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Le nombre d'infections au coronavirus parmi les journalistes nigérians inquiète

Chris Isiguzo, président de l’Union des journalistes du Nigeria, à Abuja, le 10 Mai 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Les inquiétudes de l’Union des Journalistes du Nigeria face au nombre de cas de Covid-19 parmi les Journalistes. Le Nigeria a enregistré ce week-end 4.151 cas du Covid-19 et 128 morts. Le nombre de journalistes contractant la maladie est en augmentation.

Les journalistes sont exposés au danger dans cette période de propagation du Covid-19 au Nigeria. Considérés comme des agents de première ligne dans la lutte contre la pandémie, leur travail les expose aux dangers d'être infectés, une préoccupation majeure de l'Union des journalistes du Nigeria.

Augmentation de cas de coronavirus parmi les journalistes nigérians
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Le président de l’union des Journalistes du Nigeria, Chris Isiguzo, énumère les différents cas d’infections jusqu’ici enregistrés parmi les professionnels des médias.

"Nous avons un certain nombre de nos collègues testés positifs. Nous avons même perdu un journaliste qui travaillait pour le journal The Guardian à Sokoto. Nous avons un Journaliste testé positif toujours à Sokoto il est présentement mis en quarantaine. Un autre qui travaille avec le journal le Daily Trust est testé positif dans l'Adamawa. Nous avons encore un autre qui travaille avec la radio nationale NTA testé aussi positif", explique-t-il.

Soit quatre cas positifs et un décès.

Pour Omolola Oladimeji, journaliste, les difficultés en cette période du Covid-19 pour les journalistes sont énormes.

"C’est très difficile en tant que journaliste de s’arranger pour faire son travail considérant les risques impliqués. Premièrement le gouvernement prévoit des équipements de protection et autres pour les agents de santé. Rien n’est prévu pour les médias. Donc souvent il faut chercher ton masque et tout ce dont tu as besoin pour éviter d’être infecté au Covid-19", confie-t-elle.

La crise sanitaire vient s’ajouter aux énormes difficultés de travail des journalistes au Nigeria. Certaines organisations de médias ont commencé à diminuer les salaires en raison de la situation économique actuelle.

"La plupart de nos collègues qui travaillent dans les médias privés notamment la radio, la télévision et les journaux n’ont pas été payés depuis des mois. Et cela constitue un autre défi", précise M. Isiguzo​.

Au cours des deux dernières années, plusieurs journalistes ont été agressés, arrêtés et menacés pour avoir simplement fait leur travail.

Les journalistes qui ont dénoncé la corruption et signalé des problèmes nationaux sensibles tels que la sécurité et les violations des droits de l'homme n'ont pas été épargnés.

Les observateurs pensent que le rôle des médias en cette période de pandémie de coronavirus dans le pays le plus peuplé d’Afrique est important car il consiste à informer et éduquer le public.

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Déception après la sortie du président Buhari

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Le chef de l’État nigérian a reconnu que les manifestations des jeunes sont légitimes

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Buhari consulte les anciens présidents nigérians pour trouver une solution aux manifestations

Le président nigérian Muhammadu Buhari préside une réunion du gouvernement à Abuja, au Nigeria, le 13 mai 2020. (Photo: Nigeria Presidency/Handout via REUTERS)

Le président nigérian Muhammadu Buhari est en consultation avec ses prédécesseurs et les chefs des services de sécurité lors d’une réunion par visioconférence, a-t-on appris vendredi de source officielle.

Même si l’agenda de cette réunion sans précédent n’a pas été communiqué, les analystes s’accordent à dire que le locataire d’Aso Villa, élu en 2015, consulte ses prédécesseurs pour trouver une solution à la crise qui secoue le pays le plus peuplé d’Afrique née de manifestations contre la brutalité policière.

Parmi les anciens dirigeants qui ont répondu présent figurent son ex-adversaire Goodluck Jonathan, mais aussi Olusegun Obasanjo, Abdulsalami Abubakar, Ernest Shonekan et Yakubu Gowon, précise Bashir Ahmad, porte-parole de la présidence nigériane, via Twitter.

La veille, le président Buhari avait appelé les manifestants du mouvement "END SARS" à mettre fin à leurs manifestations et à s’engager dans un dialogue avec le gouvernement.

Dans une allocution télévisée, M. Buhari a déclaré que les manifestants avaient le droit, en vertu de la Constitution, de s’exprimer pacifiquement. Cependant, a-t-il ajouté, leurs intentions ont été détournées par des voyous déterminés à semer la pagaille dans tout le pays.

Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à prononcer un discours télévisé à Abuja, au Nigeria, le 22 octobre 2020.
Le président nigérian Muhammadu Buhari se prépare à prononcer un discours télévisé à Abuja, au Nigeria, le 22 octobre 2020.

Le président Buhari a aussi rappelé à ses concitoyens que le gouvernement fédéral avait déjà accepté les revendications en cinq points des manifestants et qu'il s'était engagé à réformer davantage la police.

Le sommet virtuel de vendredi a lieu après que la violente répression des manifestants ait suscité de vives critiques à travers le monde.

L'ancien président Obasanjo était sorti de sa réserve habituelle pour appeler le gouvernement et les manifestants à "éviter la violence et à embrasser le dialogue" dans une déclaration lue en personne et diffusée sur la chaîne Channels Television.

Mobilisées via les réseaux sociaux, les manifestations menées par les jeunes dans plusieurs régions du pays ont initialement ciblé la Brigade spéciale fédérale de lutte contre les vols (SARS), une unité de police notoire longtemps accusée de harcèlement, d'extorsion et d'exécutions extrajudiciaires. Ces manifestations ont progressivement pris la tournure de revendications plus larges.

Les forces de sécurité reprennent le contrôle de Lagos après trois jours de violences

Des policiers arrêtent un manifestant au péage de Lekki à Lagos, au Nigéria, le 21 octobre 2020.

Les forces de sécurité reprenaient vendredi peu à peu le contrôle de la mégapole tentaculaire de Lagos, où l'on pouvait entendre encore des coups de feu sporadiques, après trois jours de violences et de contestation populaire dans le sud du Nigeria.

"Des officiers de police patrouillent dans les quartiers de la ville pour assurer la sécurité de ses habitants. Vous êtes priés de rester chez vous", tweetait dans la nuit la police, quelques heures après le discours du président Muhammadu Buhari, prévenant qu'il n'autoriserait personne à "mettre en péril la paix et la sécurité de l'Etat".

Muhammadu Buhari condamne les violences qui ont éclaté lors des manifestations
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Des nombreux camions de police, avec des agents portant des fusils d'assaut Kalachnikov, contrôlaient les quelques voitures dans les rues et dispersaient les badauds, qui tentaient toujours de rentrer chez eux à pieds, après deux jours de couvre-feu total, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans les quartiers populaires, la tension est également redescendue, après la répression menée mardi contre des milliers de manifestants pacifiques à Lagos par des militaires et la police, qui a fait au moins 12 morts selon l'ONG Amnesty International, suivie de deux jours de pillages et de violences, même si des groupes de jeunes continuaient à bloquer des voitures en échange de quelques billets, selon des témoins.

De leur côté, les quelques organisations ou célébrités qui ont porté le mouvement semblaient également appeler au calme.

"PREPAREZ VOS CARTES D'ELECTEURS. Ce n'est pas fini", inscrivait la star de la musique afropop Davido, sous-entendant que le combat devrait désormais se dérouler dans les urnes et non dans la rue.

La "coalition féministe", autre mouvement leader de cette contestation populaire contre le pouvoir en place, a invité la jeunesse à rester chez soi, soulignant "qu'aucune vie ne méritait d'être perdue".

"Ces deux dernières semaines ont été éprouvantes pour la plupart des Nigérians, et particulièrement ces deux derniers jours", pouvait-on lire dans un communiqué publié vendredi matin. "Nous devons rester en vie pour accomplir nos rêves d'un futur meilleur".

Le gouverneur de Lagos a publié la liste d'officiers de police "poursuivis en justice pour violation des droits de l'Homme", en signe d'engagement pour "reconstruire Lagos et mettre fin à l'impunité policière".

Amnesty International, qui a recensé 56 morts dans l'ensemble du pays en deux semaines de manifestations, a demandé vendredi "l'ouverture immédiate d'une enquête indépendante", notamment sur la tuerie du péage de Lekki, qui a fait au moins 10 morts selon l'ONG mardi soir et ému le pays et le monde entier.

Muhammadu Buhari, ancien général putschiste dans les années 1980, puis élu démocratiquement en 2015 puis 2019, n'a fait aucune mention de cette répression sanglante dans son allocution télévisée jeudi soir, et a invité la communauté internationale, qui a condamné en masse les violences "à attendre d'avoir tous les éléments entre les mains avant de juger".

Muhammadu Buhari condamne les violences qui ont éclaté lors des manifestations

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