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Mali

L'imam Mahmoud Dicko lance son mouvement et fait un pas de plus en politique

Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil Islamique du Mali, prend la parole lors d'un rassemblement à Bamako le 12 août 2012.

L'imam malien Mahmoud Dicko a lancé samedi son mouvement en dénonçant la "gouvernance catastrophique" du pays, lors d'un rassemblement largement considéré comme manifestant les visées politiques de ce tenant d'un islam rigoriste et bête noire du pouvoir.

Les débuts de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS) de l'imam Mahmoud Dicko, parmi les spéculations sur les velléités présidentielles de ce dernier, passent pour un défi lancé au président Ibrahim Boubacar Keïta, au pouvoir dans ce pays confronté depuis des années à une profonde crise sécuritaire.

"Mon problème, c'est ceux qui ont trahi le peuple malien. C'est à eux que je m'adresse. Mon combat, c'est d abord (contre) eux", a déclaré l'imam Dicko à la tribune du palais de la culture de Bamako. Il a fustigé une "corruption à ciel ouvert et endémique" et une "gouvernance catastrophique".

"Je ne suis ni faiseur de rois ni président, je veux faire la paix", a-t-il poursuivi sous les ovations de plus de 3.000 partisans dans un palais de la culture où une forte présence policière était visible.


Des hommes politiques de l'opposition, mais aussi de la majorité ont également écouté l'influent prêcheur.

Président jusqu'en avril du Haut conseil islamique, principale organisation islamique d'un pays à 90% musulman, l'imam Dicko a entretenu pendant des années des relations en dents de scie avec le président.

Né à Tombouctou et formé notamment en Arabie saoudite, il a été engagé dans des efforts de médiation pour résoudre la crise née quand le nord du pays était tombé aux mains des jihadistes en 2012. Mais, avec le chérif de la localité de Nioro, Bouyé Haïdara, il est entré en fronde contre le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, qui a fini par démissionner le 18 avril.

Les conjectures vont bon train sur sa volonté de briguer la présidence.

Si le mouvement qu'il a lancé samedi n'est pas officiellement un parti politique, son coordonnateur général Issa Kaou Djime, porte-parole de Mahmoud Dicko, a souligné à la tribune que la CMAS avait pour "idéaux" les "visions religieuses, sociétales et politiques" de l'imam Dicko.

Dans une possible indication de la signification accordée à ce lancement, la Cour constitutionnelle malienne avait publié par avance, vendredi un communiqué prévenant que "les partis politiques ne doivent pas porter atteinte à la sécurité et à l'ordre public" et qu'aucun "parti politique ne peut se constituer sur une base ethnique, religieuse, linguistique", sous peine de sanctions. Le communiqué ne citait pas nommément la CMAS.

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Soldats ivoiriens détenus au Mali: la Cédéao rentre bredouille de Bamako

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Mission de haut niveau de la Cédéao à Bamako, sans Faure Gnassingbe et Macky Sall

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Sanctions contre la Guinée : Bamako "outré" par la Cédéao

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La junte au pouvoir au Mali se dit "outrée" par les sanctions infligées au voisin guinéen, également gouverné par des militaires, des mesures imposées par la Cédéao, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest. Au même moment, une mission de la Cédéao arrivait à Bamako.

Soldats ivoiriens: arrivée à Bamako d'une mission de médiation de la Cédéao

Le président gambien Adama Barrow s'est rendu au Mali ce jeudi 29 septembre 2022.

Une mission de haut niveau dépêchée par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est arrivée jeudi au Mali pour tenter de dénouer avec la junte au pouvoir la crise diplomatique avec la Côte d'Ivoire, ont rapporté les correspondants de l'AFP.

Le président gambien Adama Barrow, puis son homologue ghanéen Nana Akufo-Addo sont arrivés séparément en milieu de journée à l'aéroport de Bamako et ont pris la route de la présidence malienne.

Initialement annoncé, le chef de l'Etat togolais Faure Gnassingbé s'est fait représenter par son ministre des Affaires étrangères. Ce dernier, Robert Dussey, a confirmé sa présence à Bamako dans un message à un correspondant de l'AFP.

La mission est censée repartir jeudi après-midi.

Elle a été mandatée par les dirigeants des Etats membres de la Cédéao réunis en sommet le 22 septembre pour essayer de trouver une issue à la crise entre le Mali et la Côte d'Ivoire.

Bamako et Abidjan sont en pleine querelle diplomatique sur le sort de 46 soldats ivoiriens arrêtés le 10 juillet à leur arrivée au Mali.

Ces soldats devaient, selon Abidjan et l'ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali. Mais Bamako a dit les considérer comme des "mercenaires" venus attenter à la sûreté de l'Etat.

La junte malienne, au pouvoir depuis 2020, a prévenu avant de recevoir la mission qu'elle ne se laisserait pas imposer une solution.

"Nous allons les écouter. Nous avons dit depuis le début que tout ce que le Mali veut, c'est chercher les voies et moyens pour trouver un terrain d’attente entre le Mali et la Côte d'Ivoire. Mais si c'est pour imposer des décisions au Mali, cela ne passera pas", a déclaré en début de semaine le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop.

Les autorités maliennes se dissocient des sanctions de la Cédéao contre la Guinée

Le gouvernement malien se dit "outré" par ces mesures contre la Guinée, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux depuis mercredi soir.

La junte au pouvoir au Mali a indiqué se dissocier des sanctions infligées au voisin guinéen, également gouverné par des militaires, par la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao).

Le Mali et la Guinée, membres de la Cédéao, sont suspendus de ses organes de décision pour sanctionner la prise du pouvoir par des militaires et leur maintien prolongé à la tête de ces pays.

Les militaires ont renversé les régimes civils en août 2020 au Mali et en septembre 2021 en Guinée.

Outre la suspension des organes de décision déjà en vigueur, un sommet de la Cédéao sans participation guinéenne ni malienne a décidé le 22 septembre de suspendre toute assistance et transaction financière des institutions financières de l'organisation avec la Guinée.

Un certain nombre de personnalités sont par ailleurs frappées de sanctions individuelles.

Le gouvernement malien se dit "outré" par ces mesures contre la Guinée, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux depuis mercredi soir.

Exprimant une "solidarité indéfectible" avec les Guinéens, le gouvernement malien "décide de se désolidariser de toutes les sanctions illégales, inhumaines et illégitimes prises à l’encontre de la République sœur de Guinée et ne leur réservera aucune suite".

Il adoptera, "si nécessaire", des mesures pour aider la Guinée et contrecarrer les effets des sanctions.

La publication de ce communiqué précède de près la visite prévue jeudi au Mali de trois chefs d'État ouest-africains dépêchés par la Cédéao pour tenter de dénouer une crise diplomatique avec un autre voisin, la Côte d'Ivoire.

Le Mali a lui même été soumis de janvier à juillet de la part de la Cédéao à un sévère embargo commercial et financier punissant le projet des militaires de rester au pouvoir jusqu'à cinq années supplémentaires. La junte dirigée par le colonel Assimi Goïta s'est depuis engagée sous la pression à organiser des élections en février 2024, et la Cédéao a levé l'embargo.

Mais des sanctions individuelles restent en vigueur contre les membres de la junte malienne.

La Guinée a été l'une des rares à se solidariser avec le Mali face aux sanctions de janvier et a maintenu ses frontières ouvertes.

Le chef de la junte guinéenne, le colonel Mamady Doumbouya, a été reçu avec tous les honneurs par son homologue malien le 22 septembre, jour où se tenait le sommet de la Cédéao. Il a été élevé à la dignité de grand-croix de l'ordre national du Mali.

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