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Deux militaires et deux jeunes tués dans des violences au Togo


Des motos-taxi attendent des clients à Sokodé, Togo, le 22 septembre 2017.

Deux adolescents et deux soldats ont été tués dans de violents heurts entre la population et les forces de l'ordre à Sokodé, la deuxième ville du Togo, après l'arrestation d'un imam proche de l'opposition.

"Une source hospitalière nous a confirmé la mort d'une deuxième personne (civile) à Sokodé qui vient d'être conduite à la morgue", a déclaré à l'AFP Aimé Adi, directeur d'Amnesty International, à la suite d'une déclaration officielle confirmant la mort d'un civil et de deux militaires.

Cette quatrième victime, du nom de Agoro Ashraf, avait 17 ans et a "reçu une balle dans la tête", selon M. Adi.

Yerima Ikililou, le premier civil tombé avait "également 16-17 ans", selon M. Adi.

De violents heurts ont éclaté à Sokodé avant de se propager dans la nuit dans plusieurs villes du pays, dont Lomé, la capitale, où la foule a été dispersée par des gaz lacrymogènes.

Ces manifestations de colère spontanées répondaient à l'arrestation lundi soir à Sokodé (nord) d'un imam proche du Parti National Panafricain (PNP), un des partis qui mène une forte contestation contre le pouvoir depuis le mois d'août.

Des habitations des cadres du parti ont été incendiés, ainsi qu'un bureau de banque, la poste et un bâtiment de TogoCell, selon la correspondante de VOA Afrique à Lomé.

​A Bafilo, ville voisine de Sokodé, des jeunes ont également dressé des barricades et bloqué la route nationale en réaction à l'arrestation de l'imam, a affirmé à l'AFP une représentante locale de la coalition d'opposition CAP 2015, Tchatchibara Akim.

Nouvelles manifestations

A Agoé, fief des partisans du PNP dans la capitale togolaise, où réside son leader Tikpi Atchadam, deux bureaux des douanes incendiés et des pneus brûlés étaient encore visibles aux abords des voies. Les forces de l'ordre étaient encore très présentes mardi matin.

Le calme était revenu mardi matin, malgré un climat extrêmement tendu à la veille de nouvelles manifestations contre le pouvoir appelées par l'opposition pour les 18 et 19 octobre.

Le PNP de Tikpi Atchadam, nouvelle figure de proue de l'opposition, s'est allié à 13 autres partis pour demander une limitation non-rétroactive du nombre de mandats présidentiels et la démission du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, et héritier d'une famille à la tête du Togo depuis 50 ans.

Le ministre de la Sécurité, le colonel Yark Damehame, a justifié l'arrestation de l'imam, un proche du Parti National Panafricain (PNP), en assurant que "dans ses prêches, il appelle ses fidèles à la violence et à la haine".

"Le comble, vendredi dernier, il a appelé ses fidèles à tuer des militaires", a ajouté le ministre mardi matin sur l'antenne locale Radio Victoire.

L'imam Alassane a toujours été une voix contestataire au Togo, mais dans un contexte de fortes tensions politiques depuis deux mois, il s'est rapproché du PNP.

Depuis août, de nombreuses manifestations ont été organisées au Togo, dont celles des 6 et 7 septembre, qui avaient rassemblé plus de 100.000 personnes dans la capitale Lomé et plusieurs dizaines de milliers dans les villes du nord du pays, nouveau foyer de contestation du pouvoir.

Avec AFP

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