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Des applications mobiles de taxi-moto pour échapper aux embouteillages de Lagos

Des chauffeurs de taxi garés en moto pour assister à une réunion au siège de la société, Ikeja à Lagos, le 19 août 2019.

Les créateurs de Gokada (Okada signifie taxi-moto en créole nigérian) sont les premiers à avoir flairé la bonne affaire dans ce pays de 190 millions d'habitants et ont lancé le mouvement début 2018.

Yemi Adegbola avait beau se lever chaque jour à 4h du matin pour tenter d'être à l'heure au bureau, dans une banque à l'autre bout de Lagos, la tentaculaire mégalopole économique du Nigeria, rien n'y faisait. Les embouteillages finissaient toujours par le coincer.

Le banquier a finalement "abandonné sa voiture" et opté pour l'une des nombreuses applications de téléphonie qui ont vu le jour ces derniers mois: ORide, Gokada ou encore MaxOkada proposent un service de taxis-motos en ligne, sur le modèle d'Uber, avec prix encadrés, chauffeurs qualifiés et casque obligatoire.

Un geste sur son smartphone, et votre conducteur de moto vous attendra en bas de chez vous, prêt à remonter les files interminables de voitures immobiles qui rôtissent sous le soleil de Lagos.

Un pilote sous le dossard et le casque aux couleurs de la société traverse les embouteillages de Lagos le 30 août 2019.
Un pilote sous le dossard et le casque aux couleurs de la société traverse les embouteillages de Lagos le 30 août 2019.

Rien de nouveau sous les tropiques, direz-vous? Demandez donc aux 20 millions d'habitants de Lagos.

Certes ces applications ne proposent pas encore la téléportation et existent dans de nombreuses mégalopoles à travers le monde.

Mais elles sont une petite révolution dans une ville où les bouchons, communément appelés "go-slows" (va-doucement), empoisonnent la vie et l'économie de tous et où, jusqu'à présent, le taxi-moto était davantage considéré par la classe moyenne comme une tentative de suicide plutôt qu'un moyen de transport.

Ils ont rapidement été suivis par d'autres opérateurs tels que Maxokada et ORide, qui rivalisent en promettant de meilleures technologies, des prix toujours plus bas et des chauffeurs mieux formés.

"Un marché ouvert"

Car le plus grand défi de ces applications est avant tout de changer l'image des "okadas". Leurs chauffeurs sont habituellement craints pour leur propension à zigzaguer dangereusement entre les voitures, à prendre les routes à contre-sens, rouler sur les trottoirs ou brûler les feux rouges.

Ils sont aussi régulièrement accusés d'utiliser leurs motos pour commettre des vols ou des crimes plus graves.

Ce sont en tout cas les raisons qu'ont avancées les autorités en 2012 pour interdire les 100 cm3 sur 475 voies de l'agglomération. Cette année, quelque 3.000 motos ont été verbalisées pour n'avoir pas respecté ces restrictions.

Les chauffeurs de taxis-motos contactés via des applications "smart-phones", qui se distinguent par leurs casques et dossards aux couleurs flashy de leur entreprises, conduisent, eux, des motos plus puissantes autorisées de fait à circuler sur toutes les routes. La course coûte entre 50 nairas (12 centimes d'euro) et quelques centaines de nairas, selon la distance.

Lancé par la société panafricaine de paiement Mobile OPay, le service ORide, petit dernier arrivé en mai sur le marché, a déjà formé plus de 3.000 chauffeurs, qui travaillent à Lagos et dans six autres villes du pays.

Le directeur national d'OPay, Iniabasi Akpan, parle de sa marque au siège de la société à Lagos, le 30 août 2019.
Le directeur national d'OPay, Iniabasi Akpan, parle de sa marque au siège de la société à Lagos, le 30 août 2019.

La filière nigériane d'Opay, l'une des startups qui montent au Nigeria, espère développer ses activités grâce à une levée de fonds record de 50 millions de dollars en juillet dernier.

"C'est un marché ouvert dans lequel tout le monde a quelque chose à offrir. Il y a tellement d'opportunités au Nigeria", explique à l'AFP Iniabasi Akpan, responsable d'OPay dans ce pays.

La différence majeure avec les autres applications est que les clients d'ORide paient avec leur compte OPay et bénéficient d'une assurance tout risque. Les conducteurs cotisent également à une assurance, extrêmement rare pour ces emplois habituellement informels, et peuvent devenir propriétaires de leur moto grâce à un prêt sur 18 mois.

Secteur informel

Gokada, un autre concurrent, a lui annoncé fin mai un nouveau financement de plus de 5 millions de dollars pour développer d'autres modes de transports urbains et veut lancer son application dans d'autres pays que le Nigeria.

Mais "formaliser" ce secteur qui n'a prospéré que sur l'informel et la débrouille depuis que les moteurs existent n'est pas chose facile.

De nombreux utilisateurs se plaignent régulièrement que leur conducteur empruntent des itinéraires plus longs pour augmenter les tarifs des courses.

Le pilote du pilote MaxOkada arbore bavoirs et casque aux couleurs de la société lorsqu'il vérifie les informations relatives aux applications, le 4 septembre 2019 à Lagos.
Le pilote du pilote MaxOkada arbore bavoirs et casque aux couleurs de la société lorsqu'il vérifie les informations relatives aux applications, le 4 septembre 2019 à Lagos.

Après avoir testé personnellement ses chauffeurs, Fahim Saleh, le directeur de Gokada, a décidé de suspendre l'application pendant quinze jours, de renforcer la formation des conducteurs et de les obliger à utiliser leur GPS.

ORide a développé une unité de surveillance pour suivre ses conducteurs.

Mais pour Johnson Onipede, chauffeur de taxi-moto reconverti en conducteur ORide, le vrai problème est ailleurs: ce sont les "Agberos" (membres de gangs) ou les "Area Boys", ces groupes qui terrorisent les quartiers en réclamant des droits de passage sur ce qu'ils considèrent être leur territoire, qui "rendent la vie des chauffeurs insupportable".

Mais, pour l'instant, personne n'a développé d'application pour venir à bout de cet autre fléau de la vie des Lagossiens.

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La police nigériane affirme avoir arrêté un "tueur en série" à Port Harcourt

Vue sur une rue de Port Harcourt, 31 mars 2015.

La police nigériane, enquêtant sur les meurtres d'au moins huit femmes dans des hôtels de Port Harcourt, a arrêté jeudi un homme présenté comme un des "tueurs en série" dont les actes enflamment la Toile depuis plusieurs semaines.

"Le tueur en série Gracious David West a été arrêté aujourd'hui par la police à Rivers", a fait savoir la police nationale sur son compte Twitter, publiant une vidéo où un homme "avoue" les meurtres.

L'assassin de 26 ans vient de l'Etat de Rivers (sud-est) et il est aussi un membre du culte Degbam", un groupe pratiquant la magie noire à des fins criminelles, a écrit la Police sur Twitter, ajoutant qu'il a donné "des informations utiles pour la poursuite de l'enquête".

La police avait déjà dit en début de semaine qu'un autre suspect arrêté était passé aux aveux.

Dans une vidéo d'un peu plus d'une minute, visionnée plus de 150.000 fois en moins de 14 heures, l'homme présenté comme le meurtier arrêté jeudi, habillé d'un jean et d'un polo à rayures, explique comment il a attiré ses victimes dans des hôtels de Port Harcourt et les a étranglées. Il regarde le sol et répond aux questions de l'inspecteur calmement.

Des milliers d'internautes mettaient en doute vendredi la véracité de ce témoignage, tandis que d'autres regrettaient qu'il puisse être considéré comme un vice-de-forme dans l'enquête et annule un potentiel procès contre le suspect.

Une vague de meurtres commis sur au moins huit jeunes femmes retrouvées étranglées et avec un tissu blanc enroulé autour de la taille et du cou, a débuté en juillet, faisant penser à des crimes rituels.

Un commissaire de police local avait suggéré qu'il s'agissait de prostituées et proposait de "rééduquer les femmes et les décourager de se prostituer pour ne pas devenir les prochaines victimes de ces crimes."

Ces propos ont provoqué une très forte indignation sur la Toile et des femmes sont descendues dans les rues de Port Hartcourt cette semaine lors d'une série de manifestations appelant à une meilleure protection de la police.

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