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Washington accuse la Russie d’être "responsable" de l'empoisonnement d'un ex-espion

Nikki Haley, représentante des États-Unis auprès des Nations Unies,s'adresse au Conseil de sécurité de l'ONU à New York, le 12 mars 2018.

La Russie "est responsable" de l'empoisonnement d'un ex-espion au Royaume-Uni, a affirmé mercredi l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, lors d'une réunion du Conseil de sécurité qui a vu son homologue russe Vassily Nebenzia rejeter en bloc les accusations.

"Nous pensons que la Russie est responsable", a dit Nikki Haley, lors de cette session demandée en urgence par Londres. "Les Etats-Unis sont absolument solidaires du Royaume-Uni", a ajouté la diplomate, première voix américaine à accuser aussi clairement Moscou dans cette affaire.

Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont été retrouvés inconscients sur un banc le 4 mars à Salisbury (sud-ouest). Un policier a aussi été victime de l'empoisonnement commis au moyen d'un agent neurotoxique. Au centre de l'affaire, deux membres permanents du Conseil de sécurité, le Royaume-Uni où s'est déroulé l'empoisonnement, et la Russie, accusée d'en être responsable.

C'est Moscou qui a demandé que cette réunion soit publique alors que le Royaume-Uni la voulait à huis clos, a fait valoir Vassily Nebenzia. Relevant que l'ex-espion "ne représentait plus de menace" pour son pays, il a demandé à ses homologues de s'interroger pour savoir "à qui profite le crime", avant la tenue du Mondial de football dans son pays à l'été.

"Sans la fourniture de preuves irréfutables, nous n'avons pas à nous justifier", a asséné le diplomate russe, en déplorant que "la présomption d'innocence soit supplantée par la présomption de culpabilité". "Nous ne sommes pas impliqués, la Russie n'a rien à voir avec cet évènement", a insisté Vassily Nebenzia, en dénonçant une "guerre de propagande" pour "instrumentaliser l'opinion publique".

Londres a refusé un accès à des échantillons des produits chimiques incriminés, a poursuivi Vassily Nebenzia. "Nous n'acceptons pas qu'on s'adresse à nous sur ce ton", a-t-il précisé en jugeant "inacceptables" et "irresponsables" les accusations britanniques.

Alors que le représentant britannique, Jonathan Allen, avait réclamé à ses partenaires "d'être au côté" de son pays, plusieurs ambassadeurs ont fait part de leur soutien.

Sans dénoncer directement une responsabilité russe, le Français François Delattre a affirmé la "totale solidarité de la France" au Royaume-Uni. "Il ne peut y avoir d'impunité pour ceux qui ont recours aux armes chimiques", a renchéri son homologue polonaise Joanna Wronecka.

Plusieurs Etats membres ont demandé des "enquêtes impartiales et exhautives", comme la Chine, le Kazakhstan qui a aussi appelé à la "prudence avant de tirer des conclusions", l'Ethiopie qui veut "une enquête indépendante" ou la Bolivie qui a souhaité qu'elle soit "dépolitisée".

La Première ministre britannique Theresa May a annoncé mercredi une série de sanctions contre la Russie, dont l'expulsion de 23 diplomates et le gel des contacts bilatéraux, jugeant Moscou "coupable" de l'empoisonnement de l'ex-espion russe sur son sol.


Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

Une tortue sacrée embaumée pour l'éternité au Vietnam

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