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Londres ouvre les enquêtes pour le meurtre d'un ex-espion russe exilé au Royaume-Uni

Des policiers encerclent un véhicule près du lieu de l’attentat terroriste à la station de métro à Londres, 15 septembre 2017.

La police britannique a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête pour meurtre après la mort de l'exilé russe Nikolaï Glouchkov, dont le corps sans vie avait été retrouvé lundi dans son appartement londonien.

"Une enquête pour meurtre a été lancée suite aux résultats de l'autopsie", a annoncé Scotland Yard dans un communiqué. A ce stade, elle a précisé qu'elle ne faisait "pas de lien" avec l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal.

Selon les premiers examens post mortem, Nikolaï Glouchkov est décédé à la suite d'une "compression au niveau du cou" mais la police précise que les circonstances de la mort restent "inexpliquées".

Contactée par l'AFP, l'avocate de la veuve de M. Glouchkov, Elena Tsirlina, s'est refusée à tout commentaire.

Vendredi, Moscou a lui aussi annoncé l'ouverture d'une enquête "pour le meurtre du citoyen de la Fédération de Russie Nikolaï Glouchkov", et s'est dit prêt à travailler avec les autorités britanniques.

>> Lire aussi : Ex-espion russe empoisonné : Londres accuse Poutine

Mercredi, l'ambassade russe à Londres avait regretté le manque de "transparence" sur l'enquête et avait formulé "une demande officielle" pour obtenir "toutes les informations en possession de la partie britannique concernant ce citoyen russe".

A Londres, c'est la police antiterroriste qui s'est saisie de l'enquête, "par précaution et à cause des relations qu'avait cet homme", a expliqué Scotland Yard.

Condamné par contumace

Âgé de 68 ans, Nikolaï Glouchkov était un cadre dirigeant de la compagnie aérienne russe Aeroflot dans les années 1990. Il avait reçu l'asile politique au Royaume-Uni en 2010.

En mars 2017, il avait été condamné à huit ans de prison par contumace par la justice russe, qui avait ordonné le versement à la compagnie aérienne de 20 millions de dollars saisis à la fin des années 1990 sur des comptes en Suisse.

>> Lire aussi : La Russie ouvre une enquête pour "tentative d'assassinat" de la fille de l'ex-espion Skripal

Les poursuites pour détournement de fonds au détriment d'Aeroflot avaient été lancées en 1999, au moment où Glouchkov faisait partie des partenaires de Boris Berezovski.

Ce dernier, un ex-oligarque russe devenu opposant au Kremlin, avait été retrouvé pendu dans sa résidence près de Londres en mars 2013. M. Glouchkov avait mis en doute la thèse du suicide.

Le décès de Nikolaï Glouchkov est survenu en pleine escalade des tensions entre Moscou et Londres et ses alliés après l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans, et de sa fille Ioulia, 33 ans, sur le sol britannique, toujours hospitalisés dans un état critique. La Première ministre Theresa May, soutenue par ses alliés européens et Washington, a déclaré la Russie "coupable" de cet empoisonnement et annoncé des sanctions, ce à quoi le Kremlin a promis de réagir.

'Choquant et impardonnable'

Vendredi, le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a assuré que Londres en voulait au "Kremlin de Poutine" et non à la Russie.

"Nous pensons qu'il est extrêmement probable qu'il s'agisse de sa décision d'ordonner l'utilisation d'un agent neurotoxique dans les rues du Royaume-Uni", a-t-il déclaré lors d'une visite à Uxbridge, dans l'ouest de Londres.

>> Lire aussi : Washington accuse la Russie d’être "responsable" de l'empoisonnement d'un ex-espion

Une accusation qui a immédiatement fait réagir Moscou. "Toute mention ou référence à notre président n'est rien d'autre que choquant et impardonnable en termes d'étiquette diplomatique", a rétorqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Selon lui, Moscou s'apprête à annoncer, "d'une minute à l'autre", des mesures de représailles après que Londres a renvoyé 23 diplomates russes et décidé un gel des contacts bilatéraux avec la Russie.

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a confirmé que Moscou expulserait de son territoire des diplomates britanniques "sur un principe d'égalité".

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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