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RDC

Au moins 50 morts dans des tueries en Ituri

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Au moins 50 personnes sont mortes ces derniers jours dans des tueries d'origine incertaine qui ensanglantent la province de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a indiqué jeudi à l'AFP son gouverneur.

Le dernier bilan datant d'il y a deux jours faisait état de quelque 50 morts, a indiqué le gouverneur, Jean Bamanisa Saïdi, joint par l'AFP depuis Kinshasa. "Mais c'est vrai que l'on se rend compte qu'il y a d'autre cas", a-t-il ajouté tandis que d'autres sources évoquaient 70 morts.

Les violences, qui ont commencé vendredi et sont amplifiées à partir de lundi, touchent le territoire de Djugu au nord du chef-lieu Bunia.

L'Ituri avait été le théâtre d'un conflit entre les communautés Hema et Lendu qui avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003 dans cette province riche en or frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud.

Les deux communautés sont "victimes" des récentes violences, a déclaré mercredi lors d'un point-presse le chef-adjoint de la force de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), le général Bernard Commins.

"Toutes les communautés sont en deuil", a ajouté un chef communautaire Hema, Pilo Molondro, joint par un correspondant de l'AFP.

Un bilan précis était difficile à établir à ce stade et les autorités n'avaient pas donné de chiffres officiels.

Le chef communautaire Hema, Pilo Molondro, a déclaré que depuis le début de la semaine il avait "un bilan de 49 morts". "Nous continuons des recherches", a-t-il dit.

Selon un chef communautaire Lendu, Joël Mande, "depuis lundi, après le meurtre d'un commerçant et de ses compagnons, (...) au moins 40 morts" ont été enregistrés et "le décompte peut aller jusqu'à 60".

"Entre le 8 et le 11 juin, plus de 72 personnes ont été tuées dans une dizaine de localités différentes des territoires de Djugu et Irumu", a de son côté avancé une source humanitaire et diplomatique.

"Parmi les 72 morts, il y aurait 49 victimes dans une seule et même localité, Tché", selon la même source. Une attaque à l'arme blanche survenue mardi 11 juin au village Tche "a fait 38 morts", a pour sa part rapporté la radio Okapi de la Monusco qui cite des sources de la société civile de Djugu.

Ces violences ont entraîné des déplacements de population, a indiqué le gouverneur.

"La priorité pour les Nations unies c'est la protection des populations civiles. Il y a beaucoup de déplacements", confirme une porte-parole de la Monusco.

Des violences avaient déjà éclaté en Ituri fin 2017-début 2018, entraînant des mouvements de population vers l'Ouganda de l'autre côté du lac Albert.

L'Ituri est touché à la marge par l'épidémie d'Ebola en RDC qui a fait plus de 1.400 morts, principalement dans la province du Nord-Kivu voisine.

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Kinshasa isole son centre névralgique pour contrer le coronavirus

Un membre du personnel médical mesure la température d'un homme à titre préventif contre le coronavirus COVID-19, à la frontière entre la RDC et le Burundi, le 18 mars 2020. (Photo by ONESPHORE NIBIGIRA / AFP)

La République démocratique du Congo a commencé lundi matin l'isolement et le confinement total du centre politique, économique et diplomatique de sa capitale Kinshasa, considéré comme l'épicentre de la pandémie de Covid-19, dernière en date des mesures drastiques prises en Afrique.

Pendant ce confinement sélectif jusqu'au 20 avril, les autorités sanitaires envisagent la désinfection "massive" de la commune résidentielle de Gombe, tout à la fois siège du gouvernement, de plusieurs banques et grandes entreprises, et des principales ambassades.

Dès lundi matin, des check-points sécuritaires et sanitaires ont matérialisé la frontière entre la très prospère "République de la Gombe" et le reste de la "cité", une ségrégation sociale qui existe dans les esprits depuis la colonisation belge, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Venus du reste de la ville, des professionnels disposant d'un laissez-passer délivré par l'Hôtel de ville ont patienté aux trois barrières érigées par les autorités sur le boulevard Huileries, un des principaux points d'accès à Gombe.

"Je travaille à l'Institut national de recherche bio-médicale (INRB, en première ligne face au Covid-19). J'ai mis plus de deux heures à attendre, mais je ne me plains pas parce que cette maladie est très mortelle", a dit à l'AFP Jérôme Lumosi, 35 ans, en provenance d'une commune voisine.

De l'autre côté des points d'accès (une dizaine en tout), la commune était complètement déserte, avec tous ses commerces fermés, y compris les grands supermarchés fréquentés par l'infime minorité des Kinois qui ont les moyens d'y faire leurs courses.

Surnommée "la République de la Gombe" par un ambassadeur de France, pour décrire l'entre-soi des élites et des riches expatriés qui y vivent, la Gombe ne regroupe que 100.000 à 200.000 habitants, sur les 10 à 12 millions de la plus grande mégapole d'Afrique francophone, dont l'immense majorité vivent au jour le jour, dans le secteur informel.

"Le choix de cette commune est lié au fait que c’est à partir de Gombe que le virus se répand petit à petit dans les autres communes", ont rappelé lundi les autorités sanitaires dans leur bulletin quotidien, qui fait état de 161 cas confirmés, dont 18 décès, cinq personnes guéries. Sept nouveaux cas confirmés ont été enregistrés à Kinshasa.

A partir du 10 mars, les premiers cas confirmés ont été enregistrés à Gombe, souvent parmi des Congolais de retour de l'étranger, dans l'entourage même du chef de l’État Félix Tshisekedi.

Un conseiller du président est décédé, de même que deux proches d'une ministre elle-même contaminée, ont indiqué plusieurs sources.

Pendant le confinement partiel de la Gombe, les équipes sanitaires doivent rechercher "les personnes malades, les contacts à risques et les cas symptomatiques" dans tout Kinshasa.

"Les personnels de maison, notamment les chauffeurs, les sentinelles, les jardiniers, où seront détectés des cas positifs à Gombe seront suivis dans leurs communes de résidence pour passer au dépistage et les cas positifs seront isolés", précisent les autorités sanitaires.

"Une désinfection massive est également prévue pendant cette période. Les bureaux et les principaux bâtiments se trouvant dans la commune de Gombe sont concernés. Une fois que tout sera nettoyé à la Gombe, les autres communes seront attaquées", ajoutent-elles.

Des cas ont aussi été enregistrés dans l'est de la RDC, à Goma, Beni et Bukavu, des villes également isolées. Le trafic de bateaux sur le lac Kivu entre Goma et Bukavu -et l'île d'Idjwi- a été suspendu.

Dans le Rwanda voisin de Goma et Bukavu, le gouvernement a décidé que tous les ministres et hauts fonctionnaires "devront renoncer à un mois de salaire" en avril par "solidarité" des autorités avec le peuple, dans un pays qui a imposé un confinement strict pour limiter la propagation du coronavirus.

En Ouganda, les autorités ont envoyé plus de 100 personnes en prison pour deux mois pour avoir violé le couvre-feu en vigueur face au virus.

Jusqu'à présent épargné, le Soudan du Sud a déclaré son premier cas dimanche, et l’Éthiopie a annoncé ses deux premiers décès.

La pandémie pourrait avoir des conséquences catastrophiques en Afrique, comme la perte de 20 millions d'emplois ou la hausse de l'endettement, selon une étude de l'Union africaine publiée lundi.

L'Afrique subsaharienne compte 5.067 cas officiellement déclarés pour 118 décès, d'après le dernier pointage de l'AFP lundi à 11H GMT. Le continent redoute une propagation du virus qui mettrait à mal ses fragiles structures sanitaires.

Coronavirus en RDC: au moins un cas confirmé à Beni, point chaude de la lutte contre Ébola

Une femme cherche son nom sur son lieu de vote avant de voter dans le quartier Kasanga-Ndindi de Beni le 31 mars 2019. (Photo: Luke DENNISON / AFP)

Au moins un cas confirmé de nouveau coronavirus a été enregistré à Beni dans le nord-est de la République démocratique du Congo, un des épicentres de l'actuelle épidémie d'Ebola dont la fin doit être officiellement proclamée le 12 avril, ont indiqué vendredi les autorités sanitaires.

Un cas "importé" de l'étranger a été enregistré à Beni, par ailleurs au coeur d'un territoire traumatisé par les massacres des centaines de civils attribués au redoutable groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF).

Le cas confirmé à Beni est annoncé par l'Institut national de recherche bio-médicale (INRB), qui fait état au total pour toute la RDC de 134 cas, dont 13 décès et trois guérisons dans son dernier relevé épidémiologique jeudi soir.

Les autorités locales de la ville-martyre de Beni font elle état de deux cas confirmés de coronavirus dans la cité marchande située à 350 km au nord de la capitale provinciale Goma.

"Aujourd'hui c'est une date triste pour la ville de Beni qui est en train de sortir de (...) Ebola" et "voilà que deux cas de (...) coronavirus viennent d'être testés positifs", a déclaré dans une conférence de presse Beni Nyonyi Bwanakawa, maire de cette ville.

Les deux cas, "un homme et une femme" étaient revenus de l'étranger il y a quelques jours, a-t-il ajouté, expliquant qu'ils "étaient en quarantaine à Beni".

L'actuelle épidémie d'Ebola a causé 2.264 décès depuis sa déclaration le 1er août 2018 à Mangina près de Beni. Beni a été l'une des villes les plus touchées.

Aucun nouveau cas d'Ebola n'a été enregistré depuis 44 jours dans le Nord-Kivu et dans l'Ituri, les deux principales provinces qui étaient touchées par cette épidémie. Les autorités sanitaires congolaises comptent déclarer la fin de cette dixième épidémie d'Ebola le 12 avril.

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