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Limogeage du ministre des Finances, un proche du président


La Première ministre du Niger, Brigi Rafini, assiste à une réunion avec le président français au palais présidentiel de Niamey, le 23 décembre 2017.
La Première ministre du Niger, Brigi Rafini, assiste à une réunion avec le président français au palais présidentiel de Niamey, le 23 décembre 2017.

L'influent ministre des Finances du Niger Hassoumi Massoudou a été limogé, remplacé par Mamoudou Diop, un ex-cadre de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), a annoncé la télévision nationale jeudi soir, citant un communiqué du gouvernement.

Le communiqué ne précise pas les raisons du remplacement de M. Massoudou, un homme de confiance du chef de l'Etat Mahamadou Issoufou, réélu en mars 2016 pour un deuxième quinquennat.

Considéré comme un des piliers du régime, Hassoumi Massoudou a été le directeur de cabinet du président Issoufou (2011-2013) et a successivement occupé les postes clés de l'Intérieur (2013-2016) et de la Défense (d'avril à octobre 2016). Agé de 61 ans, il est un membre influent du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), le principal parti au pouvoir, dont il est le secrétaire général.

Une source au sein du PNDS a assuré à l'AFP que Massoudou a été limogé par le président nigérien pour avoir affiché ses ambitions présidentielles pour 2021, au mépris de "la discipline" du parti. Depuis quelques semaines, la presse locale et les réseaux sociaux font état de la volonté de M. Massoudou d'être le candidat à la succession d'Issoufou, qui accomplit son deuxième mandat et ne peut se représenter.

Cette source évoque même "des tensions" au sein du PNDS, même si M. Massoudou, actuel secrétaire général du parti, n'a pas publiquement dévoilé ses intentions.

"Il y a eu de la précipitation", dans l'annonce de cette éventuelle "candidature" et "plusieurs fois on lui a dit qu'il était trop tôt" et "de laisser tomber", a expliqué à l'AFP ce responsable qui a requis l'anonymat.

- Uraniumgate -

"Le mot d'ordre, c'est la discipline qui a conduit le PNDS au pouvoir" en 2011 après de nombreuses années d'opposition. "Ce n'est (donc) pas maintenant qu'il faut mettre cette discipline à mal", a souligné cette source.

M. Massoudou a été limogé alors qu'il effectuait une mission à Maradi (centre-sud), la capitale économique du pays, selon la radio publique.

En 2018, le Fonds monétaire international (FMI) avait salué "les performances macroéconomique" du Niger, un pays sahélien très pauvre, où la loi des Finances de 2018 avait été fortement contestée par l'opposition et la société civile qui la jugeaient "antisociale".

La fronde contre le budget avait dégénérée en heurts violents entre manifestants et forces de l'ordre dans la capitale et plusieurs grandes villes.

Niamey est engagée dans une vaste campagne de recouvrement d'impôts pour améliorer ses recettes, dont une bonne partie sert à financer la lutte contre le terrorisme.

Le nom de M. Massoudou avait été citée dans la médiatique affaire de l'"Uraniumgate" en 2017, qui avait donné lieu à un virement de 319 millions de dollars des comptes à Paris d'une société publique nigérienne vers un compte à Dubaï.

Un collectif d'organisations de la société civile nigérienne avait alors demandé la démission de M. Massoudou et l'ouverture d'une enquête judiciaire. Le ministre s'était défendu en dénonçant une "manipulation de l'opposition".

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