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Cinq Etats sahéliens se mobilisent et appellent au soutien international contre les jihadistes


Les dirigeants du Mali, du Niger, du Burkina Faso, du Tchad et de la Mauritanie posent au sommet du G5 Sahel à Niamey, le 15 décembre 2019.

Cinq Etats sahéliens ont décidé dimanche à Niamey de renforcer leur coopération et ont appelé la communauté internationale à les soutenir pour endiguer le péril jihadiste qui frappe de plus en plus violemment leurs pays.

"Les chefs d'Etat réitèrent leur volonté de tout mettre en oeuvre pour améliorer la coordination entre la force conjointe, les forces nationales et les forces internationales alliées", selon le communiqué final du sommet qui a réuni les présidents du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad et de la Mauritanie, qui forment le G5 Sahel.

Initialement prévu à Ouagadougou, le sommet a été relocalisé à Niamey, en signe de solidarité après la sanglante attaque du camp militaire d'Inates mardi, dans l'ouest du Niger, près de la frontière malienne, dans laquelle 71 soldats nigériens ont été tués par des jihadistes.

Les chefs d'Etat du G5 ont également lancé un appel aux autres pays de la grande région pour "un renforcement de la coopération entre les services de sécurité et de renseignement dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière", selon le communiqué.

Malgré la présence des forces françaises (4.500 soldats de Barkhane), régionales (force militaire conjointe du G5 Sahel), de l'ONU (Minusma au Mali), ainsi que de forces américaines, le Sahel subit des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, depuis les premières violences dans le nord du Mali en 2012.

L'attaque d'Inates, la plus meurtrière de l'histoire de Niger, revendiquée par le groupe Etat islamique, a traumatisé le pays, qui a décrété trois jours de deuil national, de vendredi à ce dimanche. D'autres attaques sanglantes ont frappé ces derniers mois le Mali et le Burkina Faso.

Les armées des pays du G5 semblent impuissantes à enrayer cette spirale de violences. La Force militaire conjointe du G5 Sahel (lancée en 2015 et réactivée en 2017), qui devait compter 5.000 hommes pour lutter contre les jihadistes dans les zones frontalières entre les pays membres, peine à monter en puissance, en dépit des nombreuses déclarations des chefs d'Etat, comme celle de Niamey ce dimanche.

"Nous ne sommes pas tout à fait au bon niveau d'+opérationnalisation+ de la force du G5", a reconnu le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré - président en exercice du G5 - au cours d'un point de presse, déplorant la lenteur "de décaissement" des financements internationaux.

- 'arc de groupes terroristes' -

Pour améliorer l'action de la force conjointe, les pays du G5 ont décidé de "mobiliser davantage de forces" dans la zone des trois frontières, (Burkina-Mali-Niger), et de porter "à deux ans", contre un seul aujourd'hui, "le mandat du commandement de la force", selon le communiqué final.

Les présidents ont encore demandé à la communauté internationale de "renforcer son soutien" contre "la menace terroriste", et redemandé à l'ONU de renforcer le mandat de leur force militaire conjointe et celui de la Minusma au Mali, selon le communiqué final.

Parallèlement, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a mis en garde contre la constitution d'"un arc de groupes terroristes" du Sahel jusqu'au Proche-Orient, sur les ondes de France Inter.

Dans une allusion à la polémique sur la présence des forces étrangères au Sahel, parfois contestée par les populations, le président nigérien Mahamadou Issoufou a estimé que "pour combattre le terrorisme, nous (les pays sahéliens) avons besoin non pas de moins d'alliés mais de plus d'alliés".

"La lutte contre le terrorisme est une lutte internationale", a renchéri le président Kaboré.

Le président Issoufou a aussi salué le projet de l'opération Tacouba, réunissant des forces spéciales de plusieurs pays européens afin d'apporter des renforts à l'armée malienne, qui est en train d'être mis sur pied à l'initiative de la France.

Des messages qui constituent peut-être un signal envoyé au président français Emmanuel Macron, qui a demandé aux dirigeants du G5 Sahel de "clarifier" leurs positions sur la présence de troupes françaises dans leurs pays, et d'"assumer" publiquement le fait qu'elles s'y trouvaient à leur demande, et non pas pour des "visées néocoloniales".

Avant de débuter le sommet dans le centre de Niamey bouclé à la circulation, quatre des cinq chefs d'Etat sahéliens se sont inclinés dans la matinée, pendant une courte cérémonie d'une dizaine de minutes et d'une prière, sur les tombes des soldats morts à Inates, enterrés vendredi au "carré des martyrs" sur la base aérienne de Niamey.

Avec AFP

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