbi

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L'insécurité, premier défi du nouveau gouvernement congolais

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RDC: Tshisekedi valide un gouvernement après deux mois d'attente

Jean-Michel Sama Lukonde, le nouveau Premier ministre (G) et le président Félix Tshisekedi, au Palaise de la nation, Kinshasa, 18 mars 2021. (Facebook/Présidence RDC)

Le président de la République démocratique du Congo (RDC) Félix Tshisekedi a nommé lundi un gouvernement d'une cinquantaine de membres au terme de deux mois d'attente.

Après deux mois de tractations qui semblaient interminables, le Premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Michel Sama Lukonde, a dévoilé lundi son gouvernement.

M. Lukonde, 43 ans, avait été désigné en février par le président Félix Tshisekedi pour remplacer le chef du gouvernement Ilunga Ilukamba, proche de l'ancien président Joseph Kabila.

Le nouveau gouvernement compte plus au total 57 membres, dont 14 femmes, ce qui devrait le mettre en conformité avec les quotas établis par la Communauté des États de l'Afrique australe (SADC), à laquelle appartient la RDC.

"Nous avons tenu compte au maximum des profils des personnes. Mais nous avons du revenir aux formations politiques qui nous avons envoyé leurs candidats," a expliqué le Premier ministre Sama.

"La moyenne d'àge de membres de l'équipe est de 74 ans avec 80% de nouvelles figures," a-t-il précisé dans un tweet.

Parmi ses priorités, M. Sama reprend la sécurité, la santé, l'enseignement, la justice, l'agriculture, la pêche et l'élevage, l'économie, le processus électoral, l'infrastructure et le numérique

La nomination de ce gouvernement devrait mettre fin à des longs mois d'intrigue et de suspense depuis la rupture entre le président Tshisekedi et son prédécesseur, devenu désormais "sénateur à vie", conformément aux lois de la RDC.

L'annonce intervient aussi après que le président Tshisekedi se soit assuré une nouvelle majorité parlementaire grâce à une reconfiguration des alliances sous la bannière de l' "union sacrée", au détriment de M. Kabila.

Les tâches qui attendent le nouveau gouvernement sont énormes.

Tout d'abord, la sécurité et la sûreté des citoyens sont primordiales. Des centaines de personnes ont été tuées dans l'est du pays depuis l'an dernier. Des groupes de la société civile, dont l'ONG Lucha, ont organisé des manifestations ces derniers jours pour dénoncer l'insécurité qui prévaut dans cette partie du pays.

En particulier, les protestataires s'insurgent contre l'inefficacité de la force onusienne MONUSCO. Selon les médias locaux, des manifestants ont été tués lors des interventions de la police.

Viennent ensuite les défis économiques, notamment la réalisation des nombreuses promesses du chef de l'État.

Enfin, il y a l'épineux dossier de la fin de l'impunité. Si jusqu'ici il y a eu des poursuites et des condamnations prononcées contre des individus -- parmi lesquels on compte Vital Kamerhe, l'ex-directeur de cabinet de M. Tshisekedi -- les problèmes des détournements et de la gabegie, qu'ils soient réels ou perçus, demeurent.

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Nouveau gouvernement en RDC: une si longue attente...

Jean-Michel Sama Lukonde le nouveau Premier ministre de la RDC (à g.) avec le président Felix Tshsiekedi au palais présidentiel, Kinshasa, RDC, 18 mars 2021.

Mais qu'attend-il donc? Alors qu'il contrôle désormais tous les leviers du pouvoir, le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, tarde inexplicablement à nommer un nouveau gouvernement, suscitant l'impatience des Congolais, sur fond d'une inquiétante baisse des recettes budgétaires de l’État.

Ayant mis fin début décembre à l'alliance avec le camp de son prédécesseur Joseph Kabila, le président Tshisekedi a réussi à placer ses partisans à la tête de toutes les institutions politiques du pays.

Le chef de l’État a nommé le 15 février un nouveau Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, après avoir contraint à la démission Sylvestre Ilunga Ilunkamba, un proche de M. Kabila.

Depuis, la nomination de la nouvelle équipe gouvernementale se fait attendre. Et le pays se retrouve dans une situation inédite, avec deux Premiers ministres de facto.

En attendant la nomination de son successeur, M. Ilunga continue, à la tête de son gouvernement démissionnaire, d'expédier les affaires courantes, mais avec une marge de manœuvre quasi-nulle, le président Tshisekedi lui ayant formellement interdit par missive officielle "d'engager l’État".

Désigné par le président, le nouveau Premier ministre Lukonde n'a pas encore d'équipe gouvernementale et n'a donc pas été investi par l'Assemblée, comme le prévoit la Constitution.

Des milliards perdus

"Cette absence de gouvernement bloque et détruit le pays qui est en situation de crise, notamment sécuritaire", proteste Georges Kapiamba de l'Association pour l'accès à la justice (ACAJ).

La neutralisation de l'exécutif remonte à octobre lorsque le président Tshisekedi, en conflit avec ses anciens alliés du Front commun pour le Congo (FCC) de son prédécesseur Kabila, a décidé de suspendre les réunions du Conseil des ministres.

Ancien opposant, M. Tshisekedi a été proclamé vainqueur de la présidentielle contestée de décembre 2018. Investi en janvier 2019 lors de la première passation pacifique du pouvoir en RDC, il a dirigé le pays en coalition avec le FCC qui a gardé la majorité à l'Assemblée nationale et au Sénat.

En l'absence d'un nouveau gouvernement, le cabinet du chef de l'État assure l'ordonnancement des dépenses publiques, en recourant à l'expertise de l'Inspection générale des finances. Une situation inédite, non prévue dans la loi.

Cette pratique est "inadmissible", estime le président de l'Association africaine de défense des droits de l'Homme (Asadho), Jean-Claude Katende.

La Constitution n'autorise pas le cabinet du chef de l’État à gérer au quotidien les affaires de l’État, "ce rôle revient au gouvernement, seul responsable devant le Parlement", explique M. Katende.

La première conséquence de cette absence d'un véritable gouvernement est l'alarmante baisse des recettes budgétaires, constate l'Observatoire de la dépense publique (Odep).

Le Trésor public ne mobilisera que la moitié des recettes prévues de l'exercice 2021, soit "3,5 milliards de dollars", estime cette structure anti-corruption qui regroupe 12 organisations.

"Ça énerve!"

Et parmi les Congolais, la colère monte. "La situation est intenable. Il est urgent de faire baisser la tension qui couve dans le pays en nommant cette équipe gouvernementale", a réagi auprès de l'AFP le caricaturiste Thembo Kash qui dessine au quotidien dans les médias, les travers de la classe politique congolaise.

"Tshisekedi ne veut pas d'un gouvernement parce qu'il compte gérer ce pays avec ses amis d'exil à Bruxelles sans respecter le cadre légal. Il veut un pouvoir absolu, sans contrôle sérieux", dénonce Camille Kuku, un partisan du candidat malheureux à la présidentielle de décembre 2018, Martin Fayulu.

"Cette forme de gestion instaurée pendant cette période énerve (...)", se désole Louison Mokoko, un enseignant dans la province de l’Équateur (nord-ouest), résumant à bien des égards l'humeur des Congolais.

Autre signe de l'exaspération qui monte, des internautes ont appelé sur les réseaux sociaux à envahir la piste de l'aéroport international de Kinshasa afin d'empêcher le président Tshisekedi de s'envoler hors du pays, avant d'avoir préalablement signé l'ordonnance de nomination de l'équipe gouvernementale.

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