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Mauritanie

Des milliers de personnes à une marche des descendants d'esclaves à Nouakchott

Les Haratine protestent pour leurs droits en Mauritanie
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Les Haratine protestent pour leurs droits en Mauritanie

Des milliers de personnes dont des représentants du parti au pouvoir en Mauritanie ont participé lundi soir à Nouakchott à la marche annuelle des Haratine, les descendants d'esclaves qui dénoncent des discriminations.

Les leaders de l’opposition étaient aussi au rendez-vous pour cette sixième marche annuelle, qui vise à dénoncer la persistance de formes d'esclavage dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Le mouvement représentant les Haratine, le "Manifeste pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratine au sein d'une Mauritanie unie, égalitaire et réconciliée avec elle-même", étant scindé en deux courants depuis 2018, deux marches et deux meetings ont eu lieu simultanément, comme l'an dernier.

Les représentants des partis politiques, pouvoir et opposition, étaient présents aux deux manifestations auxquelles ont participé des milliers de personnes, selon un journaliste de l'AFP.

El Id ould Mohameden, un avocat qui préside le comité de direction d'une des factions du Manifeste, a estimé que la marche a envoyé un "message clair" aux candidats à la présidentielle de juin 2019: le règlement de la question haratine doit être une de leurs priorités.

"Celui qui présidera aux destinées de ce pays doit faire en sorte que les enfants des Haratine ne soient plus des marginaux par rapport à l’éducation, aux chances d’accès à la richesse et ne soient plus des laissés-pour-compte", a-t-il déclaré.

"Cette cause a réuni autour d’elle l’ensemble de la classe politique mauritanienne, tous les acteurs de la société civile, tous les militants des droits de l’homme. C'est un consensus sans précédent. Nous espérons que prochainement, ce consensus va (se traduire par) des mesures concrètes menées par les gouvernants, les responsables et acteurs de la chose publique", a-t-il ajouté.

Le dirigeant de l'autre composante du Manifeste, Mohamed Vall ould Hindeya, a appelé de son côté à une politique de discrimination positive au profit des Haratine.

"Nous voyons que tous les Mauritaniens sont autour de nous, qu’ils soient de teint clair ou qu’ils soient des négro-africains ou des haratine. Tout ce monde est réuni pour dire non à l’élimination, non à la marginalisation de la communauté haratine. Je pense que déjà c’est un progrès", a de son côté affirmé Saleck Messaoud, un militant de la cause des Haratine.

Officiellement, l'esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Mais le phénomène persiste, selon des ONG, notamment sous la forme de cession gratuite par les descendants d'esclaves d'une partie de leur récolte à leurs maîtres traditionnels, de mariage forcé d'esclaves ou même de vente.

En août 2015, la Mauritanie a adopté une nouvelle loi faisant de l'esclavage un "crime contre l'humanité", réprimé par des peines allant jusqu'à 20 ans de prison.

La population de ce pays de 4,5 millions d'habitants se compose de communautés arabo-berbère, haratine (descendants d'esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d'ethnies subsahariennes (Peuls, Soninkés ...).

Jusqu'à 43.000 personnes en Mauritanie étaient encore réduites en esclavage en 2016, soit environ 1% de la population totale, selon un rapport d'Amnesty International publié le 22 mars, citant des estimations d'organisations spécialisées.

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L'ex-président mauritanien Ould Abdel Aziz sera jugé pour corruption présumée

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz lors du Sommet arabe du développement économique et social, à Beyrouth, le 20 janvier 2019.

L'ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz sera jugé par un tribunal pour corruption présumée avec 11 autres dignitaires de son régime, sur décision du juge mauritanien en charge de l'enquête, ont annoncé mercredi à l'AFP un magistrat du parquet et un avocat.

L'ex-président et ses 11 co-inculpés sont notamment accusés de "corruption, blanchiment d'argent et enrichissement illicite". M. Ould Abdel Aziz avait été inculpé en mars 2021, en même temps que plusieurs hautes personnalités, pour ces faits présumés qui auraient été commis quand il dirigeait le pays de 2008 à 2019.

Parmi ses co-inculpés figurent un de ses gendres, deux anciens Premiers ministres et plusieurs anciens ministres et hommes d'affaires.

"Le juge d'instruction a effectivement décidé de renvoyer ces (12) personnes inculpées pour corruption devant la Cour criminelle (du tribunal de Nouakchott) chargée de juger les crimes de corruption", a déclaré à l'AFP un magistrat au parquet de Nouakchott, sous couvert d'anonymat. Aucune date n'a été annoncée pour la tenue du procès.

Le juge n'a pas suivi le parquet qui avait requis "le renvoi de toutes les personnes inculpées devant la cour", deux d'entre elles ayant été blanchies: un ancien ministre des Finances et un ancien directeur de la société nationale industrielle et minière (SNIM), selon la même source. Quatorze personnes étaient initialement visées.

L'avocat de l'ex-président, Me Mohameden Ould Icheddou, a confirmé mercredi à l'AFP l'information sur le renvoi de M. Aziz et de ses co-inculpés devant un tribunal.

"Nous n'en avons pas encore reçu notification mais la décision a été prise de renvoyer toutes ces (12) personnes devant la cour criminelle. Nous réagirons le moment venu", a dit Me Ould Icheddou, sans dire s'il allait faire appel de cette décision.

L'ex-chef d'Etat a été placé en détention en juin 2021 pour non-respect, selon la justice, des mesures de son contrôle judiciaire et trouble à l’ordre public, avant d'être relâché début janvier pour raisons de santé.

La justice avait été saisie en août 2020 du rapport d'une commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur des faits présumés de corruption et de détournement de fonds publics pendant les plus de 10 années de pouvoir de M. Aziz.

La commission s'est penchée sur plusieurs aspects: gestion des revenus pétroliers, vente de domaines de l'Etat, liquidation d'une société publique assurant l'approvisionnement du pays en denrées alimentaires, activités d'une société chinoise de pêche...

L'ex-président, qui crie au "règlement de comptes", a toujours refusé de parler au juge d'instruction. Il s'estime protégé par l'immunité que lui confère selon lui la Constitution.

Le G5 Sahel, dans l'inconnu sur son avenir, déplore le retrait du Mali

Les représentants du G5 Sahel au Palais des Congrès à Niamey, au Niger, le 17 juillet 2018. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

La décision du Mali de quitter l'organisation antijihadiste du G5 Sahel est "regrettable", a déclaré mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU son secrétaire exécutif, Eric Tiaré, alors que le Niger considère déjà que cette instance régionale n'existe plus.

Depuis sa création, le G5 Sahel, aussi formé de la Mauritanie, du Tchad, du Burkina Faso et du Niger et dotée jusqu'à présent d'une force de 5.000 militaires, "a mené le bon combat sur ses deux fronts", "la lutte contre le terrorisme" et "le développement socio-économique" de la région, a fait valoir le responsable.

Malgré la dégradation de la situation sécuritaire, "la force a connu des succès" dans ses opérations conjointes, a insisté Eric Tiaré, en réclamant à l'ONU un plus grand soutien. "Nous lançons un appel à l'ONU pour qu'elle s'implique davantage dans le soutien au G5 Sahel", a-t-il dit.

En dépit de demandes répétées du secrétaire général des Nations unies et notamment de la France, les Etats-Unis ont toujours refusé au G5 Sahel un soutien onusien substantiel et financier de l'ensemble des 193 membres de l'ONU, lui préférant les aides bilatérales. Une position réaffirmée mercredi par Washington.

Dans un entretien aux médias français La Croix et L'Obs, publié mercredi, le président nigérien Mohamed Bazoum a tiré un trait définitif sur le G5 Sahel après le retrait du Mali.

"Le G5 Sahel est mort. Depuis le second coup d'Etat au Mali (en mai 2021), Bamako est dans une fuite en avant qui l'isole en Afrique et nous prive d'une stratégie concertée et coordonnée pour lutter contre le terrorisme", a-t-il souligné.

En regrettant comme d'autres membres du Conseil le départ du Mali, au "rôle moteur" dans l'organisation depuis sa création, l'ambassadeur français à l'ONU, Nicolas de Rivière, a appelé à "ne pas tirer de conclusions hâtives" sur son avenir. Il revient aux cinq Etats ayant créé le G5 Sahel de "décider ce qu'ils veulent en faire", avait-il précisé avant la réunion à des journalistes.

L'ambassadrice adjointe de la Russie à l'ONU, Anna Evstigneeva, a demandé pour sa part au G5 Sahel de "garantir une ligne autonome" de son action "sans diktat extérieur".

La junte au pouvoir au Mali, visant implicitement la France, a annoncé dimanche quitter le G5 Sahel en l'accusant d'être "instrumentalisée" par l'"extérieur".

Les cinq pays fondateurs en 2014 du G5 Sahel, aux armées sous-équipées, avaient lancé en 2017 leur force militaire conjointe alors que l'étau des jihadistes se resserrait autour d'eux. Partie du nord en 2012, les violences se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger, faisant des milliers de morts civils et militaires malgré la présence de forces françaises, européennes, africaines et d'une mission de Casques bleus (Minusma).

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Nouveau gouvernement en Mauritanie, départ du ministre des Affaires étrangères

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a nommé jeudi soir un nouveau gouvernement marqué par le départ du ministre des Affaires étrangères, selon un décret présidentiel.

Le Premier ministre Mohamed Ould Bilal avait présenté sa démission mardi avant d'être reconduit dans ses fonctions mercredi.

Mohamed Salem Ould Merzoug devient le nouveau chef de la diplomatie, quittant le ministère de l'Intérieur où il est remplacé par Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, qui était directeur de cabinet du président Ghazouani.

Le nouveau gouvernement est marqué par 15 départs et des permutations. Les titulaires des postes de souveraineté comme la Justice et les Affaires islamiques restent à leurs postes.

La nouvelle équipe compte quatre femmes contre six dans la précédente.

Le président Ghazouani a également nommé au poste de ministre secrétaire général de la Présidence, Yahya Ould Ahmed Elwaghef, ancien Premier ministre sous le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi, renversé par un putsch en 2009.

Mauritanie : les anti-esclavagistes au Sahel veulent une lutte plus efficace
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M. Ould Ahmed Elwaghef, qui a lu le décret de nomination du nouveau gouvernement, a expliqué ce changement par le "souci du président d'insuffler un sang nouveau dans l'action du gouvernement, de relever le niveau de rendement de l'administration, l'efficience de son action et son rapprochement du citoyen".

M. Ghazouani est au pouvoir depuis août 2019.

Mauritanie : les anti-esclavagistes au Sahel veulent une lutte plus efficace

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Le sommet des ONG anti-esclavagistes a pris fin jeudi à Nouakchott sur un appel à l’union des gouvernements et de la société civile pour un combat plus efficace contre un phénomène qui perdure. Un manuel de lutte contre l’esclavage au Sahel a été d’ailleurs établi. À Nouakchott, Mohamed Diop.

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