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Mattis sur un site de stockage de l'Agent Orange au Vietnam

Le Secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, avec le commandant en chef de l'armée de l'air vietnamienne, Bui Anh Chung, lors de sa visite à la base aérienne de Bien Hoa, à la périphérie de Ho Chi Minh-Ville, le 17 octobre 2018.

Le ministre de la Défense américain Jim Mattis s'est rendu au Vietnam sur un ancien site de stockage de l'Agent Orange, l'herbicide toxique déversé par millions de litres pendant la guerre pour détruire les jungles où se cachaient les rebelles vietcongs.

"Nous avons promis d'aider. L'Amérique tient ses promesses de gérer certains héritages du passé", a déclaré Mattis, dont le frère aîné a fait la guerre du Vietnam, avant sa visite sur ce site de stockage qui avait été stratégiquement installé sur la base aérienne de Bien Hoa, près de l'ancienne Saïgon, aujourd'hui rebaptisée Ho-Chi-Minh-ville.

"Quand je rentrerai, je pourrai parler au Congrès et leur dire ce que j'ai vu de mes propres yeux sur le site", a-t-il ajouté.

Un programme de l'USAID de nettoyage de ce site des résidus d'Agent Orange, dont les sols restent un des plus pollués de ce pays martyrisé par les largages par avion d'Agent Orange mais aussi de napalm, doit commencer l'an prochain et s'étaler sur dix ans.

La promesse de nettoyer le site, nettoyé à la hâte à la fin de la guerre, date de l'administration de Barack Obama et le budget, évalué à près de 340 millions d'euros, n'a pas été coupé par l'administration Trump comme elle a pu le faire sur d'autres projets de la précédente administration.

Entre 1962 et 1971, les Etats-Unis ont déversé par avion près 80 millions de litres d'Agent Orange, contenant de la dioxine, sur les forêts qui facilitaient la progression de la guérilla communiste dans le sud du Vietnam.

Selon Hanoï, le nombre de victimes se monterait à trois millions, dont un million souffrant de graves séquelles encore aujourd'hui, parmi lesquels 150.000 malformations congénitales.

Sur les sites les plus contaminés, les concentrations toxiques étaient encore 400 fois supérieures aux normes acceptables, en 2012, date du début des opérations américano-vietnamiennes de décontamination de l'Agent Orange.

Une grande partie des produits étaient mélangés, stockés et embarqués dans les avions à Bien Hao mais aussi sur la base américaine de Danang, l'un des sites les plus atteints. Celui-ci vient d'être décontaminé grâce à programme de près de 95 millions d'euros de l'USAID.

En 2010, les Etats-Unis ont reconnu les effets de l'Agent Orange, souvent des cancers, sur la santé.

Le département américain des anciens combattants a entrepris d'indemniser ses vétérans et Washington a décidé d'aider les Vietnamiens handicapés "quelle que soit la cause".

Mais des victimes vietnamiennes ont tenté d'obtenir réparation par la justice américaine, mais leur cas a été rejeté par la Cour suprême en 2009.

Les bombes incendiaires au napalm (essence, naphtalène et palmitate) et l'Agent Orange font partie des atrocités emblématiques de la guerre du Vietnam.

Avec AFP

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Snapchat lance Spotlight, un fil public de vidéos sur le modèle de TikTok

Une bannière géante de Snap Inc affichée devant la bourse de New York. 2 mars 2017. (AP Photo/Mark Lennihan)

Ses "stories" éphémères ont été largement copiées par les autres réseaux, mais c'est au tour de Snapchat de s'inspirer de ses jeunes concurrents : l'appli au logo fantôme lance "Spotlight", un fil public de contenus produits par ses utilisateurs, sur le modèle de TikTok.

Les utilisateurs de Snapchat - en majorité des ados et jeunes adultes - ne postaient jusqu'à présent leurs photos et vidéos que pour leurs contacts ou dans des messages privés... Ou sur des réseaux concurrents.

A partir de lundi, dans 11 pays dont les États-Unis et la France, ils pourront diffuser leurs créations plus largement, en restant sur l'appli, sur un fil public, personnalisé automatiquement par l'algorithme en fonction des goûts des spectateurs.

Cette formule a fait le succès de TikTok, avec, pour les influenceurs, l'espoir de créer une vidéo virale, et, pour les utilisateurs, la possibilité de faire défiler une sélection sur mesure de contenus courts.

Mais Snapchat, qui travaille sur Spotlight depuis un an et demi, a tiré des leçons des modèles existants, comme TikTok ou Reels, la version d'Instagram.

Pour commencer, les contenus devront être approuvés par les modérateurs de la plateforme. Au début, chaque vidéo publiée aura été vue par une personne au préalable, a expliqué la société à l'AFP. Par la suite, ce sera sans doute une combinaison d'intervention humaine et d'intelligence artificielle.

No comment

L'appli fréquentée par près de 250 millions de personnes au quotidien n'a pas révélé combien de modérateurs travaillent à cette tâche potentiellement gargantuesque, mais estime que l'enjeu en vaut la chandelle.

Les dirigeants préfèrent choisir les contenus qui seront vus par des millions de personnes plutôt que de devenir une plateforme ouverte qui doit sans cesse se préoccuper de retirer les contenus problématiques.

Facebook (sur son réseau principal et sur Instagram), TikTok, Youtube et les autres se voient régulièrement reprocher de ne pas lutter suffisamment contre la désinformation, les incitations à la violence ou les discours de haine.

Snapchat connaît aussi ce genre de problèmes, qui nuisent à la confiance des utilisateurs et des annonceurs publicitaires. Il y a quelques jours, dans la ville française d'Annecy (est), un lycéen a été mis en examen pour avoir menacé de mort une enseignante sur le réseau.

Autre différence majeure avec les fils rivaux : il n'y aura pas de commentaires publics sur Spotlight. Tout au plus les utilisateurs pourront-ils faire des remarques privées aux créateurs, s'ils n'ont pas publié leurs contenus de façon anonyme et acceptent d'être contactés.

La plateforme entend ainsi créer un environnement positif, où il n'est pas possible d'être désagréable, contrairement à TikTok où même les influenceurs suivis par des millions de personnes se retrouvent à partager leurs vidéos sur un espace où ils font face à beaucoup de négativité, selon un porte-parole de Snapchat.

Le million

N'importe quel créateur, qu'il soit suivi par des dizaines ou des milliers de personnes, pourra cliquer sur la case Spotlight après avoir réalisé une vidéo avec (ou sans) les célèbres filtres de l'appli, des oreilles de chat aux visages et voix déformés.

Snapchat insiste sur l'égalité entre utilisateurs, qui se disputeront d'éventuels gains financiers sur la base de l'intérêt suscité par leurs contenus. Plus d'un million de dollars seront distribués chaque jour.

"Les 'snaps' sont évalués sur la base des interactions avec les gens, comme le temps passé à regarder une vidéo ou les cœurs attribués. Les revenus sont déterminés en fonction du nombre de visionnages uniques", précise un communiqué.

Plus de deux ans après son entrée en Bourse, Snapchat n'a toujours pas réussi à dégager de profits. Au troisième trimestre, la société a ainsi perdu 200 millions de dollars.

Mais elle a doublé son chiffre d'affaires en rythme annuel, à 680 millions, notamment grâce au lancement réussi de nouveaux outils, pour inciter ses utilisateurs à passer toujours plus de temps sur l'application, et de nouveaux produits publicitaires, pour "essayer" des accessoires en réalité augmentée ou s'immerger dans l'univers d'une marque.

En 2013, Snapchat avait inventé les "stories", des histoires qui disparaissent 24 heures après avoir été mises en ligne. Ultra populaires, elles ont été copiées par Facebook (d'abord sur Instagram, en 2016) et plus récemment par Twitter qui vient de lancer les "fleets".

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