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Indignation au Maroc après la condamnation des meneurs du "Hirak"

Nasser Zefzafi, leader de la contestation populaire dans la région du Rif, dans le nord du Maroc, harangue la foule à Al-Hoceima, Maroc, 18 mai 2017.

Une "honte", un "retour aux années de plomb": la condamnation à de lourdes peines de prison des meneurs du mouvement de protestation qui a agité le Maroc en 2016-2017 a suscité des réactions de colère et d'indignation dans le royaume.

A l'issue d'un procès fleuve de neuf mois, la chambre criminelle de la cour d'appel de Casablanca a condamné mardi soir le leader du mouvement Nasser Zefzafi et trois de ses compagnons à 20 ans de prison pour "complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'Etat".

Les 49 autres militants qui comparaissaient ont écopé de peines comprises entre un an et 15 ans de prison.

Les avocats de la défense ont refusé de plaider par solidarité avec les prévenus, qui ont boycotté les dernières audiences pour dénoncer la "partialité de la justice".

Après le verdict, les proches des accusés ont quitté le tribunal en criant leur colère contre "l'Etat défaillant" et en scandant "vive le Rif", en référence à la région historiquement frondeuse et marginalisée du nord du Maroc secouée par le mouvement de protestation.

Un "simulacre de justice", a tweeté l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), tandis que quelques médias marocains ont souligné la "sévérité" des peines.

"Les décisions désastreuses de l'Etat menacent la stabilité et la cohésion du pays", a fustigé Nabila Mounib, figure de la gauche au Maroc à la tête du PSU (Parti socialiste unifié), lors d'une conférence consacrée à la contestation sociale dans le pays et aux détentions politiques, mercredi à Casablanca.

- "Appels à manifester" -

Dans la nuit de mardi à mercredi, des rassemblements ont eu lieu à Al-Hoceïma (nord), épicentre du "Hirak" ("la mouvance"), et dans la ville voisine d'Imzouren, autre haut lieu de la protestation, où un collège a été incendié, selon des médias locaux.

>> Lire aussi : 20 ans de prison pour les meneurs du "Hirak" au Maroc

Les autorités locales ont confirmé à l'AFP qu'un collège avait brûlé dans la nuit, en indiquant "ne pouvoir se prononcer sur le lien entre l'incendie et les sentences". Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l'incendie.

Pour les autorités locales, les manifestations se limitent à des "sorties isolées", à l'exception d'un rassemblement de "moins de 80 personnes à Al-Hoceima", réunissant la famille d'un détenu et ses voisins.

Des appels à la grève générale circulent sur les réseaux sociaux, avec des images de commerces fermés, mais il est difficile d'évaluer l'impact du mot d'ordre. Le hashtag #hirak arrive en tête des tweets au Maroc sur le réseau social twitter.

Sur Facebook, des milliers de personnes ont remplacé leur photo de profil par un fond noir, avec des commentaires sur la "honte" ressentie face à cette "injustice", en comparant les peines avec celles plus "clémentes" prononcées contre les "pédophiles" et les "criminels".

Des internautes marocains ont pointé un "retour en arrière" vers "les années de plomb" marquées par les exactions commises sous le règne de l'ancien roi Hassan II, entre les années 1960 et 1990.

Des appels à manifester ont été lancés sur les réseaux sociaux, à Casablanca, Rabat, mais aussi à Bruxelles, Paris et Madrid, qui accueillent une importante diaspora marocaine.

>> Lire aussi : Poursuite du procès des meneurs du "Hirak" au Maroc

"L'affaire sera bien entendu réexaminée devant la Cour d'appel (...). J'ai espoir que les peines prononcées seront plus justes", a dit au site d'information Goud le ministre d'Etat chargé des droits de l'Homme, Mustapha Ramid.

Les manifestations dans le Rif avaient été déclenchées par la mort en octobre 2016 d'un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures.

Nassef Zefzafi, un chômeur d'une quarantaine d'années, s'était rapidement imposé comme le visage de la contestation avec ses harangues publiques et ses attaques contre "l'état corrompu", avant d'être interpellé en mai 2017 pour avoir interrompu un prêche dans une mosquée.

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

La page des sports du 23 avril avec Yacouba Ouédraogo

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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