Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Niger

Le Niger en deuil rend hommage à ses soldats tués à Inates

Le président Mahamadou Issoufou s'incline devant les dépouilles des militaires nigériens d'Inates

Plongé dans un deuil de trois jours, le Niger a rendu hommage vendredi aux 71 soldats tués à Inates dans la pire attaque djihadiste de son histoire, lors d'une cérémonie solennelle de levée des corps et avec des prières dans les mosquées.

"J'ai décidé de venir pour témoigner de la reconnaissance de la patrie inconsolable mais nullement vaincue à ces hommes (...), nos héros, nos martyrs", a déclaré le président Mahamadou Issoufou sur le tarmac de la base aérienne 101 de Niamey, devant les sacs mortuaires recouverts du drapeau du Niger, en présence des familles des victimes.

"Votre mort est glorieuse (...). Vous avez consenti le sacrifice de vos vies pour protéger le Niger de la barbarie de ceux qui tels des vampires n'aspirent qu'à s'abreuver de sang, de ceux qui détruisent non seulement des vies mais notre religion", a souligné le président.

"Jamais l'islam n'a connu d'arme de destruction aussi massive et aussi redoutable que le terrorisme. L'islam se détruit de l'intérieur au nom de l'islam", a-t-il poursuivi

Alors que les opinions publiques des pays du Sahel contestent depuis plusieurs mois la présence militaire française dans la région, Mahamadou Issoufou a promis "de renforcer encore plus nos alliances et la coordination de nos forces pour lutter ensemble contre les ennemis de la liberté, contre l'ignorance et l'obscurantisme".

Le chef de l'Etat a décoré de la Croix de la vaillance chacun des soldats, qui seront enterrés au "Carré des Martyrs", sur la base.

Sous un hangar, sur les lieux de la cérémonie funèbre, environ 200 personnes, des épouses, des enfants et des proches étaient assis, les yeux rougis.

Durant la cérémonie, une femme a éclaté en sanglots. "C'est mon mari qui est mort, je n'ai plus envie de vivre", a confié une autre femme à un journaliste l'AFP.

- "Chaque famille a perdu un proche" -

Les enfants du commandant du camp d'Inates, le lieutenant-colonel Hassane Inoutab, qui fait partie des victimes, pleuraient à chaudes larmes. Le président les a consolés personnellement.

Les fidèles ont afflué dans les mosquées à l'occasion de la prière hebdomadaire.

"En plus de la prière habituelle de vendredi, nous avons fait une prière supplémentaire pour le repos de l'âme des soldats. Il y avait un peu plus de monde que d'habitude: deux soldats du quartier figurent parmi les morts", a affirmé Moumouni Harouna, un habitant du quartier Lazaret de Niamey, en bonnet et jellaba blancs.

"Le frère d'un des soldats morts nous racontait généralement des blagues après la prière... Aujourd'hui il était très silencieux. Il est profondément affecté", a-t-il ajouté.

"Après et avant la prière, les gens étaient moins bruyants que d'habitude. Chaque famille nigérienne a perdu un proche dans l'attaque", a assuré Salissou Abdou, un tailleur de Bandabari, près de la Grande mosquée de la capitale.

Certaines institutions ou entreprises ont suspendu le travail à 10 heures pour des prières collectives. "Nous avons fermé les guichets pour prier dans le hall et des clients se sont même joints à nous", a indiqué Issa Ousmane, un employé bancaire.

Le gouvernement a annulé toutes les festivités du 61e anniversaire de la république du Niger, prévues le 18 décembre à Tillabéri, dans l'ouest du pays, où la localité d'Inates est située.

- Assauts de plus en plus audacieux -

La plupart des médias publics et privés ont diffusé des chants religieux et des prêches musulmans appelant "à la tolérance et à la paix".

Mardi, une attaque de grande ampleur contre le camp militaire d'Inates dans l'Ouest, tout proche de la frontière malienne, a fait 71 morts et des disparus.

Elle a été revendiquée par l'Etat islamique et est la plus meurtrière depuis le regain des attaques djihadistes en 2015 au Niger, pays pauvre mais disposant d'importantes ressources en uranium.

Tout le Sahel - en particulier le Mali, le Niger et le Burkina -, est désormais visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales et de la présence de 4.500 militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Le Mali a été frappé dernièrement par une série d'assauts sanglants: plus de 140 soldats ont été tués, cet automne provoquant un véritable traumatisme dans ce pays. Le Burkina avait perdu 24 militaires en août, dans un assaut contre la base de Koutougou, également près de la frontière malienne.

Après des attaques de guérilla du type "hit and run" (on frappe et on s'enfuit), les groupes djihadistes n'hésitent plus à attaquer de front des postes militaires.

L'assaut contre le camp d'Inates a été mené par "plusieurs centaines" de combattants "lourdement armés" selon le ministère de la Défense nigérien, qui a évoqué des combats d'une "rare violence".

Toutes les actualités

Le Niger suspend le transit des produits pétroliers vers le Mali

Le président nigérian Mohamed Bazoum rencontre les ministres français des Affaires étrangères et des Armées lors de sa visite officielle à Niamey, le 15 juillet 2022.

Le Niger a décidé la semaine dernière de "suspendre" le transit des produits pétroliers destinés au Mali voisin "pour des raisons sécuritaires", face à la menace de groupes jihadistes, a appris mardi l'AFP de sources douanières.

Dans une note de service datée du 21 septembre, la direction générale des Douanes du Niger annonce "la suspension de la délivrance des autorisations de transit de produits pétroliers accordées aux usagers sur le Mali".

Les produits destinés à la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Mali (Minusma) sont toutefois exemptés de cette suspension, ajoute cette note.

En outre, le texte annonce la "suspension" des autorisations "déjà délivrées" pour la fourniture des produits pétroliers au Mali et qui ne sont pas destinées à la mission onusienne.

Cette décision a été prise trois jours avant les attaques du Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, à l'encontre du président nigérien Mohamed Bazoum.

A la tribune de l'ONU, il avait notamment accusé M. Bazoum "de ne pas être nigérien".

"Cette mesure est motivée vraiment par des raisons sécuritaires, pas autre chose", a assuré une source douanière sous couvert d'anonymat.

Les livraisons d'hydrocarbures destinées à la Minusma seront "escortées jusqu'à la frontière du Mali", a-t-elle assuré. Selon une autre source douanière, il s'agit des hydrocarbures produits par le Niger et par son voisin le Nigeria, l'un des plus gros producteurs africains.

Au Niger et au Burkina Faso voisin, plusieurs sources font souvent état de détournements de camions transportant des hydrocarbures par des groupes jihadistes.

Le Niger et le Mali sont confrontés depuis des années aux attaques de groupes jihadistes affilés à l'Etat islamique (EI) et Al-Qaida.

Indignation après les propos du Premier ministre malien sur le président nigérien

Le Premier ministre par intérim du Mali Abdoulaye Maïga, à l'Assemblée générale de l'ONU.

Des responsables nigériens ont condamné les attaques proférées samedi contre le président du Niger Mohamed Bazoum par le Premier ministre par intérim du Mali Abdoulaye Maïga, à l'Assemblée générale de l'ONU.

Lors ce discours, le colonel Maïga a critiqué plusieurs responsables africains et notamment Mohamed Bazoum qu'il a accusé de ne "pas être nigérien".

Né en 1960 à Bilabrine dans la région de Diffa (sud-est), Mohamed Bazoum est de l'ethnie arabe Ouled Slimane, présente en Libye, mais très minoritaire au Niger.

Ses détracteurs, notamment pendant la campagne pour la présidentielle de 2021 qu'il a remporté, avaient mis en doute ses "origines nigériennes". Mais la Cour constitutionnelle, plus haute juridiction du Niger avait rejeté une requête visant à disqualifier sa candidature pour cette raison.

Dans une interview au quotidien burkinabè Wakat Sera, en 2019, M. Bazoum avait rappelé que son arrière grand-père était arrivé au Niger "dans les années 1840".

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre délégué aux Affaires étrangères Youssouf Mohamed Elmouctar a "condamné fermement le contenu des propos (du colonel Maïga). L'ivresse de la junte malienne lui a fait oublier le sens du protocole et de la diplomatie".

"Il a fait honte à l'Afrique et au monde civilisé", a poursuivi le ministre, dénonçant "la bassesse" des propos du chef du gouvernement malien.

Le député de la majorité Mohamed Saghdoun a de son côté qualifié M. Maïga de "soldat en rupture de banc avec la réalité" de son pays.

Dans un communiqué l'élu a critiqué "l'incapacité de l'armée malienne à protéger" les civils contre "les exactions jihadistes", poussant "des milliers de maliens à se réfugier depuis 2012 au Niger voisin.

Il a également demandé le rappel de l'ambassadeur nigérien du Mali et la rupture des relations diplomatiques avec "une junte au service de Moscou".

Les autorités nigériennes n'avaient pas officiellement réagi lundi.

A l'ONU, Mohamed Bazoum a mis l'accent sur l'insécurité au Sahel
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:09:22 0:00

"Jamais au grand jamais, le président Bazoum n'a proféré d’injures à l’égard de la junte à fortiori vis-à-vis d’un pays voisin", a commenté lundi le quotidien privé La Nation qui estime que "cette posture maladroite discrédite un peu plus la junte" malienne.

Le Mali, où des colonels ont pris le pouvoir par la force en août 2020, partage une vaste frontière avec le Niger, où les violences jihadistes meurtrières sont régulières de part et d'autre de celle-ci.

Les autorités de Bamako se sont récemment détournées de la France avec acrimonie et ont réactivé leurs liens historiques avec Moscou pour tenter d'endiguer la propagation jihadiste qui ravage le pays.

Elles sont également engagées dans un bras de fer diplomatique avec un autre voisin, la Côte d'Ivoire, dont 46 soldats sont emprisonnés à Bamako depuis début juillet.

Le G5 Sahel cherche une "nouvelle stratégie" après le retrait du Mali

"La situation sécuritaire demeure préoccupante notamment dans la zone des 'trois frontières'", aux confins du Burkina, du Mali et du Niger, souligne le communiqué du G5 Sahel.

Les ministres de la Défense et les chefs d'état-major des pays du G5 Sahel ont tenu jeudi une réunion extraordinaire à Niamey pour réfléchir à une "nouvelle stratégie" pour cette force antijihadiste après le retrait du Mali en mai, a appris vendredi l'AFP.

Cette réunion d'une journée visait à "échanger sur la nouvelle configuration" de la Force conjointe après "le retrait du Mali" et le "départ de Barkhane" de ce pays, selon le communiqué final. "Cette situation nous impose d'adopter de nouvelles stratégies pour lutter efficacement contre les groupes armés terroristes dans l'espace commun", indique le texte.

La Banque mondiale tire la sonnette d'alarme sur l'urgence climatique au Sahel
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:16 0:00

Aucun détail n'a été donné sur cette nouvelle stratégie. Le G5 Sahel est une force militaire conjointe qui regroupait jusqu'au mois de mai le Niger, le Burkina, la Mauritanie, le Tchad et le Mali.

Largement financée par l'Union européenne, cette force représentait aux yeux des partenaires internationaux du Sahel une porte de sortie dans une région en proie aux violences jihadistes. Mais en cinq ans, les opérations conjointes sont restées peu nombreuses et la situation sécuritaire au Sahel n'a cessé de se dégrader.

En dépit des "efforts" des Etats avec "l'appui" des partenaires "la situation sécuritaire demeure préoccupante notamment dans la zone des 'trois frontières'", aux confins du Burkina, du Mali et du Niger, souligne le communiqué.

"La formule actuelle (...) ne peut plus répondre à nos préoccupations opérationnelles", a observé en ouverture de la réunion, le général Gninguengar Mandjita, chef d'état-major des Armées du Tchad, pays qui assure la présidence du G5 Sahel.

Alkassoum Indatou, ministre nigérien de la Défense, juge quant à lui qu'"au delà des difficultés financières", le G5 Sahel souffre désormais d'un "problème de cohésion et d'unité d'action (...) mise à mal depuis le retrait du Mali".

Mi-mai, les autorités de transition au Mali, empêchées d'en assurer la présidence, ont décidé de se retirer du G5 Sahel et de sa force conjointe, invoquant une "perte d'autonomie" et "une instrumentalisation" au sein de l'organisation. En juillet, Mahamat Idriss Déby du Tchad et Mohamed Bazoum du Niger avaient martelé vouloir garder le G5 en vie, malgré le départ du Mali.

La junte au pouvoir depuis 2020 au Mali a récemment poussé vers la sortie la France qui a déployé via son opération Barkhane pendant des années des milliers de militaires dans le pays, dont une partie s'est repliée au Niger voisin.

Des jihadistes tuent 11 agriculteurs dans le sud-est du Niger

Des jihadistes tuent 11 agriculteurs dans le sud-est du Niger
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:50 0:00

Onze civils "exécutés" par des jihadistes présumés dans le sud-est du Niger

Un détachement d'éléments des forces spéciales anti-jihadistes "Almahaou" (Tourbillon) patrouille le 6 novembre 2021 dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), théâtre d'actions meurtrières de présumés jihadistes. (Photo BOUREIMA HAMA / AFP)

Onze agriculteurs - neuf Nigériens et deux Nigérians - ont été "exécutés par balles" mardi par des jihadistes présumés dans le sud-est du Niger, a annoncé mercredi à l'AFP le maire d'une commune proche du lieu de l'attaque.

"Onze agriculteurs ont été exécutés par balles hier (mardi) matin par des éléments de Boko Haram à 7 km de Toummour", a déclaré à l'AFP Issa Bonga, le maire de cette localité, dans la région de Diffa, riveraine du lac Tchad, aux confins du Niger, du Nigeria et du Tchad.

Au Niger, les autorités, en particulier celles de la région de Diffa font rarement la différence entre Boko Haram et sa branche dissidente, l'Etat islamique en Afrique de l'ouest (Iswap). La vaste zone du lac Tchad est truffée d'îlots et de marécages servant de refuge à ces deux organisations.

Washington fait un don de 8 milliards FCFA en équipements militaires au Niger
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:10 0:00

Les onze victimes étaient parties couper du bois dans la brousse lorsqu'elles ont été interceptées par des éléments de Boko Haram, a expliqué le maire. Les neuf Nigériens sont des ressortissants de Bosso, une commune située sur les rives du lac Tchad, et voisine de Toummour. Leurs corps devaient être inhumés à Toummour mercredi matin, toujours selon l'édile.

"Treize bûcherons partis à la recherche de bois ont été interceptés par des éléments d'Iswap. Onze ont été exécutés", a de son côté indiqué sur Facebook le groupe "Jeunesse Diffa", connu pour ses publications régulières sur la situation sécuritaire dans la région. "En outre, les terroristes ont lancé un message, par le canal d'un des bûcherons relâchés, pour avertir les riverains de ne plus fréquenter" la zone où ils opèrent, poursuit cette publication.

"Des représailles"

Début septembre, plusieurs pêcheurs nigériens et nigérians ont été tués par des jihadistes pour avoir désobéi à un ordre de quitter la zone du lac Tchad. Les jihadistes avaient ordonné fin août à la population de quitter les îles et avaient tué certains qui ne l'avaient pas fait, selon un responsable local nigérien.

Selon une source locale, ces tueries sonnent comme "des représailles" par des éléments de Boko Haram qui "reprochent" aux pêcheurs de ne plus vouloir les ravitailler. La région de Diffa, frontalière du Nigeria et du Tchad, abrite 300.000 réfugiés nigérians et déplacés internes, chassés par les exactions de Boko Haram et de l'Iswap, selon l'ONU.

Pour combattre les jihadistes, les armées du Tchad, du Cameroun, du Niger et du Nigeria ainsi que celle du Bénin, ont réactivé en 2015 une Force multinationale mixte (FMM). Le Niger doit aussi faire face dans l'Ouest, à ses frontières avec le Mali et le Burkina, à de fréquentes attaques de groupes jihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).

Voir plus

XS
SM
MD
LG