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Malgré la menace du virus, pas de répit dans la guerre au Yémen

Une rue de Sanaa au Yémen le 14 avril 2020.

Le conflit au Yémen ne montre aucun signe d'apaisement, une semaine après que la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite a déclaré un cessez-le-feu unilatéral pour lutter contre le nouveau coronavirus qui menace le pays, déjà plongé dans une grave crise humanitaire.

Le Yémen a officiellement annoncé son premier cas d'infection au nouveau coronavirus vendredi dernier. Les organisations humanitaires redoutent une catastrophe si la pandémie se propage dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dont le système de santé a été ravagé par plus de cinq ans de guerre.

La coalition, qui intervient depuis 2015 pour appuyer le gouvernement contre les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral de 15 jours afin, a-t-elle dit, de prévenir une crise sanitaire. Mais sur le terrain, les combats continuent.

- Quelle situation au Yémen ? -

"Le monde entier a peur du coronavirus. Pas le Yémen. Ici, nous sommes habitués à la mort", lance à l'AFP Amjad Ali, un jeune yéménite de 28 ans.

Confrontés à la pire crise humanitaire au monde, environ 24 millions de Yéménites --plus de 80 % de la population-- dépendent d'une forme d'aide ou de protection, selon l'ONU.

Plus de trois millions de personnes sont déplacées, dont beaucoup dans des camps particulièrement vulnérables à la propagation de maladies.

"Nous ne voulons pas d'une annonce de cessez-le-feu, nous voulons la fin des combats sur le terrain", dit à l'AFP Abdelhak al-Amiri, un résident de Sanaa de 35 ans.

Dans la capitale contrôlée par les Houthis, Bachir al-Fadli ne cache pas non plus son exaspération face à la coalition comme les rebelles.

"Nous n'en pouvons plus de cette guerre ! Le seul perdant est le citoyen yéménite, sans salaire, sans eau, sans électricité, sans éducation", fustige l'homme de 28 ans.

- Quel cessez-le-feu ? -

L'annonce par l'Arabie saoudite de l'arrêt des activités militaires à partir du 9 avril n'a pas mis fin aux combats au sol et les frappes aériennes de sa coalition se poursuivent.

"Nous n'avons pas encore d'accord de cessez-le-feu signé par tous les principaux acteurs", souligne à l'AFP Peter Salisbury, spécialiste du Yémen à l'International Crisis Group.

Jeudi, l'émissaire de l'ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a affirmé au Conseil de sécurité de l'ONU faire de "très bons progrès" vers un cessez-le-feu général dans le pays.

La confirmation du premier cas d'infection à la maladie Covid-19 au Yémen "rend encore plus impératif l'arrêt immédiat des combats", avait-il insisté auparavant.

- Que veulent les Houthis? -

Les rebelles négocient actuellement en position de force après de récents succès militaires. Contrôlant déjà plusieurs pans du territoire, ils avancent vers le dernier bastion du gouvernement au nord, Marib, une région stratégique riche en pétrole.

Les Houthis ont publié une liste de conditions pour une trêve, dont le retrait des troupes étrangères et la fin du blocus aérien, maritime et portuaire imposé par la coalition au Yémen.

Ils ont également exigé que la coalition paie les salaires du gouvernement pour la prochaine décennie et finance la reconstruction du pays, en particulier les maisons détruites par les frappes aériennes.

"L'Arabie saoudite pourrait vouloir se retirer de la guerre au Yémen et est certainement prête à payer pour une grande partie de la reconstruction", dit à l'AFP Elana DeLozier, du think-tank Washington Institute for Near East Policy.

Mais, selon cette analyste, "il est peu probable" que Ryad accepte de signer un accord qui implique "sa capitulation totale".

- Pourquoi les Saoudiens agitent le drapeau blanc? -

L'annonce du cessez-le-feu intervient à un moment délicat pour l'Arabie saoudite, pays arabe du Golfe le plus touché par la pandémie et dont l'économie souffre particulièrement de la chute des prix du pétrole.

"L'Arabie saoudite veut de plus en plus mettre fin à la guerre au Yémen. Leurs priorités changent. La guerre au Yémen est coûteuse et militairement impossible à gagner", observe Elena DeLozier.

Ces derniers mois, la coalition a été mise à rude épreuve, selon les experts, avec notamment la pression internationale en raison des victimes civiles des frappes aériennes ou encore les combats entre frères d'armes au sein du camp progouvernemental.

La menace du nouveau coronavirus a servi de prétexte pour un cessez-le-feu unilatéral "sans donner l'impression de céder aux Houthis", estime Elana DeLozier.

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L'ONU débloque un fonds d'urgence pour un système de santé afghan au bord de l'effondrement

Des Afghans dans un hôpital après avoir été blessés lors des attaques meurtrières à l'extérieur de l'aéroport de Kaboul, en Afghanistan, le vendredi 27 août 2021. (Photo AP/Wali Sabawoon)

L'ONU débloque 45 millions de dollars d'aide d'urgence pour soutenir le système de santé au bord du gouffre en Afghanistan, a annoncé mercredi Martin Griffiths, le secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les Affaires humanitaires.

"Les médicaments, les matériels médicaux et l'essence sont en train de s'épuiser en Afghanistan. La chaîne du froid est compromise. Les personnels de santé indispensables ne sont pas payés", a détaillé M. Griffiths dans un communiqué.

Les fonds débloqués mercredi vont aller à l'OMS et l'Unicef et doivent permettre, par le biais d'ONG nationales et internationales, de faire tourner les centres de soins, y compris les hôpitaux où sont traités les malades du Covid-19, a souligné M. Griffiths, qui a eu récemment des entretiens en Afghanistan avec les responsables du gouvernement taliban.

"Laisser le système de santé afghan s'effondrer aurait des conséquences désastreuses", a-t-il souligné. Le pays est confronté à une grave crise humanitaire à cause des dizaines de milliers de personnes déplacées par les violences lors de la conquête du pouvoir par les talibans, une crise économique faute d'argent, une sécheresse dévastatrice et la pandémie.

Les arrestations et violences pour des publications sur internet en hausse dans le monde

Un cybercafé à Dakar, Sénégal, le 10 août 2006.

Le nombre de pays où des internautes ont subi des arrestations et des violences en raison de leurs publications a atteint un record entre juin 2020 et mai 2021, selon un rapport publié mardi par une ONG.

Si les coupures de réseau en Birmanie et au Bélarus ont constitué les points les plus marquants de la période considérée, les droits numériques ont reculé au niveau mondial pour la onzième année de suite, souligne l'ONG américaine Freedom House.

Le rapport évalue le niveau de liberté sur internet dans différents pays, en prenant notamment en compte les restrictions d'accès ou la présence de "trolls" pro-gouvernementaux cherchant à manipuler les débats en ligne.

"Cette année, les internautes ont dû faire face à des attaques physiques en représailles à leurs activités en ligne dans 41 pays", indique le rapport, notant qu'il s'agit d'un plus haut depuis ses débuts.

Parmi les exemples cités : celui d'un étudiant bangladais hospitalisé après un passage à tabac en raison de soupçons d'"activités anti-gouvernementales" sur les réseaux sociaux ou celui d'un journaliste mexicain assassiné pour avoir publié sur Facebook une vidéo accusant un gang de meurtre.

Les auteurs ajoutent que, dans 56 des 70 pays étudiés, des citoyens ont été arrêtés ou condamnés pour leurs activités numériques, soit un taux record de 80%.

La junte militaire, qui a pris le pouvoir en Birmanie en février, est lourdement critiquée pour avoir coupé l'accès à internet, bloqué les réseaux sociaux et forcé les entreprises technologiques à lui remettre des données privées.

Des coupures ont également été constatées avant un scrutin en Ouganda en janvier et après une élection présidentielle contestée au Bélarus en août 2020.

Au total, 20 pays ont bloqué l'accès à internet de leurs citoyens en un an.

L'Islande est en tête du classement devant l'Estonie et le Costa Rica, premier pays à avoir fait de l'accès à internet un droit fondamental.

La Chine est en revanche considérée comme le pays le moins respectueux des libertés numériques et le plus répressif contre les internautes dissidents.

Au niveau mondial, les auteurs du rapport accusent des gouvernements de se servir de la régulation des entreprises technologiques pour justifier des mesures répressives.

De nombreux législateurs élaborent des lois anti-trust visant à mettre au pas des géants de la tech comme Google, Apple et Facebook, un effort que les auteurs du rapport estiment justifié.

Ils critiquent cependant des pays comme l'Inde ou la Turquie pour leurs lois forçant les réseaux sociaux à retirer tout contenu jugé offensant ou susceptible de porter atteinte à l'ordre public, sans que ces termes soient clairement définis.

Le Pakistan appelle à un dégel des avoirs afghans, avant des discussions à l'ONU

Des dizaines de femmes veuves de la guerre en Afghanistan cousent des uniformes militaires ans une usine de Kaboul, le 8 février 2021. (Photo AFP/ WAKIL KOHSAR)

Le Pakistan a appelé lundi les grandes puissances à débloquer les milliards de dollars d'avoirs afghans gelés après la prise du pouvoir par les talibans, mais Islamabad ne s'attend pas à une reconnaissance prochaine du nouveau gouvernement.

La plus grande urgence est d'éviter un effondrement encore plus grand de l'économie afghane, a averti le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mahmood Qureshi en amont de discussions sur l'Afghanistan lors de l'assemblée générale des Nations unies.

"D'un côté, on lève de nouveaux fonds pour éviter une crise et, d'un autre côté, l'argent qui est le leur, qui leur appartient, ils ne peuvent pas l'utiliser", a expliqué M. Qureshi à des journalistes.

"Je pense que le gel des avoirs n'arrange pas la situation. Je demande instamment aux pouvoirs en place de revoir cette politique et de réfléchir à un dégel", a-t-il déclaré.

Les Etats-Unis ont gelé 9,5 milliards de dollars (8 milliards d'euros) de la Banque centrale afghane et les prêteurs internationaux évitent l'Afghanistan, inquiets de fournir des liquidités pouvant être utilisées par les talibans.

Le Pakistan a été le principal soutien du régime taliban entre 1996 et 2000 et a longtemps été accusé par les Etats-Unis d'alimenter, via ses services de renseignement, les rebelles islamistes pendant la guerre de 20 ans contre les forces de l'OTAN et du gouvernement soutenu par les occidentaux.

Tout en appelant au dialogue avec les talibans, M. Qureshi semble partager avec la diplomatie américaine l'idée qu'il est prématuré d'établir des relations officielles avec le nouveau régime.

"Je pense que personne n'est pressé de reconnaître (le gouvernement) à ce stade et les talibans devraient garder un oeil dessus", a estimé M. Qureshi.

Si les nouveaux maîtres de Kaboul veulent la reconnaissance, "ils doivent être plus sensibles et plus réceptifs à l'opinion internationale", a-t-il ajouté.

M. Qureshi espère que les talibans seront plus ouverts après avoir formé un gouvernement intérimaire comprenant des personnalités placées sur la liste noire des Nations unies pour terrorisme.

Le chef de la diplomatie pakistanaise voit du "positif" chez les talibans, comme la déclaration d'amnistie et la volonté d'inclure des groupes ethniques autres que les Pachtounes dominants.

"Il y a des tendances à encourager", a souligné M. Qureshi.

Des activistes et des témoins assurent que la réalité sur le terrain est différentes des promesses des talibans, les femmes et les filles étant privées d'emploi et d'éducation malgré les annonces officielles du nouveau régime.

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