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Niger

14 militaires tués dans une attaque dans l'ouest

Le président Mahamadou Issoufou s'incline devant les dépouilles des militaires nigériens d'Inates

Quatorze militaires ont été tués mercredi dans une attaque de "terroristes lourdement armés" dans la région de Tillabéri, dans l'ouest du Niger, a annoncé jeudi le ministère nigérien de l'Intérieur dans un communiqué.

"Un convoi composé d'éléments de la gendarmerie et de la garde nationale escortant des équipes chargées de l'enrôlement électoral dans la commune de Sanam (département d'Abala) a été victime d'une embuscade tendue par des terroristes lourdement armés", selon le communiqué.

"A l'issue d'une bataille acharnée, plusieurs morts et blessés ont été enregistrés. Côté ami : sept gendarmes et sept gardes sont décédés. Un garde est porté disparu", selon le communiqué.

"L'ennemi quant à lui, a subi de nombreuses pertes", assure le ministère, sans préciser leur ampleur.

C'est dans cette même région de Tillabéri, proche du Mali, que 71 soldats nigériens ont été tués le 10 décembre, la pire attaque depuis le regain des attaques djihadistes en 2015 dans ce pays sahélien pauvre, revendiquée par l'Etat islamique.

Selon le ministère de l'Intérieur, l'équipe des agents d'enrôlement "a été sécurisée et a regagné Sanam en bonne santé".

Cette équipe opérait pour le compte de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), qui doit organiser des élections générales (présidentielle et législatives) fin 2020.

Tout le Sahel - en particulier le Mali, le Niger et le Burkina -, est désormais visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Le Burkina Faso observait jeudi son deuxième jour de deuil national après une attaque djihadiste qui a fait 42 morts dans le nord du pays, la pire depuis cinq ans.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait annoncé dimanche, lors de la visite du président français Emmanuel Macron, que les pays du Sahel et la France lanceront "un appel à la solidarité internationale" durant un sommet à Pau (sud-ouest de la France) le 13 janvier consacré à la lutte contre les groupes djihadistes.

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L'ONU souhaite une approche combinant humanitaire, développement et sécurité du Sahel

Un groupe de filles du Niger attend l'arrivée d'un convoi des Nations Unies dans le village de Sabon Machi, dans la région de Maradi, au Niger, le 16 août 2018.

La région du Sahel, où l'opération française Barkhane va céder la place à une coalition internationale, requiert une approche coordonnée combinant humanitaire, développement et sécurité, a indiqué le chef de l'Agence de l'ONU pour les réfugiés.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d'une "alliance internationale" associant des Européens.

Selon le dernier rapport du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) sur les déplacements dans le monde publié vendredi, environ 750.000 personnes ont été nouvellement déplacées au Sahel, "dans ce qui est peut-être la crise régionale la plus complexe au monde".

"La dynamique de la crise est donc négative", a déclaré le Haut Commissaire Filippo Grandi, dans un entretien à l'AFP.

"Regardez ce qui se passe au Nigeria par exemple; le Tchad traverse une transition politique difficile; le Mali continue d'être instable; le Burkina Faso et le Niger sont fragiles", a-t-il égrené.

Soulignant l'importance stratégique de cette région africaine pour l'Europe, M. Grandi a dit espérer qu'une "approche stratégique qui combine tout - l'humanitaire, le développement, l'investissement dans l'éducation et dans la prospérité économique, et le volet sécurité - pourra se faire de manière plus coordonnée."

"Ce qu'il faut au Sahel, c'est une combinaison de plusieurs interventions", a-t-il insisté.

Fin de l'opération Barkhane et exemple d'Afghanistan

Après huit ans de présence ininterrompue au Sahel, où sont aujourd'hui déployés 5.100 de ses militaires, la France veut désormais passer d'un statut de force en première ligne contre les jihadistes à celui de force d'accompagnement et d'appui (renseignement, drones, avions de chasse...).

La décroissance des effectifs militaires français s'opérera progressivement, avec un jalon à environ 3.500 hommes d'ici un an puis 2.500 personnes d'ici 2023, selon une source familière du dossier. Les commandos d'élite de la task force française "Sabre" devraient être maintenus pour poursuivre la traque des chefs jihadistes qui sévissent dans la région.

"Il est certain que les opérations militaires internationales visant à faire face à ces types de crises, comme l'opération française Barkhane ou les troupes américaines en Afghanistan, ne peuvent pas être maintenues éternellement. Je comprends cela", a affirmé Filippo Grandi.

"Le problème est que si, pendant que ces troupes sont présentes, les investissements appropriés ne sont pas faits pour répondre à tous les aspects de la crise, alors lorsque l'on retire les troupes, les causes de la crise sont toujours présentes et la crise peut repartir", a-t-il développé.

Et de conclure: "Ce qui signifie qu'après quelque années, d'autres troupes doivent être envoyées. C'est certainement ce qui nous préoccupe en Afghanistan", d'où les forces américaines vont se retirer.

Le président des Etats-Unis Joe Biden a décidé de retirer tous les soldats américains au plus tard le 11 septembre 2001, pour le vingtième anniversaire des attentats à New York et Washington, qui avaient provoqué l'intervention en Afghanistan.

Pour M. Grandi, le retrait américain risque de provoquer une augmentation de la violence dans le pays: "Nous nous y préparons".

Selon le HCR, 2,6 millions d'Afghans ayant fui leur pays vivaient fin 2020 à l'étranger.

La Roumanie va déployer 45 soldats dans l'opération Takuba au Sahel

Des combattants d'un groupe armé local Gatia et du groupe armé pro-gouvernemental Mouvement de Salut de l'Azawad, se rassemblent devant leur siège dans la ville de Menaka le 21 novembre 2020.

Le Parlement roumain a approuvé la décision de déployer 45 soldats au sein de l'opération européenne Takuba destinée à accompagner les forces maliennes au Sahel, une annonce saluée jeudi par la France qui compte sur ce groupement pour réduire ses effectifs dans la région.

L'arrivée des forces roumaines est prévue au quatrième trimestre 2021. "Cela renforcera la visibilité internationale de notre pays", souligne un rapport officiel, évoquant également "d'importants bénéfices dans la relation avec la France".

"Merci à nos amis roumains pour leur engagement", a réagi dans un tweet la ministre française des Armées Florence Parly.

"La mobilisation des Européens au Sahel continue: la Roumanie déploiera 45 militaires dans Takuba, la taskforce qui rassemble des forces spéciales européennes pour mener des opérations de contre-terrorisme avec les armées maliennes", a-t-elle écrit.

Après plus de huit ans d'engagement massif, le président Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière une réduction de la présence militaire française au Sahel, au profit d'un dispositif recentré sur la lutte ciblée contre les jihadistes et l'accompagnement au combat des armées locales.

Ce dispositif s'appuiera sur "des forces spéciales structurées autour de Takuba avec évidemment une forte composante française - encore plusieurs centaines de soldats - et des forces africaines, européennes, internationales", avait alors précisé le président français.

Un soldat nigérien tué, deux soldats français blessés au Mali

L’armée malienne (FAMa) et des soldats français (GTD) dans la région de Gourma dans le cadre de l’opération Barkhane à Ndaki, Mali, 29 juillet 2019.

Un soldat nigérien a été tué et un autre blessé, ainsi que deux soldats français, lors de combats avec des jihadistes au Mali, a indiqué mercredi l'état-major des armées françaises.

Mardi, au cours d'une mission de reconnaissance, des soldats de la force française antijihadiste Barkhane et de la 114e compagnie de sécurité intérieure nigérienne "ont été pris à partie" par des jihadistes, selon le porte-parole de l'état-major, le général Frédéric Barbry.

"Au cours de cette action de combat, un militaire nigérien a perdu la vie, un second a été blessé", a-t-il ajouté. "Deux militaires français ont également été blessés. Ils ont été évacués et pris en charge par l'hôpital militaire de Gao. Leur pronostic vital n'est pas engagé".

Les soldats au sol ont été appuyés par des hélicoptères d'attaque et des avions de chasse. Ils ont "neutralisé" les jihadistes, dont le nombre n'a pas été communiqué, a précisé le porte-parole.

Barkhane est officiellement promise à une fin prochaine. Elle sera remplacée d'ici 2023 par un dispositif international plus léger d'appui et d'accompagnement au combat des troupes locales, au prix d'une montée en puissance espérée des Européens et d'un investissement majeur des pouvoirs africains.

La France souhaite ne plus essayer de sécuriser des zones où les Etats africains n'arrivent pas à garder pied, pour se concentrer sur la lutte ciblée contre les jihadistes. Une réorientation qui intervient alors que l'élection présidentielle française de 2022 se rapproche et que l'effort militaire suscite des interrogations croissantes en France, notamment au regard des 50 soldats tués au combat depuis 2013.

Le domicile du président du Parlement nigérien mitraillé

Des policiers anti-émeutes à Niamey, Niger, le 10 mai 2017.

Des hommes armés ont mitraillé dans la nuit de vendredi à samedi le domicile du président du Parlement du Niger, Seïni Oumarou, tuant et un de ses gardes du corps et blessant grièvement un deuxième, ont annoncé son entourage et les autorités.

"Dans la nuit de vendredi à samedi, le domicile du président de l'assemblée nationale a été attaqué par deux individus sur une moto. Ils ont mitraillé les gardes, tuant un d'entre eux", a indiqué aux journalistes Ousseïni Salatou, un conseiller de Seïni Oumarou.

Dans un communiqué samedi soir, le ministère nigérien de l'Intérieur a confirmé cette attaque, soulignant qu'avant de "quitter les lieux" les deux assaillants ont vainement tenté d'emporter un véhicule 4X4 pick-up stationné au domicile de M. Oumarou.

Une "enquête a été ouverte immédiatement" et "les recherches en vue d'identifier et d'interpeller les auteurs sont actuellement en cours", assure le ministère.

Seïni Oumarou, 70 ans, qui dirige le Mouvement national pour la société du développement (MNSD, au pouvoir de 1999 à 2010) était arrivé troisième à la présidentielle du 21 décembre 2020, et avait appelé à voter au second tour pour Mohamed Bazoum, le candidat du pouvoir, vainqueur du scrutin.

Il a été élu au perchoir en mars.

Lors des troubles qui ont suivi l'annonce le 23 février de la victoire de Mohamed Bazoum par la Commission électorale, des manifestants avaient attaqué notamment le domicile de Seïni Oumarou, tuant par balles un de ses gardes du corps, selon les autorités.

Le Niger fait face à ses frontières ouest avec le Mali et le Burkina, à de fréquentes attaques des groupes jihadistes sahéliens dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) et dans le Sud-Est, aux atrocités des jihadistes nigérians de Boko Haram et du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) est issu d'une scission du groupe jihadiste Boko Haram.

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