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Massacres de Bisesero au Rwanda: demande de relance des investigations sur l'opération Turquoise

Un panneau de bienvenue à Bisesero, dans l'ouest du Rwanda, le 2 décembre 2020, où l'un des plus grands massacres du génocide rwandais de 1994 a eu lieu.

Des associations et des rescapés du génocide au Rwanda demandent de relancer les investigations sur le rôle de l'armée et des autorités françaises qu'ils accusent de "complicité par inaction" dans les massacres de Bisesero en juin 1994.

Cette demande, déposée jeudi auprès des juges d'instruction par les associations Survie, Ibuka, Fidh et six rescapés de Bisesero, s'appuie sur le rapport Duclert qui a conclu en mars à des "responsabilités lourdes et accablantes" de la France dans la dérive ayant abouti au génocide des Tutsi.

D'après cette commission d'historiens, qui a remis son rapport après deux ans d'analyse des archives sur la politique française au Rwanda entre 1990 et 1994, l'opération militaro-humanitaire Turquoise a bien eu connaissance dès le 27 juin 1994 que des Tutsi, réfugiés dans les collines de Bisesero, étaient menacés par les génocidaires mais elle n'est pas intervenue avant le 30 juin. Dans l'intervalle, des centaines d'entre eux avaient été tués.

Depuis 2005, les plaignants demandent à la justice de poursuivre les responsables de cette inaction de trois jours, accusant des officiers généraux et l'Elysée d'avoir privilégié la lutte contre la rébellion tutsi du FPR afin de maintenir le régime génocidaire au pouvoir, ce que contestent les militaires.

Les juges d'instruction du pôle Crimes contre l'humanité du tribunal de Paris ont toutefois clos leur investigations à l'été 2018 sans prononcer de mises en examen, ouvrant la voie à un non-lieu qui n'a pas encore été prononcé.

Pour les parties civiles, les archives analysées par la commission Duclert révèlent "des charges nouvelles" qui "n'ont pu être soumises" à l'examen des magistrats.

Elles justifient selon elles de réinterroger deux des cinq officiers déjà mis en cause dans l'enquête: le colonel Jacques Rosier, chef des opérations spéciales présent à Bisesero, et le général Jean-Claude Lafourcade, commandant de Turquoise.

Surtout, les parties civiles demandent d'auditionner pour la première fois l'état-major militaire de l'époque - l'amiral Jacques Lanxade et son adjoint Raymond Germanos - ainsi que l'entourage du président François Mitterrand: son chef d'état-major particulier Christian Quesnot, son conseiller Afrique Bruno Delaye et le secrétaire général de l'Elysée Hubert Védrine.

Les juges ont déjà rejeté en novembre 2018 la demande d'interrogatoire de ces représentants du sommet de l'Etat, estimant n'être saisis que des responsabilités des militaires déployés au Rwanda.

L'audition de l'ancien ministre de la Défense François Léotard est aussi réclamée.

Dans un communiqué publié mercredi, Jacques Rosier, Jean-Claude Lafourcade et deux autres officiers, placés comme eux sous le statut de témoin assisté dans l'enquête, estiment que "le rapport Duclert corrobore en tous points la relation des faits que nous avons développée" devant la justice et "démontre l'inanité de ces accusations ignominieuses".

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Au moins 12 morts dans une embuscade dans le centre du Burundi

Des policiers burundais escortent le chef de l'opposition et candidat à la présidentielle Agathon Rwasa alors qu'il quitte un bureau de vote lors des élections présidentielles, législatives et communales, à Ngozi, au Burundi, le 20 mai 2020.

Au moins douze personnes, dont un officier supérieur de l'armée, ont été tuées et plusieurs blessées dimanche soir dans une embuscade tendue contre des véhicules dans le centre du Burundi.

La police avait évoqué dimanche soir sur Twitter un bilan de huit morts lors d'un "vol à main armée sur quatre véhicules" à Muramvya, ville située à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de la capitale économique Bujumbura.

Mais plusieurs sources interrogées lundi par l'AFP ont fait état de 12 morts.

"Dix personnes ont été tuées sur le champ et deux autres, dont une petite fille, ont succombé à leurs blessures", a déclaré une source administrative sous couvert d'anonymat.

"Il y a onze corps dans la morgue de Muramvya et un douzième corps, une femme qui a succombé pendant son transfert vers un hôpital de Bujumbura, se trouve dans une morgue là-bas", a également indiqué une source médicale.

Une dizaine de personnes ont également été blessées, selon cette source médicale et des témoins.

"Nous sommes attristés de voir encore une fois le Burundi perdre ses enfants par la faute de bandits. (...) Tous les criminels doivent être mis hors d'état de nuire", a réagi le président Evariste Ndayishimiye dans un tweet lundi.

Un officier de l'armée burundaise, le colonel Onesphore Nizigiyimana, ainsi qu'une de ses filles figurent parmi les victimes, selon la source administrative et des proches. Il revenait d'une fête familiale avec son épouse et ses trois filles quand l'attaque a eu lieu.

"L'embuscade a été tendue à quatre kilomètres du centre-ville de Muramvya par une dizaine d'hommes fortement armés qui ont tiré sur la voiture du colonel lorsqu'elle est arrivée à cet endroit, puis ils l'ont incendiée. Le colonel et une de ses filles ont été carbonisés dans leur véhicule", a précisé la source administrative.

Entretemps, trois autres véhicules, dont un bus, sont arrivés sur place et ont également été attaqués avec des fusils et des grenades.

"Les gens sont sous le choc car c'était une véritable opération militaire", a témoigné à l'AFP un habitant de Muramvya, sous couvert d'anonymat: "Ce groupe s'est replié ensuite dans la forêt de la Kibira après avoir pillé tout ce qui pouvait l'être".

De telles embuscades sont de plus en plus fréquentes au Burundi. Au moins une dizaine de personnes avaient été tuées dans plusieurs attaques de ce type fin 2020.

Mi-avril, sept personnes avaient également été tuées dans la localité de Rusaka, dans la province voisine de Mwaro, dans l'attaque d'un bar attribuée par la police à des bandits armés.

Six morts et six blessés dans un attentat suicide à Mogadiscio

Lors d'une attaque de Al-Shabab à Mogadiscio, le 8 janvier 2020.

Six personnes ont été tuées et six autres blessées dans un attentat suicide dimanche contre un commissariat de police à Mogadiscio, a indiqué la police.

L'attaque s'est produite à Warberi, dans le sud de la ville, sur la route très fréquenté de Maka al-Mukaram.

"L'explosion a été tellement puissante qu'elle a détruit des parties de l'immeuble", a déclaré à l'AFP le chef de la police somalienne, Ibrahim Mohamed.

La circulation sur cette route a été temporairement fermée par la police, selon des témoins.

"Six personnes dont quatre civils et deux policiers ont été tués dans cette attaque qui a visé le commissariat de police", a dit à l'AFP le porte-parole de la police Sadik Dudishe.

Parmi les victimes se trouve un commissaire de police dont on soupçonne qu'il était la cible de l'attaque. Six autres personnes ont été blessées, a ajouté le porte-parole.

L'attentat n'a pas été revendiqué mais généralement les attaques dans la capitale somaliennes sont menée par le groupe Al-Shabaab ("les jeunes" en arabe).

Al-Shabaab veut renverser le gouvernement fédéral somalien depuis 2007 et lance régulièrement des attaques contre le gouvernement en ciblant également des civils.

Attentat meurtrier contre un poste de police à Mogadiscio

Attentat meurtrier contre un poste de police à Mogadiscio
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Des hommes armés kidnappent des étudiants et tuent deux policiers nigérians

Un policier fait signe à des filles qui ont été kidnappées dans un pensionnat du nord-ouest de l'État nigérian de Zamfara de faire la queue après leur libération, à Zamfara, au Nigéria, le 2 mars 2021.

Les forces de sécurité ont repoussé une autre attaque contre un poste de police dans l'État d'Imo.

Dix personnes, dont deux policiers, ont été tuées et plusieurs étudiants enlevés dans le sud-est du Nigeria, a annoncé vendredi la police, dans une région théâtre de tensions séparatistes croissantes.

Des hommes armés ont pris d'assaut jeudi le poste de police d'Obosi, dans l'État d'Anambra, où les policiers ont riposté. "Deux agents de police ont payé le prix suprême", a déclaré le porte-parole de la police de l'État, Ikenga Tochukwu, dans un communiqué, ajoutant qu'une enquête était en cours pour identifier les auteurs.

Les assaillants ont également mis le feu à une partie du poste et à deux véhicules avant de prendre la fuite.

Dans un incident séparé, les forces de sécurité ont repoussé une attaque contre le poste de police d'Orlu, dans l'État voisin d'Imo, toujours selon la police.

Huit assaillants ont été tués, a affirmé à l'AFP une source policière locale, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Le sud-est du Nigeria connaît ces dernières semaines une recrudescence d'attaques visant les forces de sécurité, que les autorités attribuent à des membres de l'Ipob (Indigenous People of Biafra), un groupe séparatiste qui milite pour l'indépendance du Biafra.

Dans un autre incident dans cette même région du sud-est nigérian, cette fois dans l'Etat d'Abia, des étudiants et des passagers d'un bus ont été enlevés par des inconnus armés mercredi sur une route menant à l'État voisin d'Imo, a annoncé le gouvernement local.

Des étudiants de l'université d'État "ont rencontré une bande armée qui les a emmenés dans la forêt voisine avec d'autres voyageurs non encore identifiés", a déclaré le Commissaire à l'information de l'Etat d'Abia, John Okiyi Kalu,

"Deux des étudiants ont réussi à s'échapper (...), mais les autres sont toujours détenus", a-t-il précisé.

Les enlèvements par des criminels contre rançon sont fréquents au Nigeria. Dans le centre-ouest et le nord-ouest du pays, ils ont visé ces derniers mois des étudiants et écoliers par centaines.

L'Armée de résistance du Seigneur, 30 ans de terreur en Afrique centrale

Dominic Ongwen devant les juges de la CPI, à La Haye, le 6 décembre 2016.

L'Armée de résistance du Seigneur (LRA) a terrorisé pendant 30 ans de larges zones d'Afrique centrale avec enlèvements d'enfants, mutilations de civils à grande échelle et asservissements de femmes.

Un de ses principaux commandants, Dominic Ongwen, a été condamné jeudi à 25 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Le fondateur de la LRA, Joseph Kony, reste introuvable mais plusieurs autres commandants ont péri ou se sont rendus après avoir été pourchassés pendant des années par des troupes africaines et les forces spéciales américaines.

La LRA et Museveni

La LRA a été créée dans la deuxième partie des années 1980 pour contrer la prise du pouvoir en Ouganda par un autre rebelle, Yoweri Museveni, en 1986. Dans la droite lignée de mouvements armés menés par des leaders spirituels de la tribu Acholi du Nord du pays, les combattants de la LRA attaquent alors torse nu, le corps enduit d'une lotion huileuse, et en chantant des cantiques.

Mélangeant mystique religieuse, techniques éprouvées de guérilla et brutalité sanguinaire, Joseph Kony souhaitait libérer l'Ouganda de Museveni pour instaurer un régime fondé sur les Dix commandements. Il a par la suite ajouté un onzième commandement interdisant de rouler en vélo, sous peine d'amputation.

Lorsque les Acholi refusent de rejoindre sa rébellion, Joseph Kony se retourne contre eux, attaquant des civils, kidnappant des femmes et des enfants et massacrant des villages entiers.

L'enlèvement est d'ailleurs devenu une des marques de fabrique de la LRA qui a transformé, après les avoir kidnappés, des dizaines de milliers de garçonnets en soldats dociles, à l'image de Dominic Ongwen, et de fillettes en esclaves sexuelles.

Fiche sur la milice ougandaise LRA, qui sévit en Afrique centrale depuis 30 ans.
Fiche sur la milice ougandaise LRA, qui sévit en Afrique centrale depuis 30 ans.

La LRA et la CPI

En 2005, la CPI a délivré des mandats d'arrêts contre cinq leaders de la LRA, dont Joseph Kony et Dominic Ongwen, les accusant de crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

La pression internationale provoquée par la CPI a contribué à la participation de Joseph Kony, l'année suivante, à des pourparlers de paix, qui ont toutefois échoué.

Les mandats d'arrêt de 2005 étaient les premiers délivrés par la CPI, entrée en fonction en 2003 à La Haye et qui enquêtait en Ouganda à la demande de Kampala.

Selon l'ONU, la LRA a tué plus de 100.000 personnes en 25 ans, enlevé entre 60.000 et 100.000 enfants et provoqué le déplacement de 2,5 millions de personnes.

La LRA et les USA

A la suite d'une campagne menée par des activistes aux Etats-Unis, le président américain Barack Obama a autorisé en 2010 le déploiement de quelque 100 membres des forces spéciales américaines devant travailler avec les armées régionales pour traquer Joseph Kony.

Un des groupes d'activistes, Invisible Children, a publié en 2012 une vidéo dénonçant les activités de la LRA et de leur chef. Vue plus de 100 millions de fois sur internet en quelques jours, la vidéo est devenue virale, mais a aussi été fortement critiquée pour sa version simpliste des conflits dans la région.

En 2017, l'armée américaine a annoncé mettre un terme à ses opérations contre la LRA, estimant que la rébellion ne constituait plus une menace. La même année, l'Ouganda abandonnait à son tour la traque des derniers combattants de la LRA pour les mêmes raisons.

La LRA aujourd'hui

La LRA ne prospère plus et semble tout juste survivre.

Les rebelles de la LRA ne sont plus que quelques centaines, dispersés en République démocratique du Congo, en République centrafricaine, au Soudan du Sud et au Soudan.

Les Etats-Unis et l'Union africaine ont placé la LRA et Joseph Kony sur la liste des "terroristes mondiaux", même si la menace est désormais locale et limitée.

Selon l'organisation Crisis Tracker, la LRA a été responsable d'un meurtre et de 169 enlèvements en 2020 lors d'attaques contre des villages reculés proches des frontières congolaise, centrafricaine et sud-soudanaise.

La localisation exacte de Joseph Kony demeure inconnue.

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