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Trois ans de prison pour un des journalistes ayant couvert le "Hirak"


Des militants marocains d'Al-Hirak al-Shaabi appellent à la libération de Nasser Zefzafi, leader de la contestation populaire, le 5 janvier 2018.

La justice marocaine a condamné jeudi le journaliste Hamid el Mahdaoui à trois ans de prison pour "non dénonciation d'une tentative de nuire à la sécurité intérieure de l'Etat" après sa couverture du mouvement de protestation populaire du Hirak.

"Je ne conteste pas le fait d'être jugé selon le code pénal et non selon le code de presse, mais je demande à ce que le jugement soit juste et équitable", a dit le journaliste de 39 ans à la fin des audiences devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Casablanca.

Le directeur du site d'information Badil avait été arrêté en juillet dernier dans la ville d'Al-Hoceïma (nord), pendant qu'il couvrait un rassemblement du mouvement populaire du Hirak qui a agité la province du Rif en 2016-2017.

>> Lire aussi : Le Premier ministre assure que la justice est "indépendante" au Maroc

Il a été jugé pour avoir reçu un appel d'un Marocain résidant aux Pays-Bas évoquant "des armes destinées au Hirak" et n'avoir pas alerté la police.

"Je le considérais comme un fou, un menteur, ou comme quelqu'un qui cherchait à me piéger (...) je n'ai jamais pris ses dires au sérieux", s'est défendu M. El Mahdaoui.

Il a été jugé pendant neuf mois à Casablanca aux côtés de 53 prévenus pour leur participation au mouvement.

La justice a décidé en début de semaine de traiter son dossier séparément, les parties civiles représentant l'Etat et ses agents n'ayant pas demandé de sanctions contre lui.

Les autres prévenus, qui ont tous boycotté les dernières audiences, ont écopé mardi soir de peines allant de un à 20 ans de prison pour "atteinte à la sécurité de l'Etat", "tentatives de sabotage, de meurtre et de pillage", "réception de fonds destinés à une activité de propagande" ou "participation à l'organisation de manifestations interdites".

Leurs avocats ont fait savoir qu'ils comptaient faire appel après le verdict qui a suscité des flots de réactions d'incompréhension et d'indignation au Maroc.

Le porte-parole du gouvernement a souligné jeudi lors de son point de presse hebdomadaire que la "justice était indépendante du pouvoir exécutif", en rappelant que le dossier serait réexaminé en appel.

Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé les peines d'une "extrême sévérité" prononcées contre six "journalistes-citoyens marocains" figurant parmi les 53 accusés du Hirak et demandé leur "libération immédiate".

Arrêtés en juin 2017, les six ont été condamnés mardi soir à des peines de deux à cinq ans de prison pour "diffusion de fausses nouvelles" et "usurpation de la profession de journaliste".

Connu pour ses prises de position tranchées contre le pouvoir, le directeur du site Badil, également soutenu par RSF, était parfois critiqué pour mêler journalisme et militantisme.

Les manifestations déclenchées par la mort d'un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordure en octobre 2016, ont fait entre 600 et 900 blessés parmi les forces de l'ordre, selon les chiffres présentés lors du procès.

Les manifestants demandaient notamment des usines, un hôpital et une université dans leur région. Le roi Mohammed VI a limogé en octobre des ministres et hauts responsables pour les retards du programme de développement local lancé en 2015.

Avec AFP

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