Liens d'accessibilité

Au moins 4 morts après des manifestations au Togo


Des manifestations dans les rues de Lomé, au Togo, le 18 octobre 2017. (VOA/Kayi Lawson)

A Lomé, malgré l'interdiction de manifestations, les Togolais sont descendus dans les rues. Selon la coalition de l'opposition, quatre personnes sont décédées lors des altercations dans la capitale togolaise, contre une seule selon le ministre de la Sécurité qui annonce aussi 3 morts à Sokodé.

Dans la journée de mercredi, les gaz lacrymogènes ont embaumés l'atmosphère de Lomé. Les militants et sympathisant de l'opposition ont bravé l'interdiction qui consiste à ne pas marcher un jour ouvrable, imposée par le gouvernement togolais.

Après des altercations avec la police, la coalition de l'opposition a annoncé quatre morts.

Des personnes en tenue civile ont été aperçues dans certains quartiers de Lomé avec fusil à gaz lacrymogène en main. Pour les leaders de l'opposition, il s'agit des miliciens à la solde du pouvoir.

"Des milices ont été préparé et qui sont à l'œuvre avec le soutien des forces de sécurité", a affirmé Brigitte Adjamagbo-Johnson, de la coalition des 14 partis de l'opposition.

À Lomé, une soixantaine de personnes ont été interpellées selon le ministre Yark. Les personnes en civile aperçues avec grenade lacrymogène sont de l’opération entonnoirs, a déclaré le ministre.

Presque tous les quartiers de Lomé ont été secoués: des face à face entre force de l'ordre et manifestants ont été enregistré dans le canton de Bè et dans les banlieue est et nord de la ville. Les manifestants ripostent avec des jets de pierre contre les gaz lacrymogènes.

Que ce soit l'avenue augustine de Souza, les boulevards Notre-Dame-des-Apotres, Felix-Houphouet-Boigny, Oti, Malfakassa, le grand et le petit contournements de Lomé, la Nationale N1 au niveau d'Agoè, des pneus brûlés jonchent les voies mercredi matin.

Les forces de l'ordre et militaires, avec des tirs de gaz lacrymogènes et des bâtons, ont affronté les manifestants armés de pierres. Les protestants jugent arbitraire l'interdiction de faire des marches les jours ouvrables.

"Nous allons marcher pour chasser Faure Gnassingbé", vocifère Fabrice qui estime que le pouvoir des Gnassingbés a trop duré. pendant ce d'autres manifestants scandent "Faure must go" (Faure doit partir).

Mardi, Jean-Pierre Fabre, chef de file de l'opposition, a assuré à ses militants qu'ils ne fléchiront pas face à cette mesure gouvernementale.

Mercredi matin, sur une radio locale, le ministre de la sécurité Yark Damehane, a indiqué que le gouvernement ne se laissera pas faire.

"Soit il y a un État ou il n'y a pas un État", a-t-il laissé entendre soulignant que chaque citoyen a le devoir de respecter les lois du pays.

A Sokodé, la ville est sous siège. Les militaires et forces de l'ordre la quadrillent et dispersent tout attroupement. D'après des témoignages recueillis sur place, tous les habitants se sont terrés chez eux.

En lieu et place des marches, le gouvernement togolais propose à l'opposition des meetings à la plage de Lomé, de lundi à vendredi.

Mardi, de violents heurts avaient éclaté à Sokodé après l'arrestation d'un imam proche du PNP, faisant quatre morts - deux adolescents et deux soldats lynchés par la foule.

Les violences avaient ensuite gagné plusieurs villes du nord du pays, nouveau foyer de la contestation.

L'opposition demande la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels et la démission du président Faure Gnassingbé, élu en 2005 dans la violence et héritier d'une famille au pouvoir depuis 50 ans.

Kayi Lawson, correspondante à Lomé

Facebook Forum

XS
SM
MD
LG