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Nouvelles arrestations dans le meurtre des deux Scandinaves

Les secouristes transportent les victimes d'un bus des touristes dans le nord du Maroc, 8 septembre 2010.

La police marocaine a annoncé vendredi avoir procédé à neuf nouvelles arrestations en lien avec le meurtre qualifié de "terroriste" de deux jeunes randonneuses scandinaves dans le sud du Maroc, dont les corps étaient en cours de rapatriement.

Les mis en cause ont été interpellés pour leurs "liens présumés avec les auteurs de l'acte terroriste" ayant coûté la vie à Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, selon un communiqué du Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), une unité de police chargée de la lutte antiterroriste.

Les perquisitions dans plusieurs villes du Maroc dont Tanger (nord), Marrakech (centre) ou Essaouira (ouest) ont permis la saisie de "plusieurs équipements électroniques, d'un fusil de chasse, d'armes blanches (...) d'un uniforme militaire et de matériaux susceptibles d'être utilisés dans la fabrication d'explosifs", a ajouté le BCIJ.

Au total, treize personnes ont été arrêtées depuis lundi au Maroc pour leurs liens présumés avec le meurtre des deux touristes. Les quatre suspects directs du meurtre ont été interpellés entre lundi et jeudi à Marrakech, la capitale touristique du royaume.

Les corps de deux touristes avaient été découverts lundi sur un site isolé dans le Haut-Atlas (sud), dans un secteur prisé par les amateurs de marche. L'une d'elles a été décapitée, selon une source proche du dossier.

Un avion transportant les deux corps a quitté vendredi le Maroc à destination de Copenhague, a dit à l'AFP un porte-parole de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Les enquêteurs marocains cherchent encore à authentifier une "vidéo relayée sur les réseaux sociaux, présentée comme montrant le meurtre d'une des deux touristes", selon le procureur de Rabat.

"A ce stade, il n'y a aucune preuve tangible que la vidéo n'est pas authentique", a indiqué de son côté la police criminelle norvégienne (Kripos).

A Rabat, le procureur a confirmé l'authenticité d'une autre vidéo montrant cette fois quatre hommes, présentés comme les suspects du meurtre, en train de prêter allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, chef du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

- "Sous le choc" -

Les quatre suspects directs du meurtre avaient entre 25 et 33 ans et vivaient dans la région de Marrakech, dans la précarité.

L'un d'eux, Younes Ouaziyad, 27 ans, vivait avec ses parents dans le quartier populaire Al-Azzouzia, où de modestes immeubles à la construction inachevée font face à des résidences avec piscine.

Ses proches et ses voisins se disaient vendredi "sous le choc". "C'était un garçon sans histoire, discret. Rien ne pouvait laisser croire qu'il pourrait faire ça", déclare à l'AFP Abdelaati, 35 ans, un vendeur de légumes du quartier.

Le chef du gouvernement Saad-Eddine el Othmani a dénoncé un "crime odieux", alors que la presse locale faisait part de sa "colère" et son "horreur" devant un acte "barbare".

"Ces assassins nous font honte", écrit le quotidien l'Economiste, qualifiant le meurtre de "terrible choc, pour tout le monde".

"L'opinion publique crie vengeance" et "réclame la peine de mort", ajoute le quotidien marocain qui cite des pétitions en ce sens circulant sur les réseaux sociaux.

Des condamnations à la peine capitale sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993 et son abolition fait débat.

Des médias marocains s'inquiètent par ailleurs des possibles répercussions du meurtre sur le tourisme, secteur clé de l'économie puisqu'il représente 10% de la richesse du pays et constitue le deuxième employeur après l'agriculture.

Épargné jusqu'ici par les attentats de l'EI, le royaume - qui revendique une politique très active en matière de lutte antiterroriste - avait été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et à Marrakech (17 morts en 2011).

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Report du procès du viol collectif d'une adolescente au Maroc

Le tribunal de première instance de Rabat, au Maroc, le 11 août 2006.

Le procès de douze hommes accusés de la séquestration et du viol collectif d'une adolescente s'est ouvert mardi devant un tribunal de Beni Mellal, avant d'être immédiatement reporté.

Les avocats de la défense et celui de la victime, qui s'est portée partie civile, ont demandé davantage de temps pour se préparer, et le juge a reporté le procès au 25 juin, a déclaré le conseil de la jeune fille, Me Ibrahim Hachane.

Dans une vidéo diffusée en août et devenue virale, Khadija, une adolescente issue d'une famille défavorisée âgée de 17 ans au moment des faits, avait raconté avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée pendant deux mois par des jeunes hommes de son village d'Oulad Ayad, près de Beni Mellal.

Son témoignage filmé dans lequel elle montre des traces de brûlures de cigarettes et des tatouages que ses agresseurs ont, selon elle, gravé de force sur son corps pendant sa séquestration, avait soulevé un tollé dans le royaume et suscité une forte mobilisation contre "la culture du viol et de l'impunité".

Les 12 accusés, âgés de 19 à 29 ans, comparaissent devant la chambre criminelle de la cour d'appel de Beni Mellal, instance qui les jugera en première instance pour des chefs de "traite d'être humain", "viol", "constitution d'une bande organisée" ou "enlèvement et séquestration". La "traite d'être humain" est passible d'une peine maximale de 30 ans.

Un autre prévenu sera jugé séparément à huis clos le 11 juin, son dossier ayant été disjoint des autres puisqu'il était "mineur au moment des faits", a indiqué Me Ibrahim Hachane. "Les accusés ont avoué les faits qui leur sont reprochés pendant l'interrogatoire de police, mais ont pour la plupart nié devant le juge d'instruction", selon Me Hachane.

"Je suis encore traumatisée, ce qui m'est arrivé n'est pas facile à supporter", avait confié la jeune fille au lendemain des faits. "J'attends avec impatience le début des traitements pour me faire détatouer. Je ne peux même pas regarder mes mains, car je me souviens chaque jour de ce qui m'est arrivé", avait-elle dit.

Elle ne s'est toujours pas fait détatouer, le juge pouvant demander à voir ses tatouages pendant le procès, selon son avocat. "Son état psychologique est encore fragile", a dit son père Mohamed.

Le choix de sa fille de briser le silence en s'exposant publiquement est une démarche très rare dans une société conservatrice qui pousse les victimes de viol à se taire, par peur pour leur image et pour la réputation de leur famille.

Plus de 90% des Marocains ayant subi une forme de violence n'ont pas porté plainte contre leurs agresseurs, selon une récente enquête officielle.

Le jardin rouge de Marrakech

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Plus d'une femme sur deux confrontée à la violence au Maroc

Marocaines des montagnes de l'Atlas préparant le pain dans des fours traditionnels.

Plus de la moitié des femmes au Maroc ont subi une forme de violence selon une enquête publiée mercredi, indiquant également que plus de 90% d'entre elles n'ont pas porté plainte contre leurs agresseurs.

L'enquête a été menée dans l'ensemble du pays de janvier à mars par le ministère marocain de la Famille. Sur plus de 13.500 femmes sondées, âgées entre 18 et 64 ans, 54,4% ont affirmé avoir été victimes d'une forme de violence.

Les violences psychologiques arrivent en tête, suivies des violences économiques, physiques et sexuelles. Les femmes âgées de 25 à 29 ans sont les plus exposées. Les violences conjugales sont les plus communes: 52,5% des femmes mariées ont affirmé en avoir été victime, selon les résultats de cette enquête, diffusés par le ministère.

Les femmes sondées sont 12,4% à avoir subi un acte de violence dans les lieux publics, et 13,4% d'entre elles ont été harcelées sur Internet. Seulement 6,6% des victimes sondées ont porté plainte contre leur agresseur, selon l'enquête qui vise à cerner le profil des agresseurs pour "développer une nouvelle stratégie de lutte contre la violence", selon le ministère.

Après plusieurs années de débats, une loi contre les violences faites aux femmes est entrée en vigueur en septembre dernier. Pour la première fois, elle rend passible de peines de prison des actes "considérés comme des formes de harcèlement, d'agression, d'exploitation sexuelle ou de mauvais traitement". Le texte durcit les sanctions dans certains cas et prévoit des mécanismes de prise en charge des femmes victimes de violences, mais il est jugé insuffisant par les groupes féministes.

Au Maroc, médias et ONG tirent régulièrement la sonnette d'alarme sur les violences subies par les femmes, en particulier le harcèlement de rue, alors que plusieurs cas d'agressions ont défrayé la chronique ces dernières années.

Six personnes devant la justice pour des avortements clandestins

Le tribunal de première instance de Rabat, au Maroc, le 11 août 2006.

Six personnes, dont deux médecins, seront jugées fin mai au Maroc pour avoir pratiqué clandestinement des avortements, alors que le débat sur l'IVG, passible de prison, refait surface dans le royaume.

Ce "réseau d'avortement clandestin" a été démantelé fin avril dans la ville touristique de Marrakech, ont rapporté mardi des médias marocains, précisant que le procès du groupe aura lieu le 24 mai.

Deux internes en médecine, un étudiant en médecine et un pilote qui importait d'Espagne un anti-inflammatoire souvent utilisé au Maroc par des femmes souhaitant avorter, font notamment partie des personnes jugées, a dit mardi Omar Arbib, membre de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), section-Marrakech.

Ils sont poursuivis pour avoir pratiqué illégalement des avortements et pour importation illégale de médicaments, a-t-il ajouté.

Les opérations étaient pratiquées dans un appartement à Marrakech et chaque intervention était facturée environ 3.000 dirhams (280 euros), selon la presse locale.

Le Maroc s'était engagé en 2015 dans un profond débat sur "l'urgence" d'un assouplissement de sa législation face au fléau des centaines d'avortements clandestins pratiqués chaque jour.

Une commission officielle avait dans la foulée recommandé que l'avortement dans "quelques cas de force majeure" devienne autorisé, notamment en cas de viol ou de graves malformations. Mais aucune loi n'est depuis venue entériner ces recommandations.

"Le Maroc doit rouvrir le débat sur l'avortement et faire en sorte que chaque femme puisse disposer de son corps", a estimé M. Arbib.

L'interruption volontaire de grossesse (IVG) reste passible de six mois à cinq ans de prison. Le code pénal sanctionne aussi bien la femme qui avorte (de 6 mois à deux ans de prison) que les personnes qui pratiquent l'acte (de 1 à 5 ans de prison).

Bien qu'aucun chiffre officiel n'existe, les associations estiment qu'entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour, dans des conditions sanitaires parfois désastreuses. Certaines femmes ont recours à des médicaments ou à des plantes présumées abortives.

Les grossesses non désirées renforcent le phénomène des "mères célibataires" et l'abandon d'enfants, jusqu'à 150 par jour affirment des ONG, alors que les enfants nés hors mariage sont considérés comme "illégitimes" par la loi.

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